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Voilà le prix du monde que nous voulons

13 Novembre 2019
Author: UNFPA
En 10 ans, le monde pourrait obtenir de bien meilleurs résultats dans trois domaines fondamentaux, pour la modique somme de 264 milliards de dollars, selon de nouvelles études dévoilées au Sommet de Nairobi sur la CIPD25. © UNFPA Ouganda
En 10 ans, le monde pourrait obtenir de bien meilleurs résultats dans trois domaines fondamentaux, pour la modique somme de 264 milliards de dollars, selon de nouvelles études dévoilées au Sommet de Nairobi sur la CIPD25. © UNFPA Ouganda

Nairobi, KENYA - Il serait possible de mettre fin aux décès maternels évitables, couvrir tous les besoins non satisfaits en matière de planification familiale et mettre un terme à la violence basée sur le genre, en une décennie seulement. Mais cela coûtera au monde 264 milliards de dollars, selon une étude conjointe de l'UNFPA et de l'Université Johns Hopkins, en collaboration avec l'Université Victoria, l'Université de Washington et Avenir Health.

Une ventilation de cette étude a été présentée le 12 novembre au Sommet de Nairobi sur la CIPD25, révisant les données préliminaires publiées en juillet. Ce prix correspond au montant requis pour atteindre les objectifs fixés d'ici 2030, date limite de la réalisation des objectifs de développement durable

« A présent, nous connaissons les coûts. Ces chiffres sont une goutte d'eau dans l'océan comparé au dividende attendu et aux fonds disponibles. Ce dont nous avons besoin désormais, c'est de la volonté politique, et du financement pour faire le travail », a déclaré la Directrice exécutive de l'UNFPA, Mme Natalia Kanem.

Le prix de 264 milliards de dollars est inférieur au montant facturé en amendes pour faute professionnelle, aux 20 plus grandes banques du monde.

La nouvelle étude a été révélée lors d'une session du Sommet de Nairobi
sur la CIPD25. © Sommet de Nairobi

Sur ce total, le déficit actuel en ressources - soit les investissements nécessaires, qu’ils soient étrangers, de dépenses intérieures ou de dépenses privées – sera de 222 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années. 

Mais si aucune mesure n'est prise, les coûts seront incalculablement plus élevés, non seulement en termes financiers, mais aussi en termes de mortalité et d’exploitation du potentiel des générations futures. 

L'analyse met également en lumière les domaines spécifiques dans lesquels des ressources sont nécessaires. L'argent dépensé pour l'éducation, par exemple, peut aider à atteindre les trois objectifs. « Un investissement accru dans la santé et l'enseignement secondaire pour les femmes pourrait grandement contribuer à la réalisation des objectifs essentiels, à savoir mettre fin aux décès maternels évitables, aux besoins non satisfaits en matière de planification familiale et à la violence basée sur le genre », a déclaré Christopher Murray, directeur de l'Institute for Health Metrics and Évaluation à l'Université de Washington. 

Le monde doit maintenant s’unir, ont déclaré les chercheurs. « Ces données fournissent des indications sur les lieux où des progrès sont à réaliser, et nous permettent de suivre notre avancée vers ces objectifs ambitieux », a déclaré Victoria Chou, de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health.

Edelmira Martina Antay Dávila se souvient quand les femmes mouraient
en accouchant à domicile. © UNFPA Pérou / Juan Pablo Casapia

Petit prix à payer pour zéro décès maternel

Pour mettre fin aux décès évitables pendant la grossesse et l'accouchement dans 120 pays prioritaires - qui regroupent 99% de la mortalité maternelle - le monde devra dépenser 115,5 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années, ont annoncé les chercheurs. 

Cela équivaut à peu près au coût de 46 des avions militaires les plus chers au monde. Si ces dépenses étaient plutôt consacrées à des interventions de santé maternelle, telles que favoriser l’accouchement dans les établissements de santé, avec une assistance qualifiée, alors des centaines de milliers de vies pourraient être épargnées chaque année.

Victoria Chou, de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, affirme que ces nouveaux chiffres créent un objectif commun, qui aboutit à l’unité. © Sommet de Nairobi

« J'avais l'habitude d'accoucher à domicile. Ce n'était pas sûr. Les femmes risquaient leur vie » , a déclaré plus tôt cette année Edelmira Martina Antay Dávila, dans la région éloignée du Pérou. La majorité des accouchements dans sa communauté ont maintenant lieu dans une clinique soutenue par l'UNFPA, ce qui représente un énorme changement par rapport aux années précédentes.

L'élargissement de l'accès à ces services dans les communautés sensibles sera un énorme changement. Raihana Bibi, qui vit dans les régions rurales de l'Afghanistan, le sait. « Lors de mon accouchement, il n'y avait pas de véhicule dans notre village pour nous emmener à la clinique la plus proche », se souvient-elle. Mais une équipe sanitaire humanitaire mobile a pu la rejoindre à temps. « J'ai accouché d'une petite fille en bonne santé deux heures plus tard. »

Familles par choix, pas par hasard

Les chercheurs ont également calculé le prix pour mettre fin aux besoins non satisfaits de planification familiale, dans 120 pays prioritaires : 68,5 milliards de dollars.

Cet investissement apporterait des avantages importants, car les femmes pourraient terminer leurs études, trouver un travail et améliorer l’avenir de leurs enfants. 

« La vie peut être difficile. Les gens gagnent juste assez pour subvenir aux besoins de leur famille. Vous ne pouvez pas le faire si vous tombez enceinte chaque année », a déclaré Rowena Alberto aux Philippines.

Selon Rowena Alberto, la planification familiale l'aide à s'assurer qu'elle et son mari peuvent subvenir aux besoins de leurs deux enfants. © UNFPA Philippines / Mario Villamor

Grâce à la planification familiale, elle peut se concentrer les enfants qu’elle a déjà, a-t-elle déclaré. « Je veux que mes deux enfants aient une bonne éducation et une bonne vie. »

Mettre fin à la violence et aux pratiques néfastes

Pour mettre fin à la violence basée sur le genre, il faudra investir 42 milliards de dollars dans 132 pays prioritaires au cours de la prochaine décennie. Cet argent servirait à une gamme d'interventions, y compris celles qui fournissent un traitement et une assistance aux survivantes, ainsi que des campagnes pour promouvoir l'égalité des genres.

L'élimination des mutilations génitales féminines ne coûterait que 2,4 milliards de dollars dans 31 pays prioritaires - ou seulement 95 dollars pour empêcher une fille de se faire exciser, sans justification médicale.

Zainab Binta Jalloh était mariée à l'âge de 15 ans. Aujourd'hui, elle parle ouvertement de son expérience et du besoin de changement. © Zainab Binta Jalloh

Le prix à payer pour mettre fin au mariage des enfants est de 35 milliards de dollars - environ 600 dollars pour épargner un enfant qui risque d’être marié.

« Selon notre tradition, une fille devrait se marier lorsqu'elle atteint la puberté », a expliqué récemment Zainab Binta Jalloh, en Sierra Leone. Elle a été mariée à un homme violent lorsqu'elle avait 15 ans. Mais lorsqu'elle a rejoint un programme qui enseigne aux filles leurs droits, elle a trouvé la force de le quitter et de retourner à l'école. 

« Je bénéficie actuellement du statut d’étudiante », a-t-elle déclaré à l'UNFPA. « Un jour, j'espère économiser suffisamment d'argent pour me payer des études de médecine. »

la République du Kenya
Population : 53.8 mil
Taux de fertilité
3.4
Ratio de mortalité maternelle
342
Taux de prévalence contraceptive
46
Population âgée de 10 à 24 ans
33.4%
Inscription des jeunes en enseignement secondaire
Garçons 49%
Filles 46%

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