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Un an après le début de la pandémie, l’UNFPA estime que 12 millions de femmes ont connu une interruption de leur contraception, provoquant 1,4 million de grossesses non planifiées

Un an après le début de la pandémie, l’UNFPA estime que 12 millions de femmes ont connu une interruption de leur contraception, provoquant 1,4 million de grossesses non planifiées
Les problèmes de la chaîne d'approvisionnement, les restrictions de mobilité et la peur de recourir aux services de santé ont contribué aux perturbations de la planification familiale pour des millions de femmes. Sur la photo, des étagères vides dans un magasin au Royaume-Uni au plus fort de la pandémie; la pandémie peut affecter les femmes différemment dans les pays riches et à faible revenu. © Unsplash / Carlos de Toro
  • 11 March 2021

KATMANDOU, Népal/NATIONS UNIES, New York – On estime que 12 millions de femmes ont connu des perturbations de leurs services de planification familiale à cause de la pandémie de COVID-19, ce qui a provoqué environ 1,4 million de grossesses non planifiées, selon de nouveaux chiffres publiés aujourd’hui par l’UNFPA et Avenir Health. 

Ces projections, qui prennent en compte de nouvelles observations et données de terrain, ont été dévoilées le 11 mars, un an après que la propagation du COVID-19 a été déclarée pandémie.

Ces chiffres récents sont notés même si de nombreux pays, en particulier les pays à revenu élevé, montrent des taux de natalité en forte baisse. Les résultats démontrent à quel point la destinée des femmes en ce qui concerne leur santé reproductive et leurs choix ont été affecté par la pandémie.

Les projections de l'UNFPA soulignent les perturbations des services de contraception dans 115 pays à faible et moyen revenu sur l’année précédente. Des données de l’UNFPA, des enquêtes par ses partenaires, ainsi que des données Google Mobility, ont montré que l’accès à la planification familiale avait été très perturbé par des facteurs tels que les restrictions de déplacement, les problèmes dans les chaînes d’approvisionnement, les ruptures de stock et la surcharge des structures de santé. 

Pour de très nombreuses femmes, les conséquences ont été bouleversantes.

Maya holds her newborn baby girl. Maya is wearing a blue had and her baby is bundled in pink blankets.
Maya Bohara dit que son nouveau-né est aimé, mais que sa famille aura du mal à subvenir aux besoins de ses cinq enfants. © UNFPA Népal / Ganesh Shahi

« J’étais inquiète en permanence »

Maya Bohara, 32 ans, qui vit dans la municipalité de Dasharathchand dans l’ouest du Népal, prenait une contraception injectable depuis neuf ans. Mariée à l’âge de 17 ans, elle avait déjà quatre enfants à 24 ans. Avec son mari, travailleur journalier, ils pensaient ne pas en avoir d’autre.

Lorsqu’elle s’est rendue dans le centre de santé le plus proche de chez elle pour son injection au mois de juin, cependant, « ils n’avaient plus de stock sur le contraceptif que je prenais à ce moment-là… j’étais en permanence inquiète de connaître une autre grossesse alors que je ne le souhaitais pas ».

Peu après cette injection manquante, elle est effectivement tombée enceinte. Son bébé est né le 25 février dernier, a-t-elle déclaré à l’UNFPA.

Hira Lawad, âgée de 30 ans et mère de deux enfants, s’était rendue au même centre en juillet dernier pour son injection contraceptive. « On m’a dit qu’il y avait une rupture de stock », raconte-t-elle à l’UNFPA. « Bien que mon mari et moi ayons décidé de ne pas avoir d’autre enfant, je suis tombée enceinte une troisième fois ».

Ces grossesses non planifiées ont mis à l’épreuve ces deux familles, qui étaient déjà en difficulté à cause des conséquences financières de la pandémie.

Bien que Maya nous précise tout de suite que son dernier né est aimé, elle reconnaît que la situation est plus précaire qu’auparavant.

« Avec notre maigre revenu, élever notre cinquième enfant sera une rude bataille pour moi et mon mari », déplore-t-elle.

Les conséquences de l’augmentation du nombre de grossesses non planifiées ne sont pas seulement économiques : on observe notamment une morbidité et une mortalité maternelles plus forte, ainsi qu’un plus grand nombre d’avortements non médicalisés. 

Hira stands against a cliff side, with tall mountains and terraced fields behind her.
Hira Lawad est tombée enceinte lorsque son centre de santé local a manqué d'injections contraceptives. © UNFPA Népal / Ganesh Shahi

Le pire scénario évité

La situation aurait pourtant pu être bien pire.

Les projections de l’UNFPA montrent que les perturbations des services de planification familiale ont été largement concentrés sur les mois d’avril et mai derniers, avec une durée moyenne de 3,6 mois de perturbation.

Des estimations antérieures (publiées en avril 2020) montraient que six mois de perturbations pourraient affecter 47 millions de femmes dans les pays à faible et moyen revenu, ce qui provoquerait 7 millions de grossesses non planifiées.

Réactivité et ingéniosité ont permis à de nombreux systèmes de santé de maintenir ou de restaurer l’accès aux services de santé, y compris à la contraception. L’UNFPA a par exemple fourni et livré des contraceptifs et autres produits de santé procréative, ainsi que des équipements de protection individuelle aux soignant·e·s, malgré les coûts de plus en plus élevés et les contraintes pesant sur les chaînes d’approvisionnement.

La créativité de certaines actions (utilisation d’une application pour la livraison de contraceptifs, assistance par SMS et redirection du conseil en planification familiale vers les centres de quarantaine) a également permis d’assurer ou de rouvrir certains services. Beaucoup de femmes continuent pourtant à rencontrer des difficultés dans leur accès à la planification familiale et à d’autres services essentiels de santé procréative.  

L’Organisation mondiale de la santé estime que 2,5 millions de personnes dans le monde sont mortes de la COVID-19, mais l’on ne connaît pas encore le coût total de cette pandémie. Lors du calcul de ce coût, il faudra prendre en compte les conséquences terribles qui ont été supportées par les femmes et les filles, celles dont l’avenir a été réécrit, dont les corps ont été meurtris ou dont la vie a été perdue, à cause des perturbations dans l’accès à la contraception et aux soins de santé.
 

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