Questions fréquemment posées sur les mutilations génitales féminines

Date de publication

Feb 2025

Auteur

UNFPA

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Questions fréquemment posées sur les mutilations génitales féminines

Femmes et filles, âgées de 15 à 49 ans, qui ont subi une forme de MGF

Girls born between 2010-2015 will experience
Girls born between 2010-2015 will experience
Girls born between 2010-2015 will experience
Légende
  • 0% - 24.9%
  • 25% - 49.9%
  • 50% - 74.9%
  • 75% - 100%
* L'âge varie selon les pays

Tableau de bord des mutilations génitales féminines

Femmes et filles, âgées de 15 à 49 ans, qui ont subi une forme de MGF

Légende
  • 0% - 24.9%
  • 25% - 49.9%
  • 50% - 74.9%
  • 75% - 100%
Source: Demographic and Health Surveys

Ce tableau de bord montre la prévalence des mutilations génitales féminines dans les 18 pays où opère le Programme conjoint de l'UNFPA et de l'UNICEF sur les mutilations génitales féminines. Il ne s'agit pas d'une illustration exhaustive de la prévalence des mutilations génitales féminines dans le monde. Les mutilations génitales féminines sont pratiquées dans le monde entier et signalées dans au moins 94 pays.

 

Qu’entend-on par mutilations génitales féminines (MGF) ?
Combien de femmes et de filles sont concernées ?
Quel est l’impact des mutilations génitales féminines sur la santé des femmes et des filles ?
Quelles sont les conséquences lors de l’accouchement ?
Y a-t-il un lien entre les mutilations génitales féminines et le risque d’infection à VIH ?
Quelles sont les incidences psychologiques des mutilations génitales féminines ?
Quels sont les différents types de mutilations génitales féminines ?
Quels sont les types les plus courants ?
Peut-on utiliser différents termes pour parler des mutilations génitales féminines, comme l’excision ou la circoncision féminine ?
Quelle est la terminologie employée par l’UNFPA ?
D’où viennent ces pratiques  ?
À quel âge les mutilations génitales féminines sont-elles pratiquées ?
Dans quels pays les mutilations génitales féminines sont-elles pratiquées ?
Par qui les mutilations génitales féminines sont-elles pratiquées ?
Quels instruments utilise-t-on pour pratiquer les mutilations génitales féminines ?
Pourquoi pratique-t-on les mutilations génitales féminines ?
Les mutilations génitales féminines sont-elles exigées par certaines religions ?
Peut-on proscrire les mutilations génitales féminines bien qu'elles relèvent d’une tradition culturelle ?
Peut-on remettre en cause les pratiques culturelles ancestrales comme les mutilations génitales féminines ?
Y a-t-il un lien entre les mutilations génitales féminines et certaines populations en particulier ?
Que signifie l’expression « médicalisation des mutilations génitales féminines » ?
Les mutilations génitales féminines pratiquées par du personnel de santé qualifié ne sont-elles pas plus sûres que celles réalisées par une personne sans aucune formation médicale ?
Quelle est l’approche de l’UNFPA en matière de mutilations génitales féminines ?
Quels sont les pays qui disposent d’une loi interdisant les mutilations génitales féminines ?
Comment les mutilations génitales féminines sont-elles abordées dans le Programme d’action de la CIPD ?
Quelles sont les lois internationales et régionales qui peuvent être invoquées pour l'élimination des mutilations génitales féminines ?

 

Qu’entend-on par mutilations génitales féminines ?

Les mutilations génitales féminines (dont l’abréviation est MGF et qui sont parfois désignées par d’autres noms) se rapportent à toutes les interventions visant à une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou à toute autre mutilation des organes génitaux féminins pratiquée à des fins non médicales.

Combien de femmes et de filles sont concernées ?

On estime à 230 millions le nombre de filles et de femmes ayant déjà subi des mutilations génitales féminines. Celles-ci sont actuellement documentées dans 94 pays du monde ; les filles et les femmes ayant subi ces pratiques vivent principalement en Afrique et en Asie.

L’UNFPA estime que 27 millions d’autres filles seront soumises aux mutilations génitales féminines d’ici 2030, un nombre qui devrait augmenter avec la croissance démographique si elle se maintient à son rythme actuel. Entre 2020 et 2022, la COVID-19 a perturbé les programmes visant à empêcher les mutilations génitales féminines, et on estime à un tiers la réduction des avancées en faveur de l’élimination de la pratique d’ici 2030. L’UNFPA estime qu’en 2026, 4,5 millions de filles risquent de subir des mutilations génitales, dont la moitié auront moins de cinq ans.

Quel est l’impact des mutilations génitales féminines sur la santé des femmes et des filles ?

Les mutilations génitales féminines ne présentent aucun bénéfice pour la santé. Elles renforcent les risques de complications immédiates et à long terme, tant sur le plan psychologique que sur celui de la santé sexuelle et reproductive.

Certaines complications peuvent survenir immédiatement : douleur violente, choc, hémorragie, tétanos ou infection bactérienne, rétention d’urine, ulcération génitale et lésion des tissus adjacents, infection de la plaie, infection urinaire, fièvre et septicémie. En cas d’hémorragie ou d’infection graves, les mutilations génitales féminines peuvent entraîner la mort.
Parmi les conséquences à long terme, on peut citer le traumatisme psychologique, les complications lors de l’accouchement, l’anémie, la formation de kystes et d’abcès, la formation de cicatrices chéloïdes, des lésions à l’urètre entraînant l’incontinence urinaire, la dyspareunie (rapports sexuels douloureux), la dysfonction sexuelle, l’hypersensibilité de la zone génitale, et d’une possible transmission accrue du VIH.

L’infibulation, aussi appelée mutilation génitale féminine de type III, est la forme la plus sévère de ces mutilations et concerne 15 % des cas. Il s’agit d’un rétrécissement de l’orifice vaginal par recouvrement, réalisé en sectionnant et en repositionnant les petites ou les grandes lèvres, avec ou sans ablation du prépuce/capuchon et gland clitoridiens, en laissant une petite ouverture pour l’évacuation de l’urine et des saignements menstruels. Cette opération peut entraîner des troubles urinaires ou des infections urinaires à répétition. De plus, l’infibulation peut provoquer l’accumulation du flux menstruel dans le vagin et l’utérus, entraînant des douleurs pelviennes chroniques et la stérilité. À cause de la barrière physique ainsi créée aux rapports sexuels et à l’accouchement, il est nécessaire de procéder à une réouverture (désinfibulation) avant que des rapports sexuels ou un accouchement soient possibles.

Quelles sont les conséquences lors de l’accouchement ?

Les femmes qui ont subi des mutilations génitales féminines sont nettement plus susceptibles de devoir subir une césarienne ou une épisiotomie, d’être hospitalisées plus longtemps et de souffrir d’hémorragie post-partum que les autres.

Pour les femmes qui ont subi une infibulation ou mutilation génitale de type III, il est plus probable que le travail soit prolongé et qu’une dystocie survienne, pouvant parfois entraîner la mort du fœtus ou du nouveau-né.

Le coût du traitement de l’ensemble des conséquences sur la santé des mutilations génitales féminines est estimé à 1,4 milliard de dollars par an dans le monde.

Y a-t-il un lien entre les mutilations génitales féminines et le risque d’infection à VIH ?

Il n’existe pas d’association directe claire entre les mutilations génitales féminines et le VIH. Cependant, certains mécanismes accentuent le risque d’infection par le VIH, notamment l’utilisation du même instrument pour plusieurs interventions chez plusieurs femmes et filles différentes. En outre, le risque peut augmenter à cause d’une lacération des tissus lors des rapports sexuels, ou de l’utilisation de transfusions dangereuses en cas d’hémorragie post-partum sévère, une complication qui est plus répandue chez les femmes ayant subi des mutilations génitales que chez les autres.

Quelles sont les incidences psychologiques des mutilations génitales féminines ?

Les mutilations génitales féminines peuvent avoir des répercussions immédiates autant que durables sur les femmes et les filles qui les subissent. Parmi elles, le syndrome de stress post-traumatique, les troubles anxieux, la dépression, des souffrances somatiques (douleurs par exemple) sans cause physique identifiable.

Quels sont les différents types de mutilations génitales féminines ?

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit quatre types de mutilations génitales féminines :

Type I, aussi appelé clitoridectomie : ablation partielle ou totale du clitoris et/ou du prépuce.

Type II, aussi appelé excision : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres. La quantité de tissus enlevée varie fortement d’une communauté à l’autre.

Type III, aussi appelé infibulation : rétrécissement de l’orifice vaginal par la création d’une fermeture, réalisée en coupant et en repositionnant les petites lèvres et/ou les grandes lèvres. L’infibulation peut être pratiquée avec ou sans ablation du clitoris.

Type IV : toutes les autres interventions nocives pratiquées sur les organes génitaux féminins à des fins non thérapeutiques, telles que la ponction, le percement, l’incision, la scarification et la cautérisation.

La désinfibulation est une intervention chirurgicale chez une personne ayant subi une mutilation génitale de type III, visant à améliorer sa santé et son bien-être, ou bien à permettre des rapports sexuels ou faciliter l’accouchement. Il s’agit de sectionner le tissu cicatriciel recouvrant l’orifice urinaire et vaginal, et de suturer les bords pour créer une ouverture.
La réinfibulation consiste à pratiquer une nouvelle suture des lèvres après une désinfibulation. Cela se pratique généralement après l’accouchement.

Quels sont les types de mutilations génitales féminines les plus courants ?

Les types I et II sont les plus répandus, mais la situation varie selon les pays. Le type III, l’infibulation, représente environ 15 % des cas de mutilations génitales féminines et se rencontre surtout en Somalie, au Soudan et à Djibouti.

Peut-on utiliser différents termes pour parler des mutilations génitales féminines, comme « excision » ou « circoncision féminine » ?

L’UNFPA recommande l’emploi du terme « mutilations génitales féminines », conformément aux résolutions et engagements internationaux pris à l’Assemblée générale de l’ONU et au sein du Conseil des droits de l’homme. Dans la résolution 67/146, les États membres des Nations Unies ont clairement indiqué que le terme « mutilations génitales féminines » devait être utilisé pour faire référence à cette pratique néfaste. Le terme « mutilation » souligne la gravité de ces actes et réaffirme qu’il s’agit d’une violation des droits fondamentaux des femmes et des filles, notamment du droit à la santé, à l’intégrité physique et à la liberté de vivre sans violence ni discrimination.

« Circoncision féminine » est souvent utilisé librement pour faire un parallèle avec la circoncision masculine, notamment en Afrique et en Asie. Si on a démontré que la circoncision masculine réduisait les risques de transmission du VIH, toutes les formes de mutilations génitales féminines sont néfastes. En effet, la circoncision masculine est une intervention chirurgicale standard qui consiste à retirer le prépuce du pénis par incision circonférentielle, contrairement aux mutilations génitales féminines qui comportent l’ablation ou la lésion de nombreux tissus des organes génitaux externes. Il est donc préférable d’utiliser le terme de « mutilations génitales féminines », car il établit une distinction claire avec la circoncision masculine.

De plus, les mutilations génitales féminines recouvrent une grande variété de pratiques consistant à léser les tissus génitaux externes, notamment par la cautérisation ou l’application de produits chimiques, et ne se limitent donc pas à l’« excision ».

L’UNFPA admet cependant que les personnes travaillant au niveau communautaire doivent utiliser les termes courants adaptés dans les dialogues et les discussions pour faciliter la communication.

Quelle est la terminologie employée par l’UNFPA ?

L’UNFPA affirme la gravité de ces actes et le fait qu’ils constituent une violation des droits des femmes et des filles, notamment les droits à la santé, à l’intégrité physique et à la liberté de vivre sans violence ni discrimination. L’UNFPA utilise le terme de « mutilations génitales féminines », conformément à la terminologie utilisée dans les résolutions et engagements internationaux. Ce terme est utilisé dans de nombreux documents, tels que le Rapport du Secrétaire général 2024 (A/79/514) sur l’intensification de l’action mondiale visant à éliminer les mutilations génitales féminines.

D’où viennent ces pratiques ?

L’origine des mutilations génitales féminines n’est pas clairement établie. L’existence de la pratique semble antérieure à la chrétienté et à l’islam, car on en retrouve des traces en Guinée équatoriale à l’Âge de pierre. Dans les années 1950, elles étaient encore pratiquées en Europe occidentale et aux États-Unis pour traiter certaines maladies supposées. En d’autres termes, les mutilations génitales féminines ont été pratiquées, à toutes les époques et sur tous les continents, par de nombreux peuples et sociétés.

À quel âge les mutilations génitales féminines sont-elles pratiquées ?

L’âge auquel elles sont pratiquées varie selon les époques et les sociétés. Les mutilations génitales féminines sont généralement réalisées pendant l’enfance, avant le mariage, au cours de la première grossesse ou après la naissance du premier enfant. Des rapports récents suggèrent que l’âge auquel l’intervention est pratiquée s’est abaissé dans certains pays.

Dans quels pays les mutilations génitales féminines sont-elles pratiquées ?

Les mutilations génitales féminines sont actuellement documentées dans au moins 94 pays du monde, ce qui souligne le caractère mondial de ces pratiques néfastes et la nécessité d’une réponse internationale et complète afin de l’éliminer. Parmi les pays qui la pratique, on retrouve :

en Afrique : Afrique du Sud, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Djibouti, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Kenya, Liberia, Libye, Malawi, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, Ouganda, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République-Unie de Tanzanie, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Tchad, Togo, Zambie, Zimbabwe ;

en Asie : Brunei Darussalam, Cambodge, Inde, Indonésie, Malaisie Maldives, Pakistan, Philippines, Singapour, Sri Lansa, Thaïlande, Viet Nam ;

en Europe : Allemagne, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Bulgarie, Croatie, Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Géorgie, Grève, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Luxembourg, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, Russie, Slovaquie, Slovénie, Suède et Suisse ;

en Océanie : Australie et Nouvelle-Zélande ;

aux Amériques : Canada, Colombie, États-Unis d’Amérique ;

au Moyen-Orient : Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Iraq, Jordanie, Oman, Qatar, République arabe syrienne, République islamique d’Iran, Yémen.

Par qui les mutilations génitales féminines sont-elles pratiquées ?

En général, les mutilations génitales féminines sont pratiquées par des ancien·ne·s de la communauté, essentiellement des femmes âgées à qui l’on transmet ce savoir de génération en génération. Dans certaines communautés, les mutilations génitales féminines peuvent être pratiquées par des barbiers (hommes), des membres de sociétés secrètes, des phytothérapeutes, ou parfois par une parente.

Une tendance inquiétante émerge : des professionnel·le·s de santé qui réalisent ces interventions. On parle alors de « médicalisation » des mutilations génitales féminines. Selon les estimations les plus récentes, environ deux tiers des femmes et filles ayant subi des mutilations génitales féminines les ont subies des mains d’un·e prestataire de santé. Ces mutilations médicalisées sont plus répandues chez les jeunes filles (34 % chez les 15-19 ans) que chez les femmes plus âgées (16 % chez les 45-49 ans).

Selon des estimations réalisées à partir d’enquêtes démographiques et de santé et d’enquêtes par grappes à indicateurs multiples, les pays dans lesquels la majorité des mutilations génitales féminines sont pratiquées par des professionnel·le·s de la santé sont le Soudan (67 %), l’Égypte (38 %), la Guinée (15 %), le Kenya (15 %) et le Nigéria (13 %).

Quels instruments utilise-t-on pour pratiquer les mutilations génitales féminines ?

Les mutilations génitales féminines sont la plupart du temps pratiquées à l’aide de certains types de couteaux, de ciseaux, de scalpels, de morceaux de verre ou de lames de rasoir. En général, on n’emploie pas d’anesthésiants ou d’antiseptiques, sauf si l’intervention est réalisée par un·e professionnel·le de la santé. Dans les communautés qui pratiquent l’infibulation, il est courant d’attacher les jambes des filles pour les immobiliser pendant 10 à 14 jours afin de permettre la formation du tissu cicatriciel.

Pourquoi pratique-t-on les mutilations génitales féminines ?

Cette pratique est sous-tendue par des normes sociales ancrées dans des croyances traditionnelles transmises de génération en génération, et qui ne font généralement l’objet d’aucune remise en question. Elles sont par ailleurs appliquées par des mécanismes de validation sociale, tels que les perspectives de mariage pour celles qui y ont été soumises et des sanctions comme l’exclusion pour les autres.

Ces règles sociales rendent l’abandon de cette pratique très difficile pour les familles et les individus. Les complications de santé immédiates ou plus durables sont ignorées au profit des bénéfices sociaux perçus, considérés comme plus élevés que les inconvénients.

Les facteurs cités pour expliquer la pratique des mutilations génitales féminines peuvent en général être classés en quatre catégories :

Facteurs psychosexuels : les mutilations génitales féminines sont un moyen de contrôler la sexualité des femmes, et sont perçues à tort comme une façon de garantir la virginité avant le mariage et la fidélité de l’épouse, et d’augmenter le plaisir sexuel de l’homme.

Rites sociologiques et culturels : les mutilations génitales féminines sont considérées comme faisant partie de l’initiation d’une fille au statut de femme adulte et comme un prérequis pour le mariage.

Facteurs esthétiques et liés à l’hygiène : dans certaines communautés, les organes génitaux externes de la femme sont considérés comme malpropres et laids. On justifie alors leur ablation par des arguments liés à l’hygiène et à des considérations esthétiques. Parfois, des mythes relatifs aux organes génitaux féminins (p. ex. le clitoris finira par grossir et atteindre la taille d’un pénis s’il n’est pas coupé, les mutilations génitales féminines améliorent la fécondité ou favorisent la survie de l’enfant) contribuent à perpétuer la pratique.

Facteurs religieux : bien que ni l’islam ni le christianisme ne les cautionne, les mutilations génitales féminines sont fréquemment justifiées par une supposée doctrine religieuse.

Les FGM sont-elles exigées par certaines religions ?

Aucune religion ne prescrit ni ne cautionne les mutilations génitales féminines. Malgré cela, dans quatre des quatorze pays pour lesquels des données sont disponibles à ce sujet, plus de la moitié des filles et des femmes pensent que le fondement des mutilations génitales féminines est religieux. Enfin, bien que les mutilations génitales féminines soient souvent perçues comme liées à l’islam, peut-être du fait qu’elles sont pratiquées dans de nombreux groupes de population musulmane, elles ne sont pas pratiquées par tous les groupes musulmans, et le sont par certaines populations d’autres confessions, dont des chrétien·ne·s, des juif·ve·s d’Éthiopie et des adeptes de certaines religions traditionnelles africaines.

De nombreux chefs religieux, d’universitaires et d’institutions dénoncent les mutilations génitales féminines et rejettent ses liens supposés avec la religion.

Peut-on proscrire les mutilations génitales féminines bien qu'elles relèvent d’une tradition culturelle ? 

Oui. La culture et les traditions fournissent un cadre au bien-être des êtres humains et des arguments culturels ne sauraient être utilisés pour cautionner des violences à l’égard d’hommes ou de femmes. En outre, une culture n’est jamais statique, elle évolue et s’adapte en permanence. Néanmoins, les activités visant à éliminer les mutilations génitales féminines doivent être conçues et mises en œuvre en tenant compte du profil culturel et social des communautés dans lesquelles elles sont pratiquées. Les comportements peuvent évoluer dès lors que les personnes comprennent les dangers de certaines pratiques et qu’elles réalisent qu’il est possible d’abandonner celles qui sont nocives sans renoncer pour autant à des aspects importants de leur culture.

Peut-on remettre en cause des pratiques culturelles ancestrales comme les mutilations génitales féminines ?

Tous les enfants ont le droit d’être protégés de la violence, à tout moment, et quel que soit le contexte. Le mouvement en faveur de l’élimination des mutilations génitales féminines, souvent d’origine locale, vise à protéger les filles d’une forme profonde, permanente et totalement injustifiée de violence. Les faits montrent que la plupart des hommes et des femmes des pays concernés par les mutilations génitales féminines souhaitent mettre fin à cette pratique et que le soutien aux mutilations génitales féminines diminue globalement, même dans les pays où la cette pratique est fréquente (comme l’Égypte ou le Soudan). L’élimination des mutilations génitales féminines passera par une collaboration intensive et continue entre tous les organes de la société (familles et communautés, chefs religieux et autres dirigeant·e·s, médias, gouvernements) et la communauté internationale.

Existe-t-il un lien entre mutilations génitales féminines et groupes de population spécifiques ?

Il n’existe aucun lien clair entre des groupes de populations spécifiques et les mutilations génitales féminines. Cette pratique est signalée dans au moins 94 pays et au sein de groupes de population multiples et diversifiés.

Comment les femmes et les filles qui ont subi des mutilations génitales féminines en parlent-elles ?

Les femmes du monde entier parlent de leur expérience et prônent le changement.

« Je n’infligerai jamais de [mutilations génitales féminines] à mon enfant si c’est une fille et je lui expliquerai quelles sont les conséquences de cette pratique dès son plus jeune âge. » – Kadiga

« Dans mon village, il y a une fille plus jeune que moi qui n’a pas été excisée, car j’ai évoqué la question avec ses parents. Je leur ai dit à quel point l’opération m’avait fait mal et traumatisée et comment j’en étais arrivée à ne plus faire confiance à mes propres parents. Ils ont décidé qu’ils voulaient épargner cela à leur fille. » – Meaza, 15 ans

« J’ai toujours refusé que quiconque subisse la douleur que j’ai connue. » - Mumina

Que signifie l’expression « médicalisation des mutilations génitales féminines » ?

Selon l’OMS, la médicalisation des mutilations génitales féminines signifie que les mutilations sont pratiquées par du personnel de santé (p. ex. agent·e de santé communautaire, infirmière ou médecin), dans un dispensaire public ou privé, à domicile ou ailleurs. Cela comprend également la procédure de réinfibulation à tout moment de la vie d’une femme.

La publication en 2010 du rapport Stratégie globale pour empêcher les prestataires de soins de santé de pratiquer les mutilations génitales féminines par l’ONU et plusieurs groupes professionnels internationaux précise les initiatives qui vont dans ce sens. L’OMS a également publié en 2025 une mise à jour des recommandations sur la prise en charge des complications de santé liées à ces pratiques néfastes.

Les mutilations génitales féminines pratiquées par du personnel de santé qualifié ne sont-elles pas plus sûres que celles réalisées par une personne sans aucune formation médicale ?

Les mutilations génitales féminines ne sont jamais « sûres ». Même lorsqu’elles sont réalisées dans un environnement stérile par un·e professionnel·le de santé, les interventions peuvent avoir des conséquences immédiates graves sur la santé et durer toute la vie. La médicalisation de cette pratique procure une fausse sensation de sécurité. Toutes les formes de mutilations génitales féminines sont associées à des risques graves, y compris celles qui sont pratiquées par du personnel de santé.

De plus, il n’existe aucune justification médicale à ces pratiques, qui violent l’un des principes déontologiques fondamentaux de la médecine : « ne pas nuire ». Défendre toute intervention néfaste sur les organes génitaux des femmes et des filles et suggérer que des prestataires de santé doivent en pratiquer est inacceptable d’un point de vue de la santé publique et des droits humains.

De plus, la croyance selon laquelle les mutilations génitales féminines pratiquées par un·e professionnel·le de santé seraient moins graves est infondée. On rapporte ainsi que les filles peuvent subir des mutilations génitales féminines à plusieurs reprises lorsque les membres de leur famille ou de leur communauté ne sont pas satisfait·e·s des résultats des procédures antérieures. Une étude menée au Soudan, où près de sept femmes et filles sur dix subissent des mutilations génitales médicalisées, a révélé que les formes de mutilations pratiquées étaient en réalité plus graves que ce qui était perçu. Lorsque le personnel médical – qui détient souvent pouvoir, autorité et respect dans la société – effectue des mutilations génitales féminines, il légitime à tort la pratique comme médicalement saine ou bénéfique pour la santé des filles et des femmes.

Quelle est l’approche de l’UNFPA en matière de mutilations génitales féminines ?

L’UNFPA est en première ligne des efforts déployés pour éliminer les mutilations génitales féminines, menant des initiatives visant à protéger et à autonomiser les femmes et les filles. L’élimination de ces pratiques néfastes trouve son fondement dans les résultats transformateurs de l’UNFPA, dans le cadre de ses plans stratégiques, dont celui qui est en cours pour 2026-2029. Grâce à ses bureaux dans 94 pays où ces mutilations ont cours, l’UNFPA fournit un appui technique, stratégique et de défense pour renforcer les politiques, améliorer la réponse sanitaire et faire évoluer les normes sociales. L’UNFPA et l’UNICEF sont les co-chefs de file du plus grand programme mondial visant à accélérer l’abandon des mutilations génitales féminines. Ce programme travaille avec des gouvernements, des organisations non gouvernementales, des réseaux de chefs religieux, des parlementaires, des militant·e·s des droits des jeunes et des droits humains, des universitaires et des groupes locaux afin de :

  • Soutenir le développement de politiques et de lois et d’assurer l’allocation de ressources adaptées à l’élimination des mutilations génitales féminines ;
  • Amplifier les interventions qui renforcent les connaissances collectives sur les dangers des mutilations génitales féminines et défendent leur élimination ;
  • Animer les mouvements des femmes et des filles pour mettre fin à ces pratiques ;
  • Autonomiser les jeunes pour éliminer les mutilations génitales féminines au sin de leurs communautés ;
  • Faire cesser la médicalisation des mutilations génitales féminines grâce à des politiques de santé, au financement d’interventions dans le secteur de la santé, à l’élaboration de connaissances et de compétences chez les prestataires de santé, au renforcement de la surveillance, de l’évaluation et de la responsabilité ainsi qu’à la création de cadres législatifs et réglementaires solides ;
  • Intégrer une réponse aux mutilations génitales féminines dans la santé sexuelle et reproductive, la santé maternelle et infantile et les services de protection de l’enfance, ainsi que dans les nexus humanitaire-développement, des secteurs qui sont des points d’entrée pour l’identification et le soutien de femmes et filles à risque ou qui ont déjà subi cette pratique ;
  • Incorporer des informations générales sur les mutilations génitales féminines dans les formations à la santé, mobiliser les médecins, le personnel infirmier et les sages-femmes dans la prévention et les soins aux survivantes, et autonomiser les prestataires de santé afin qu’ils et elles servent de modèles, de guides et de défenseur·e·s des droits pour éliminer la pratique ;
  • Enfin, établir un centre international de connaissances pour la mesure des normes sociales et la diffusion de bonnes pratiques enregistrées par le Programme conjoint, pour soutenir les décisions politiques et l’élaboration de programmes.

Le Programme conjoint reconnaît que l’élimination des mutilations génitales féminines nécessite que les communautés prennent une décision collective et coordonnée pour ne pénaliser aucune fille ni aucune famille.

Cette approche a donné lieu à des progrès. Les organisations non gouvernementales mettent en œuvre des sessions pédagogiques et de dialogue menées par les communautés sur les droits de la personne et la santé. Ces réseaux aident de plus en plus de communautés à déclarer leur abandon des mutilations génitales féminines. Un changement s’est produit chez les leaders religieux, dont beaucoup sont passé·e·s d’une défense de la pratique à sa condamnation claire. Un nombre croissant de déclarations publiques affirment l’absence de lien entre les mutilations génitales et la religion et soutiennent l’abandon de la pratique.

Quels sont les pays qui disposent d’une loi interdisant les mutilations génitales féminines ?

Selon l’édition 2025 du « Compendium of International and National Legal Frameworks on Female Genital Mutilation » de la Banque mondiale, 92 pays du monde disposent de lois qui interdisent spécifiquement les mutilations génitales féminines ou autorisent des poursuites judiciaires par le biais d’autres lois telles que le Code pénal, les lois de protection de l’enfance, les lois relatives à la violence à l’égard des femmes ou celles sur les violences domestiques.

Asie-Pacifique : Australie (dont une analyse pour la Nouvelle-Galles-du-Sud, le Territoire du Nord, le Queensland, l’Australie-Méridionale, la Tasmanie, le Victoria et l’Australie-Occidentale), Bangladesh, Brunei Darussalam, Inde, Indonésie, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Philippines, Sri Lanka, Thaïlande.

Europe : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, Russie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse.

Amérique latine et Caraïbes : Brésil, Colombie, Équateur, Mexique, Panama, Pérou, Trinité-et-Tobago.

Amérique du Nord : Canada, États-Unis d’Amérique.

Afrique du Nord et Moyen-Orient : Algérie, Bahreïn, Égypte, Iraq, Koweït, République islamique d’Iran (dont une analyse pour la région du Kurdistan), Yémen.

Afrique subsaharienne : Afrique du Sud, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Comores, Côte d’Ivoire, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Kenya, Liberia, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Niger, Nigeria, Ouganda, République centrafricaine, République du Congo, République démocratique du Congo, République unie de Tanzanie, Sénégal, Sierra Leone, Somalie*, Soudan, Soudan du Sud, Tchad, Togo, Zambie, Zimbabwe.

Les peines encourues varient de six mois d’emprisonnement à la réclusion à perpétuité. Dans plusieurs pays, la peine prévue comprend également une amende.

*La Constitution somalienne stipule expressément que « l'excision des filles est interdite ». Des progrès ont été constatés au niveau régional, notamment grâce à des initiatives législatives au Somaliland, au Galmudug et au Jubaland. Cependant, aucune législation nationale ne met expressément en œuvre cette disposition constitutionnelle ni ne renforce les lois régionales. À ce jour, il n'existe aucun cas connu où des délits de mutilations génitales féminines ont été poursuivis en vertu de dispositions pénales générales. Le projet de loi sur les mutilations génitales féminines est bloqué dans le processus législatif depuis plusieurs années.

Comment les mutilations génitales féminines sont-elles abordées dans le Programme d’action de la CIPD ?

Le Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) affirme : « Dans un certain nombre de pays, des pratiques nocives visant à réprimer la sexualité féminine sont la cause de souffrances aiguës. Parmi ces pratiques figure celle des mutilations génitales féminines qui sont une violation des droits fondamentaux des femmes et constituent un risque majeur et permanent pour leur santé », (paragraphe 7.35).

Le Programme d’action demande aux gouvernements et aux communautés de prendre d’urgence des mesures pour mettre fin à ces pratiques et protéger les femmes et les filles de toutes ces formes de violence.

Quelles sont les lois internationales et régionales qui peuvent être invoquées pour l’élimination des mutilations génitales féminines ?

La plupart des pays dans lesquels les mutilations génitales féminines sont pratiquées ont ratifié des conventions et des déclarations internationales contenant des dispositions relatives à la promotion et à la protection de la santé des femmes et des filles. Par exemple : la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Convention relative au statut des réfugiés, les Pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques et aux droits économiques, sociaux et culturels, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, la Convention relative aux droits de l’enfant, la Déclaration et le Programme d’action de Vienne adoptés par la Conférence mondiale sur les droits de l’homme, la Conférence internationale sur la population et le développement, le Programme d’action de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, la Résolution sur les filles (A/RES/51/76), la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la Déclaration d’Addis-Abeba sur la violence contre les femmes, la Déclaration de Banjul, la Commission sociale, humanitaire et culturelle de l’Assemblée générale des Nations Unies, les Principales mesures pour la poursuite de l’application du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement, les Nouvelles mesures et initiatives pour la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, le Protocole de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, la Résolution sur les filles (A/RES/62/140), la Commission de la condition de la femme, la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique, la Résolution du Parlement européen du 14 juin 2012, les Objectifs de développement durable et notamment l’objectif 5.3, la Déclaration et le Plan d’action pour éliminer les mutilations génitales féminines transfrontalières, et l’Initiative Saleema pour l’élimination des mutilations génitales féminines.

Mise à jour : 5 février 2026

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