Recensement

VUE D'ENSEMBLE

Le recensement de la population et de l’habitat est l’une des opérations les plus vastes et les plus complexes mises en œuvre par les États en temps de paix. Il exige une planification soignée, des ressources dédiées et toute une mise en œuvre. Il consiste notamment à cartographier précisément tout un pays, à mobiliser et former des agents recenseurs, à conduire de larges campagnes publiques d’information, mais aussi à faire du porte-à-porte, à superviser de très près les activités de recensement, et enfin à analyser, diffuser et utiliser les données obtenues.

Un recensement suppose le décompte de toute la population d’un territoire, d’un pays ou d’une région, et doit avoir lieu au minimum tous les dix ans. Il génère une quantité énorme de données : nombre d’habitants, répartition géographique, répartition en termes d’âge et de sexe, conditions de vie et autres données socioéconomiques clés. Ces informations sont essentielles pour une bonne gouvernance, pour l’élaboration de politiques de développement, pour la réduction des risques, pour répondre aux crises éventuelles, pour les programmes de sécurité sociale ainsi que les études de marché.

L’UNFPA fournit un soutien technique et financier pour faire en sorte que les recensements soient de bonne qualité et respectent les normes et principes internationaux. L’organisation contribue aussi à garantir une large diffusion des données et leur utilisation à des fins de développement.

Vague de recensement 2020

La vague de recensement de 2020 (qui s’étend entre 2015 et 2024) se fait dans un monde en pleine mutation. Alors que les pays du monde s’alignent sur de nouveaux engagements internationaux, notamment l’Agenda 2030, la demande de données désagrégées à tous les niveaux s’accroît. En parallèle, les recensements se modernisent, avec l’adoption de nouvelles technologies, dont les Systèmes d’information géographique (SIG). Ces mutations s’accompagnent de nouvelles demandes vis-à-vis des agents recenseurs, ainsi que de la nécessité de renforcer les capacités nationales.

Comment les informations sont-elles utilisées ?

Aujourd’hui, avec l’arrivée de bouleversements démographiques majeurs et une attention plus forte portée au développement international, l’importance de données précises, collectées en temps utile, est cruciale.

Les recensements présentent l’avantage incomparable d’englober l’ensemble de l’univers statistique (jusqu’aux plus petites unités géographiques) d’un pays ou d’une région. Les responsables de la planification ont besoin de ces statistiques pour toutes sortes d’activités liées au développement, et particulièrement le suivi et l’évaluation des politiques et des programmes.

En outre, le recensement national constitue bien souvent la seule source d’informations permettant de détecter différentes formes d’exclusion (sociale, démographique ou économique) comme les inégalités géographiques, raciales, ethniques, religieuses ou liées à d’autres caractéristiques. Un tel exercice fournit par ailleurs des données sur les régions désavantagées et les groupes vulnérables, comme les populations pauvres, la jeunesse, les personnes âgées ou handicapées, les femmes et les filles.

Les informations fournies par les recensements sont fondamentales dans les efforts de développement. 98 des 230 indicateurs proposés pour les Objectifs de développement durable nécessitent des données sur la population pour leur suivi. Les recensements sont également la base des sondages des enquêtes nationales.

Quelles sont les difficultés ?

Un recensement n’étant réalisé en général qu’une fois tous les dix ans, il est difficile de conserver l’expertise acquise par les bureaux nationaux des statistiques d’un recensement à l’autre. Par ailleurs, l’émergence de nouvelles technologies et méthodologies demandent des compétences nouvelles que les bureaux statistiques ne possèdent pas forcément. Le manque d’expertise spécialisée affecte également l’utilisation des données de recensement.

La conduite d’un recensement est une opération de grande ampleur, qui est coûteuse et demande donc une planification budgétaire précise et la mobilisation opportune des ressources. De nombreux recensements sont repoussés à cause du manque de moyens ou d’un retard dans la mise à disposition des financements. La création de partenariats avec des acteurs importants, notamment les partenaires de développement, la société civile et le secteur privé, est un élément essentiel dans la mise en œuvre et la continuité des recensements.

Les situations de conflit que connaissent bon nombre de pays créent des difficultés supplémentaires qui rendent le recensement impossible à certains endroits. Dans les pays en grande difficulté et dans les contextes de crise, il n’est ainsi pas toujours possible de disposer de données démographiques récentes et fiables, car les recensements traditionnels ne peuvent être menés à cause de conflits ou de problèmes de sécurité. Les larges déplacements de population peuvent également rendre rapidement obsolètes les informations existantes. Dans ces cas-là, l’UNFPA soutient la mise en place d’un recensement partiel ou hybride pour tenter de compléter les données.

L’action de l’UNFPA

Depuis le début de son activité, l’UNFPA considère comme l’une de ses priorités la collecte, l’analyse, la diffusion et l’utilisation de données de recensement à des fins de développement. Pour la vague de recensement 2020, l’UNFPA concentre son soutien sur les points suivants :

Le renforcement des capacités nationales de recensement. L’UNFPA met à disposition des conseillers techniques de recensement, des Systèmes d’information géographique ainsi que des experts en traitement de données, fournit un soutien logistique et propose des formations sur les thèmes suivants : méthodes d’estimation pour les petites zones, analyse géospatiale, cartographie des vulnérabilités de la population et accès aux services.

Le développement d’outils d’orientation technique et logistique. Cela comprend notamment des explications techniques sur des thèmes tels que la mesure du handicap, de la migration et de l’enregistrement des mariages au sein des recensements, la méthodologie de recensement hybride, et les enquêtes de contrôle, ainsi que des guides de recensement étape par étape, des modèles de diagrammes de Gantt, ainsi que des normes clés de de gestion logistique et financière pour les projets de recensement. En collaboration avec le Bureau de recensement des États-Unis, l’UNFPA a publié des notes techniques sur la mesure de la fertilité et de la migration, sur l’archivage et la conservation des données de recensement ainsi que sur les méthodes pour recenser les populations difficiles à dénombrer.

  • La promotion de la diffusion des données de recensement et de leur libre accès. L’UNFPA s’apprête à lancer la Plateforme de données relatives à la population, une plateforme interactive en ligne qui intègre des données quantitatives et géospatiales, y compris celles issues des recensements, et qui propose des fonctions d’analyse dynamique.
  • La négociation d’une coopération Sud-Sud pour le soutien des opérations de recensement. L’UNFPA organise des voyages d’étude et des échanges techniques Sud-Sud, lors desquels les bureaux statistiques nationaux peuvent mettre en commun leurs connaissances. L’agence facilite également le partage de tablette entre pays.
  • L’utilisation de partenariats institutionnels. L’UNFPA a établi des partenariats stratégiques aux niveaux international, régional et national pour permettre un soutien plus efficace et plus productif du recensement. L’organisation compte notamment des partenariats avec la Division statistique des Nations unies, le Bureau de recensement des États-Unis, la Banque mondiale, Statistics Korea (Corée du Sud), WorldPop/Flowminder et le Center for International Earth Science Information Network (États-Unis), via l’initiative GRID3.
  • La mobilisation de ressources pour les recensements. L’UNFPA soutient la mobilisation des ressources aux niveaux international, régional et national. En novembre 2019, l’organisation lancera le Fonds thématique pour les données relatives à la population, pour financer la modernisation des recensements, le renforcement des capacités et un meilleur accès aux données de recensement en tant que bien public.

La présence de l’UNFPA dans 155 pays, son soutien à six bureaux régionaux et ses équipes au siège contribuent coordonner le soutien à la vague de recensement 2020.

Mis à jour le 13 août 2019