Mise à jour

Avec « Zoom a tu voz », nous voulons donner plus de force et de résonance aux voix des jeunes d’ascendance africaine en Uruguay

27 Aoû 2020

The official launch of the project was on August 27 on the Month of the Youth celebration in Uruguay.

Montevideo, Uruguay – « Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) fait preuve d’un engagement fort envers la jeunesse d’ascendance africaine. En effet, par le biais des bureaux nationaux, nous cherchons à renforcer les mécanismes qui visent à faire respecter les droits des populations d’ascendance africaine, qu’il s’agisse des jeunes, des femmes, des filles ou des adolescents ». C’est ainsi que Harold Robinson, directeur du Bureau régional de l’UNFPA pour l’Amérique latine et les Caraïbes, a présenté le projet « Zoom a tu voz. Juventudes afro en Uruguay » (Faire résonner la voix des jeunes d’ascendance africaine) lors de son lancement. Il s’agit d’un espace qui invite les jeunes d’ascendance africaine à s’exprimer et à participer au renforcement de leur identité et de leur rôle en tant que citoyens afin de générer des perspectives de changement. Ce projet vise aussi à construire des espaces identitaires et de reconnaissance individuelle de l’héritage africain, ainsi qu’à découvrir les outils permettant d’observer, de comprendre et d’identifier à la fois les situations et expériences quotidiennes qui limitent l’épanouissement, et celles qui favorisent les résistances et les possibilités de changement.

Zoom a tu voz

« Zoom a tu voz. Juventudes afro en Uruguay » est un projet mené par ColectivaMujeres, l’UNFPA en Uruguay et le Bureau régional de l’UNFPA pour l’Amérique latine et les Caraïbes, en partenariat avec MediaRed, l’Institut des populations d’ascendance africaine pour l’étude, la recherche et le développement et le Centre de formation pour l’intégration régionale (CEFIR). L’initiative comprend également une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux conçue à l’aide des jeunes. Elle repose en premier lieu sur les expériences, les paroles, les idées, les émotions et les images échangées lors des rencontres.

Après les rencontres virtuelles, une rencontre en présentiel aura lieu afin de faire le lien entre ce processus et la dynamique régionale : les perspectives et propositions évoquées dans le cadre du projet Zoom a tu voz seront présentées dans l’espace d’échange avec la société civile à l’occasion de la 10e réunion des ministres et des hautes autorités sur les droits des personnes d’ascendance africaine du Marché commun du Sud (MERCOSUR), qui aura lieu en novembre 2020 à Montevideo.

Lancement du projet

Le projet a été lancé officiellement le 27 août dernier, dans le cadre du mois de la jeunesse uruguayenne. Cet événement a marqué le début d’une série de rencontres dont l’objectif stratégique, selon Harold Robinson, est de « donner plus de force et de résonance aux voix des jeunes d’ascendance africaine afin d’œuvrer à leurs côtés et en leur faveur, pour ainsi les aider à exercer leurs droits et à exploiter leur plein potentiel en tant que instigateurs du changement et du développement ».

Pendant la rencontre, le jeune Martín Rora a mis l’initiative à l’honneur en réfléchissant sur les réalités distinctes qui caractérisent la jeunesse uruguayenne : « Aujourd’hui même, nous célébrons la Journée nationale de la jeunesse rurale, et je pense que pour mettre en place des outils destinés aux jeunes d’ascendance africaine, nous devons porter notre regard sur les zones rurales de notre pays, où vivent un grand nombre de jeunes Afro-uruguayens. [...] Ce projet est intéressant, en particulier en matière de participation des jeunes, car il permet aux institutions de garder à l’esprit que les jeunesses sont multiples, et que les programmes et projets doivent refléter ces différentes réalités. Nous devons passer à un modèle représentant toutes les jeunesses et parler de toutes les jeunesses, car même si nous faisons partie de la même génération, une multitude de caractéristiques nous différencient : l’endroit où nous vivons, notre genre et notre identité ethnique, par exemple. »

De son côté, la sénatrice Gloria Rodríguez a insisté sur le défi auquel l’ensemble de la société uruguayenne fait face : « Les droits sont acquis. Personne n’est vulnérable, mais les droits ont été bafoués. Nous devons régler ce problème non pas pour les jeunes, mais avec les jeunes. »

Le représentant du bureau de l’UNFPA en Uruguay, Fernando Filgueira, a exprimé la nécessité que cette proposition se multiplie et qu’elle constitue un espace d’échange entre les différentes jeunesses : « Il doit s’agir d’une plateforme qui stimule les mouvements déjà initiés par des jeunes d’ascendance africaine dans la région de Montevideo, mais aussi dans le reste du pays. Nous souhaitons que ce projet soit fédérateur, qu’il multiplie les voix, qu’il nous interpelle, et qu’il interpelle le gouvernement, les organismes multilatéraux ainsi que les autorités. Nous sommes là, et ce projet porte notre voix, nos propositions et nos contributions. »

Les personnes suivantes ont également participé à cette initiative : Yandira Álvarez et Ana Dos Santos, pour le projet Zoom a tu voz et en tant que membres de Colectiva Mujeres, Rosa Méndez, directrice de la division des droits fondamentaux du ministère du Développement social, Amanda Díaz, responsable du département des populations d’ascendance africaine du ministère du Développement social, Federico Delgado, responsable de la décentralisation et du territoire de l’Institut national pour la jeunesse et Shari García, coordinatrice exécutive de l’Institut des populations d’ascendance africaine pour l’étude, la recherche et le développement.

Expérience de jeunes ayant pris part au projet Zoom a tu voz

Entre le lancement et le mois de novembre, cinq ateliers ont eu lieu, auxquels ont participé des jeunes originaires des départements d’Artigas, de Rivera, de Canelones et de Montevideo, où vit une grande partie de la population d’ascendance africaine en Uruguay. Ces ateliers ont été l’occasion pour eux d’échanger des expériences, opinions, informations et propositions relatives à la vie quotidienne et à l’identité afro-uruguayenne, au genre, aux droits des jeunes et des personnes d’ascendance africaine, et aux droits en matière de sexualité et de procréation. Pour en savoir plus sur cette initiative, visionnez la vidéo suivante :
 
Population d’ascendance africaine en Uruguay

En Uruguay, les personnes d’ascendance africaine représentent 8,5 % de la population totale. Elles constituent la principale minorité ethnique du pays, et accusent le plus grand retard en matière d’inclusion sociale, économique et éducative.

Sur dix personnes d’ascendance africaine, cinq terminent le cycle de base et deux terminent le lycée. Les abandons au lycée des jeunes d’ascendance africaine sont 18 % plus élevés que pour le reste de la population du même âge. D’après le dernier recensement (2011), sur dix jeunes d’ascendance africaine en âge d’étudier, un seul poursuivra ses études dans le supérieur.

En 2013, le parlement uruguayen a voté la loi no 19.122 qui a pour but de promouvoir l’égalité raciale et des chances et de combattre, d’atténuer et d’aider à éradiquer toute forme de racisme, de xénophobie et de discrimination sur la base de l’origine ethnique, ainsi que toute forme d’intolérance qui y est associée. Dans son article premier, la loi reconnaît que la population d’ascendance africaine qui vit sur le territoire national est historiquement victime de racisme, de discrimination et de stigmatisation depuis l’époque de la traite et du commerce d’esclaves, ces derniers actes étant aujourd’hui reconnus comme des crimes contre l’humanité, conformément au droit international.

Aujourd’hui, il existe une équipe qui œuvre pour mettre en pratique les actions spécifiques relatives à différents domaines, comme l’éducation. Cette équipe est constituée de représentants des ministères de l’Éducation et de la Culture, du Travail et de la Sécurité sociale, et du Développement social, ainsi que de représentants de la société civile, dont la Maison de la culture afro-uruguayenne. Ensemble, ils forment le conseil consultatif de la loi.

L’État uruguayen promeut et met en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030 de l’Organisation des Nations Unies et ses objectifs de développement durable (ODD) à l’échelle nationale, départementale et locale. Les ODD constituent le meilleur moyen d’assurer un avenir durable à toutes et tous.

Cliquez ici pour en savoir plus sur le projet Zoom a tu voz.

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