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Le suivi des contraceptifs améliore les services de santé et renforce le choix en Ouganda

19 Juillet 2021
Author: UNFPA
DrugDash est un système numérique qui remplace les registres papier pour le suivi des produits contraceptifs, l’élimination du gaspillage et des ruptures de stock. © Outbox

KAMPALA, Ouganda – Quand Isirimu Margret est tombée enceinte, à l’âge de 16 ans, tous ses espoirs de continuer ses études se sont évanouis. Elle a quitté l’école, a épousé son partenaire et a accouché de leur enfant. Lorsqu’elle a eu la possibilité de bénéficier de conseils en planification familiale auprès de son centre de santé, par le biais d’un programme soutenu par l’UNFPA, elle l’a saisie et a choisi un implant qui lui permettrait d’être protégée pendant trois ans.

Cela lui a permis d’établir correctement sa famille dans le district rural de Bukedea, où elle cultive des terres avec son mari. Lorsqu’elle a été prête à avoir un deuxième enfant, elle a pu faire ce choix pour elle-même. Peu après le retrait de l’implant, elle est tombée enceinte.

« La planification familiale permet d’espacer les naissances et de maintenir les enfants en bonne santé », explique-t-elle. « Cela aide aussi à mieux s’organiser pour les enfants et pour subvenir aux besoins de la famille. »

Pour des femmes comme Mme Isirimu qui vivent dans les zones pauvres et isolées de l’Ouganda, se procurer un contraceptif lorsqu’on en souhaitait un n’était jusque-là pas une science exacte. Il fallait parcourir une bonne distance pour se rendre dans un centre de santé, et perdre ainsi un temps précieux qui aurait pu être employé à s’occuper du foyer ou des champs, pour se rendre compte une fois sur place que le contraceptif souhaité était en rupture de stock.  

Aujourd’hui, les choses changent.

Pas de gaspillage

À Bukedea ainsi que dans autre autres districts de l’est et du nord de l’Ouganda, un système numérique lancé par l’UNFPA permet un suivi des contraceptifs, pour éviter les ruptures de stock et le gaspillage. DrugDash est une application mobile et un outil en ligne qui génère et partage des informations sur les stocks des établissements de santé en temps réel, éliminant ainsi des erreurs fréquentes commises dans le système précédent, très laborieux, de registres papier. En disposant des derniers chiffres sur une tablette, on peut désormais prendre des décisions plus rapides et plus adaptées pour la redistribution des contraceptifs.

« Grâce à DrugDash, je vois à quel endroit il y aura un besoin et ce avant même que les [établissements de santé] ne nous le communiquent. Ce n’était pas possible avant », précise Bamulikulwaki Ezera, qui supervise les stocks de médicaments dans le district de Bulambuli. « Cela permet aux responsables de suivre leurs stocks et d’agir en fonction des données. »

Ce système est le résultat d’un concours mondial d’innovation sponsorisé par le Fonds d’innovation de l’UNFPA pour assurer les droits et les choix, dans le cadre d’une volonté de toute l’agence de proposer de meilleurs services et d’éliminer les besoins non satisfaits en matière de planification familiale. L’objectif : résoudre des problèmes qui empêchent les zones isolées de recevoir des contraceptifs de façon régulière et continue.

Au départ, DrugDash a été déployée dans 56 établissements, dans cinq districts différents. En quelques mois, 80 % d’entre eux rapportaient une amélioration dans la commande et la distribution de produits de planification familiale. Près de 60 % avaient pu éviter les ruptures de stock ou la péremption de leurs produits. Une meilleure distribution de méthodes barrières comme les préservatifs a permis l’augmentation de leur utilisation de 37 % sur six mois. Ce système sera par la suite étendu pour permettre de suivre d’autres produits de santé reproductive comme les médicaments de santé maternelle.

Michael Wanduyi, responsable de l’approvisionnement de son établissement, vérifie les stocks de médicaments au centre de santé IV de Muyembe, dans le district de Bulambuli, l’un des cinq districts ougandais où la technologie de suivi a été testée. © Outbox

L’innovation, elle aussi, a rencontré quelques difficultés lors du lancement. Certain·e·s soignant·e·s craignaient un peu d’utiliser des appareils intelligent pour la première fois, mais des groupes de discussion WhatsApp ont permis de les rassurer, augmentant ainsi le recours à l’application de suivi. Les observations des utilisateurs et utilisatrices ont mené à la mise en place d’une fonction hors-ligne pour les cas de coupure internet ou de signal téléphonique faible. Quand il est devenu évident que les établissements privés étaient tout aussi populaires que leurs cousins publics auprès des femmes en demande de planification familiale, six d’entre eux ont été recrutés pour faire partie de ce nouveau système.

Validation du concept

Le moment de création était purement fortuit. Les organisations et les partenaires de l’UNFPA comme la Fédération internationale du planning familial déclaraient devoir fermer des cliniques de planification familiale en Ouganda, ce qui rendait le suivi et la fourniture des contraceptifs plus essentiels que jamais. Les périodes de restrictions des déplacements durant la pandémie de COVID-19 ont aussi montré que ce système était fondamental, puisqu’il permettait de continuer à fournir les produits.

En août dernier, la Cour constitutionnelle d’Ouganda a adopté une résolution historique faisant des services de santé maternelle des éléments essentiels du droit à la vie, et indiquant que les ruptures ou la limitation des stocks et les autres problèmes systémiques du même type devaient être urgemment réglés. Un tel outil peut faire partie de la solution, et il a désormais le soutien du gouvernement ougandais, qui a accepté d’héberger DrugDash sur les serveurs nationaux dans un effort d’élargissement de l’application.

Car quand les femmes peuvent planifier les naissances, elles peuvent planifier leur vie et leur avenir. 

 

 

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