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Les leaders affirment la nécessité de garantir aux femmes et aux filles la possibilité d’exercer leur droit à l’autonomie corporelle

Les leaders affirment la nécessité de garantir aux femmes et aux filles la possibilité d’exercer leur droit à l’autonomie corporelle
Catarina Furtado rend visite à une jeune maman dans une maternité. Le droit à faire des choix fondamentaux comme devenir parent (ou non) et à quel moment, ou voir un médecin, doit être garanti pour toutes et tous, explique-t-elle. Photo avec l’aimable autorisation de Catarina Furtado.
  • 19 March 2021

NATIONS UNIES, New York – « Lorsque j’avais 15 ans, on allait me marier de force à un homme que je n’avais jamais rencontré », racontait Rachana Sunar à un public attentif à l’occasion d’une table ronde virtuelle, dans le cadre de la 65e session de la Commission des Nations Unies sur la condition de la femme. « Sans m’associer à la décision sur mon propre mariage, on me demandait de me préparer à devenir une épouse. »

Mme Sunar, contrairement à environ une fille sur cinq dans le monde qui sera mariée précocement, a cependant pu refuser.

« Je n’étais pas prête. Mon corps n’était pas prêt à ce que je devienne une épouse, ni à ce que je sois sexuellement active, ni à ce que j’aie des enfants dès que je serais mariée. Alors, j’ai dit non. »

Ce pouvoir de prendre des décisions concernant son corps et son avenir doit être garanti pour toutes et tous, a déclaré Mme Sunar lors de la table ronde, réunie pour mobiliser des soutiens en faveur de l’autonomie corporelle des femmes et des filles du monde entier.

Three women gather around a maternity ward bed, looking at a new baby, held by its mother.
Marie-Lou Nahhas, une militante, se rend dans une maternité en Éthiopie. Elle y a rencontré des sages-femmes et d’autres personnes qui travaillent à l’élimination des mutilations génitales féminines et à l’autonomisation des femmes et des filles. Photo avec l’aimable autorisation de Marie-Lou Nahhas.

Un pouvoir dont beaucoup sont encore privées

Les intervenant·e·s de l’événement, dont Gabriela Rodriguez, directrice du Conseil national de la population au Mexique, le Dr Salma Nims, secrétaire générale de la Commission nationale de Jordanie pour les femmes, ainsi que Diene Keita et Ib Petersen, directrice et directeur adjoint·e·s de l’UNFPA, ont discuté de diverses pratiques néfastes, violences et normes sociales qui font obstacle à l’autonomie corporelle.

« Selon les données dont nous disposons, une femme sur trois est victime de violences, et c’est une réalité terrible », a souligné Fatma Bulić, défenseure des droits des jeunes en Bosnie-Herzégovine. « Il nous faut devenir maîtresses de nos corps dès notre plus jeune âge. »

« Des millions de femmes et de filles sont privées de leur droit à s’exprimer en matière de sexualité, à dire oui à la contraception, et à prendre leurs propres décisions de santé. Notre monde doit devenir un espace où le corps de toutes les femmes et de toutes les filles leur appartient réellement », a insisté le Dr Natalia Kanem, directrice exécutive de l’UNFPA, dans une déclaration enregistrée.

Un monde possible

Faire advenir ce monde demandera un travail simultané dans de nombreuses sphères : éducation des jeunes à leur corps et à leurs droits, réforme des politiques qui ne préviennent pas correctement la violence basée sur le genre ou n’y répondent pas suffisamment, soutien aux communautés dans l’adoption de pratiques respectant l’égalité des genres.

Selon Catarina Furtado, ambassadrice de bonne volonté de l’UNFPA, c’est tout à fait possible. Elle a elle-même vu des femmes et des filles s’autonomiser grâce à leur accès à l’information et à divers services. « J’ai vu le pouvoir et la force que représentent le fait d’être maîtresse de son destin, d’utiliser sa capacité de décision pour exiger le service que l’on veut et dont on a besoin », déclare-t-elle.

A videographer shows women in veils the footage she has just taken of them.
« Je pense que nous devons toutes et tous écouter, partager, protéger et faire de la place aux voix des femmes du monde entier », déclare Sara Elgamal, réalisatrice et créatrice de la campagne « Une partie de moi », qui met en lumière les initiatives des femmes pour lutter contre les mutilations génitales dans leurs communautés. Photo avec l’aimable autorisation de Sara Elgamal.

« Par exemple, dans le plus grand camp de réfugié·e·s du monde à Kutupalong, j’ai rencontré Hasina, une épouse enfant enceinte, dans l’un des espaces de l’UNFPA qui accueille les femmes. Elle y a reçu des informations sur la planification familiale, la grossesse et l’accouchement médicalisé, des informations auxquelles elle n’avait jamais eu accès jusque-là. Hasina partageait désormais ces informations avec d’autres filles, en défendant leur droit à retarder leur mariage et à planifier les naissances pour pouvoir poursuivre leur scolarité. »

Tout comme Hasina, Mme Sunar est devenue une défenseure passionnée des droits des filles, et travaille avec l’UNFPA et d’autres partenaires pour diffuser son message en faveur de la promotion de ces droits et de l’élimination du mariage d’enfants.

Un grand besoin de leaders

Ces efforts visant non seulement à autonomiser les individus pour qu’ils exercent leurs droits, mais aussi à ce qu’ils deviennent leaders dans la défense de l’autonomie corporelle, doivent prendre une toute autre ampleur.

« L’accès à l’information est essentiel pour aider les femmes et les filles à comprendre leurs droits en matière de santé sexuelle et procréative, car cela a un lien avec l’autonomie corporelle », explique Justina Kehinde, une militante féministe qui s’est déjà exprimée sur cette question de l’autonomie corporelle.

« Nous pouvons construire une génération de femmes leaders », déclare Marie-Lou Nahhas, actrice et militante. « Il faut leur apprendre à exprimer leurs besoins et leurs désirs, à agir en fonction de ceux-ci avec une totale liberté. Il faut nous soutenir les unes les autres, pour guérir toutes ensemble. »

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