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Une brochure sur la santé reproductive des femmes handicapées publiée en braille

6 Avril 2021
Author: UNFPA
Une brochure sur la santé reproductive destinée aux femmes handicapées a été publiée en braille et distribuée dans les bibliothèques et les écoles pour les malvoyants du Kazakhstan. © UNFPA Kazakhstan

NUR-SULTAN, Kazakhstan – Signant une victoire pour l’inclusivité, une brochure sur la santé procréative destinée aux femmes handicapées a été publiée en braille pour les personnes présentant une déficience visuelle. « Un sujet essentiel : votre santé procréative et vos droits dans ce domaine », également disponible en CD audio, donne aux femmes handicapées des informations sur leur santé sexuelle et procréative, notamment sur la planification familiale, ainsi que sur leur droit à accéder à des services et à décider de faire ou non des enfants et quand. Près de 150 copies de cette brochure de 23 pages ont été distribuées à 34 bibliothèques et internats pour les personnes présentant une déficience visuelle. Elle est également disponible en version numérique en langue russe et kazakh. 

Saltanat Tleukenova est bibliothécaire à la Bibliothèque républicaine pour les personnes présentant une déficience visuelle. « Il y a toujours de la demande pour ce type d’information », explique-t-elle. « Avec le confinement, nous limitons les créneaux à deux heures par lectrice. Il y a déjà la queue pour consulter ce document. J’y ai moi-même trouvé des informations très utiles ».

La publication était également disponible sous forme électronique en kazakh et en russe. © UNFPA Kazakhstan

« Les personnes handicapées sont confrontées à beaucoup de difficultés dans leurs droits et leur santé procréative », souligne Giulia Vallese, déléguée pour le Kazakhstan et directrice nationale pour le Kirghizistan et le Turkménistan auprès de l’UNFPA. « On se concentre bien souvent sur les obstacles physiques, mais il existe bon nombre d’autres limitations que l’on néglige, en rapport avec un manque d’information qui peut pourtant altérer la qualité de vie. Les supports que nous avons créés sont conçus pour que les personnes handicapées puissent être autonomes, avoir une vie épanouie et exercer leur droit à la maternité et à la planification familiale ». 

Moins de sensibilisation, c’est une moins bonne santé

Lors du premier semestre 2018, on comptait au Kazakhstan 293 511 femmes handicapées, selon un rapport de 2019. Parmi elles, seules 0,5 % (soit 1 467) sont des mères, une proportion qui n’est pas toujours associée à des raisons médicales. La stigmatisation et la discrimination découragent les femmes d’avoir des enfants, mais les empêchent aussi d’avoir accès à des soins essentiels. Elles ne disposent pas non plus d’un accès suffisant à l’information. Le taux de besoins non satisfaits en matière de planification familiale chez les femmes handicapées était en 2018 de 41,5 %, soit quatre fois plus que dans la population générale. 

« Ce qui est le plus important, c’est que nous devons être acceptées et perçues comme des personnes ayant des droits, sans que cela dépende d’un handicap éventuel », déclare Lyazzat Kaltayeva, responsable de l’association de femmes handicapées Shyrak, qui a développé cette publication en braille avec l’UNFPA, et avec l’aide d’un financement du gouvernement du Royaume-Uni. « Toute femme, même si elle est handicapée, a le droit de décider si elle veut ou non avoir des enfants, combien elle veut en avoir, et comment espacer les naissances. » 

À l’avenir, des livrets seront créés pour prendre en compte d’autres types de handicap, notamment intellectuels. 

Une fenêtre sur le monde extérieur

« La pandémie a exacerbé les inégalités, la discrimination et la violence basées sur le genre, et il est donc urgent de répondre aux besoins des femmes et des filles handicapées », insiste Mike Gifford, ambassadeur britannique au Kazakhstan. « Ces femmes sont particulièrement vulnérables puisqu’elles peuvent subir une double discrimination, à la fois à cause de leur genre et de leur handicap. Informer les femmes et les filles handicapées de leurs droits en matière de santé procréative est une étape modeste mais essentielle vers leur autonomie dans leurs choix de vie en général. » 

Née avec une déficience visuelle, Olga Lonshakova, 25 ans, est enseignante dans une école locale spécialisée, dédiée aux enfants qui ont le même type de difficultés qu’elle. « Il y a de vraies lacunes dans l’information sur la santé procréative et les droits en la matière. Pour ma part, je me suis informée par le biais de CD audio », raconte-t-elle. « Mais pour les personnes qui ont une déficience à la fois visuelle et langagière, les livres en braille sont la seule fenêtre sur le monde extérieur. »

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