16 LEADERS DE L’ACTIVISME CONTRE LES VIOLENCES BASÉES SUR LE GENRE
17 Novembre 2018
© UNFPA Pérou/Priscilla Sánchez
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LA VIOLENCE CONTRE LES FEMMES ET LES FILLES
est l’une des violations des droits de la personne les plus fréquentes dans le monde. On estime qu’une femme sur trois sera victime de violences physiques ou psychologiques au cours de sa vie, ce qui aura des répercussions sur sa santé, sa sécurité et sa dignité. La violence basée sur le genre restreint la participation économique et politique des femmes à la société. Elle perturbe le bien-être des communautés et menace la prospérité des nations. Pendant les 16 jours d’Activisme contre les violences basées sur le genre, nous vous présentons 16 militant·e·s engagé·e·s contre la violence basée sur le genre, chacun·e dans son pays et à sa façon.
© UNFPA Ukraine/Maks Levin
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1
TUNISIE
« Beaucoup de gens se concentrent sur la partie émergée de l’iceberg et ne se mobilisent que quand la violence est extrême. Ils ignorent que la violence commence par la discrimination. Pour moi, la violence basée sur le genre est une "maladie" qui prend son origine dans la société. La majorité des hommes et des femmes en sont "porteurs sains". Pour combattre la violence basée sur le genre, il faut avant tout combattre les stéréotypes discriminatoires véhiculés dès la petite enfance, qui sont ensuite très difficiles à contrer. » – Dr. Hela Ouennich, docteur en médecine et porte-parole
© Ramy Khouili
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2
PÉROU
« Je souhaite rendre notre système judiciaire plus inclusif en améliorant sa crédibilité et en renforçant la confiance que la population lui accorde, pour mettre fin à la violence basée sur le genre. On croit souvent que la loi seule suffirait à résoudre le problème, mais c’est une idée reçue. Si les gens n’internalisent pas la réalité sociale des femmes, si nous ne visualisons pas les formes de violence terribles et multiples qui existent dans notre environnement, nous ne pourrons pas amener de grand changement. Tous les citoyens doivent s’engager à combattre les violences faites aux femmes, que ce soit au sein du foyer, du système scolaire ou bien des institutions publiques. Il est temps de déconstruire les stéréotypes qui engendrent la violence. » – Elvia Barrio, juge de paix
© UNFPA Pérou/Priscilla Sánchez
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3
ÉQUATEUR
« Les violences faites aux femmes en situation de handicap sont fréquentes, mais la société ne reconnaît pas leur existence, car le faire serait reconnaître qu’il existe une cruauté sociale. L’ignorance et les préjugés sur le handicap sont la base d’actions qui renforcent les rôles traditionnels de genre et qui font du féminisme un gros mot. Le féminisme n’a pourtant jamais tué personne, alors que la masculinité toxique fait des victimes tous les jours. » – Paola Mera Zambrano, secrétaire technique du Conseil national pour l’égalité des genres
© Patricio Cifuentes
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4
PALESTINE
« Les gens pensent que la violence basée sur le genre n’est qu’une question de maltraitance physique. Les survivantes considèrent pourtant la plupart du temps que la violence psychologique et l’humiliation sont plus destructrices que l’agression physique. Si l’on vous fait du mal, ne vous taisez pas. Demandez de l’aide à quelqu’un de confiance. C’est normal de vous sentir coupable ou d’avoir honte, mais ce n’est pas votre faute. Vous avez le droit de demander de l’aide pour que cela cesse, et vous n’êtes pas obligée de gérer cela toute seule. » – Mariam Shaqura, Directrice des Affaires féminines pour le Croissant-Rouge de la bande de Gaza
© UNFPA Palestine
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5
VIETNAM
« L’idée que les agresseurs ont le droit de commettre des actes violents a normalisé la violence faite aux femmes et aux filles. La violence n’est pas dans la nature de l’homme. C’est quelque chose qui est devient encouragé et toléré. Il faut respecter le droit des personnes à la liberté et à la dignité, en commençant par les actes les plus petits et les plus simples. » – Tran Thi Bich Loan, Directrice adjointe du département d’égalité des genres, Ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales
© UNFPA Vietnam/Nguyen Thi Hong Thanh
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6
INDONÉSIE
« En Indonésie, la violence faite aux femmes est considérée comme taboue et ne doit pas être ouvertement débattue. Certaines survivantes ont peur des représailles par leurs agresseurs. Les données recueillies sont essentielles dans la promotion des droits des femmes, depuis la sensibilisation jusqu’à la mise en place de politiques et à leur évaluation. Les données permettent d’identifier les différents types de violences, leur fréquence, les agresseurs qui les commettent, les lieux et les origines des femmes qui en sont les premières victimes. » – Sri Danti Anwar, Ministre adjointe à l’Émancipation des femmes et à la protection de l’enfance
© UNFPA Indonésie/Maria Hulupi
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7
TURQUIE
« La majorité des gens n’a pas conscience des différents types de violence conjugale, et ignore où trouver de l’aide. On pense souvent que les femmes qui ont fait des études ou qui sont financièrement indépendantes ne souffrent d’aucune forme de violence. Malheureusement, c’est faux. Je préconise l’apprentissage et la diffusion des faits réels sur la violence conjugale. » – Sevda Alkan, Chef de projet au Corporate Governance Forum de l’université de Sabancı
© Zeynep Temimhan
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8
UKRAINE
« L’absence d’action contre les violences conjugales mène à une responsabilité énorme. Que l’on soit agent de l’État ou simple citoyen, l’indifférence n’est pas une option. Il faut coopérer avec le gouvernement, s’associer avec des personnes partageant les mêmes valeurs, créer des organisations non-gouvernementales et exprimer ouvertement son opposition à la violence conjugale. » – Natalia Fedorovych, Ministre adjointe à la Politique sociale
© Yulia Dzhezheliy
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9
PHILIPPINES
« La stigmatisation autour des abus sexuels est très présente dans notre société. Beaucoup de victimes ne les signalent pas parce que c’est tabou, et que leur réputation et celle de leur famille sont en jeu – pas uniquement leur famille proche, mais aussi la famille plus éloignée. Voilà pourquoi je m’engage. LA sensibilisation de la population est essentielle. » – Dr. Nadhira Abdulcarim, gynécologue-obstétricienne
© UNFPA Philippines/Mario Villamor
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10
TANZANIE
« Quand j’avais 13 ans, mes parents m’ont dit qu’il fallait qu’on m’excise. Je les ai suppliés de ne pas le faire, mais ils ne m’ont pas écoutée. J’avais peur de mourir comme mon amie Sabina. J’ai tenté de m’échapper, mais je n’ai pas pu. Depuis ce jour, je lutte pour mettre fin aux mutilations génitales féminines. » – Rhobi Samwelly, militante pour les droits de la personne et fondatrice de la Hope for Women and Girls Foundation
© UNFPA
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11
BANGLADESH
« Comme le Bangladesh est une société dominée par les hommes, on fait face à une négation des données officielles sur la haute fréquence des violences faites aux femmes. La majorité des gens voient cela comme une question d’ordre privé. Ils ignorent que c’est une question publique qui constitue une violation des droits de la personne et a des effets négatifs graves sur les enfants, la famille et la société. Parlons-en. Agissons pour provoquer un changement positif. » – Mokhlesur Rahman, inspecteur général adjoint de la police du Bangladesh
© UNFPA Bangladesh
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12
INDE
« La culture populaire joue un rôle important dans la perpétuation du harcèlement sexuel. Les garçons utilisent généralement comme excuse des chansons de films qui promeuvent le harcèlement ou qui considèrent les filles comme des objets pour justifier leur comportement et faire des remarques obscènes. Ils ont le sentiment de n’être vraiment masculins que lorsqu’ils harcèlent les filles, mais la vraie masculinité, c’est le respect du consentement et comprendre que non, c’est non. » – Sagina Sheikh, militante, Inde
© Anuja Gulati
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RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
« En tant que femme et mère, je m’identifie aux victimes de violence sexuelle que je sers au sein de notre département de protection. En tant qu’officier de police, j’ai été témoin des conflits dans l’est de la République démocratique du Congo, et j’ai traité des affaires de femmes et d’enfants qui s’étaient révoltés. Les personnes souhaitant aider les survivantes de violences sexuelles doivent se familiariser avec les services d’aide qui sont disponibles. Il faut briser le silence. » – Inspectrice principale Françoise Munya Rugero, directrice adjointe de la Police de protection civile
© UNFPA République Démocratique du Congo
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ÉTHIOPIE
« La position défavorisée des femmes et des filles provoquée par des obstacles culturels dans notre communauté nuit à leurs droits. Les hommes continuent de considérer les femmes comme inférieures, et il faut changer cette perception pour lutter contre la violence basée sur le genre. En tant que travailleur social, j’enseigne l’égalité entre les hommes et les femmes, et j’apprends aux hommes à ne pas discriminer leurs femmes et leurs filles. » – Belogn Mack, travailleur social
© UNFPA Ethiopie/Abraham Gelaw
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15
PHILIPPINES
« En matière de violences faites aux femmes, nous avons une culture du silence. On essaie d’oublier les violences et de s’arranger avec les survivantes comme on le souhaite, que ce soit par le mariage ou une somme d’argent. Il y a encore beaucoup de violences non signalées, et c’est très gratifiant quand les personnes demandent de l’aide. J’espère et je pense que ce n’est que le début. » – Umme Kalsum Limbona, travailleuse sociale, Amai Pakpak Medical Center
© UNFPA Philippines/Mario Villamor
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16
PÉROU
« Certains croient que les populations rurales et autochtones du Pérou sont archaïques et tolèrent la violence. La justice et le personnel d’éducation ont des préjugés culturels qui influent sur leur traitement des affaires. La plupart considèrent que les cultures amazoniennes autochtones sont très permissives en matière de violence sexuelle, ou bien ont une image hypersexualisée des femmes de la jungle péruvienne. Tout cela est faux. Les communautés possèdent leurs propres normes pour traiter la violence sexuelle. L’État doit reconnaître leurs notions de justice et s’associer aux populations locales pour trouver une solution commune. » – Patricia Velarde, ministre de l’Éducation
© UNFPA Pérou/Priscilla Sánchez
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À TRAVERS LE MONDE
L’UNFPA travaille pour une plus grande égalité des genres et pour l’émancipation des femmes, ainsi que pour la gestion des conséquences physiques et émotionnelles des violences basées sur le genre. Les programmes de l’UNFPA proposent aux survivantes une assistance psychosociale, des traitements médicaux et des trousses d’intervention pour les cas de viol. Ils promeuvent le droit de toutes les femmes et filles à vivre sans subir de violences.
© UNFPA Nicaragua/Joaquín Zuñiga
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