La directrice de l’UNFPA et son programme en tant que Championne du CPI pour la Protection contre l’exploitation, les abus et le harcèlement sexuels

En janvier 2021, la directrice de l’UNFPA, le Dr Natalia Kanem, a accepté la mission de Championne du Comité permanent inter-organisations (CPI) sur la Protection contre l’exploitation, les abus et le harcèlement sexuels. 

Le CPI est l’organisme le plus ancien et le plus élevé en matière de coordination humanitaire au sein des Nations Unies. Il rassemble 18 responsables d’entités internes ou externes à l’ONU, pour assurer une réponse cohérente et rapide aux crises humanitaires.

En mai 2018, le CPI exposait sa vision d’un environnement humanitaire permettant aux personnes en situation de crise de bénéficier d’une protection et d’une assistance sans craindre aucune exploitation ni aucun abus de la part des travailleurs et travailleuses humanitaires (ici, la déclaration du président). Dans le cadre de leur stratégie de protection contre l’exploitation, les abus et le harcèlement sexuels, ainsi que de leur Plan d’accélération, les Champion·ne·s du CPI établissent des objectifs et des priorités clés pour lutter contre ces trois phénomènes.

Pour atteindre ces objectifs en s’appuyant sur le travail des Champion·ne·s précédent·e·s, l’UNFPA prévoit de se concentrer sur une approche axée sur les victimes, pour prévenir les atteintes sexuelles et lutter contre elles. Le Dr Kanem a identifié trois priorités centrales qu’elle placera au cœur de son mandat de Championne et cinq initiatives clés pour avancer sur ces points. Depuis sa prise de poste, l’UNFPA a fait beaucoup de progrès sur ces initiatives.

Les trois priorités de la directrice

1. Soutenir les mécanismes nationaux de protection contre l’exploitation et les abus sexuels

Sur le terrain, le leadership, la responsabilité et la coordination sont fondamentaux dans la prévention et la réponse aux abus et à l’exploitation sexuelle. Des réseaux inter-organisations de protection, dirigés par des coordinateurs et coordinatrices dévoué·e·s, se sont avérés être des mécanismes efficaces dans les efforts nationaux de lutte contre l’exploitation et les abus sexuels.

2. Améliorer l’accès à une aide de qualité 

Les acteurs humanitaires ont une responsabilité fondamentale : celle d’assurer que les victimes d’exploitation et d’abus sexuels aient accès à une assistance rapide, de qualité et centrée sur les survivant·e·s, au sein de centres spécialisés dans la prise en charge de la violence basée sur le genre. Ces services sont un point d’entrée essentiel pour les survivant·e·s de ces violences ou d’exploitation et d’abus sexuels, leur permettant de bénéficier d’un soutien immédiat et sur le long terme. Cela demande un investissement constant dans l’assistance, pour que les services puissent répondre aux besoins spécifiques des survivant·e·s sur le terrain.

3. Renforcer la coordination et la coopération

La coopération inter-organisations est au cœur du travail de protection contre l’exploitation, les abus et le harcèlement sexuels. Une réponse structurée et efficace doit réunir différents acteurs, internes ou externes aux Nations Unies : société civile, communautés affectées et gouvernements. Il est absolument essentiel que ces groupes puissent discuter ensemble pour promouvoir une approche véritablement axée sur les victimes.

Soyons toutes et tous des défenseurs de la protection en plaçant les droits et la dignité des victimes et survivant·e·s au centre de nos efforts. — Dr Natalia Kanem, directrice de l’UNFPA

Initiatives Principales

Voici une mise à jour sur les progrès effectués jusqu’à aujourd’hui dans les cinq initiatives de cette mission :

1. L’établissement d’un répertoire d’expert·e·s inter-organisations, pour assurer le déploiement rapide du personnel qualifié.

Mise à jour : un groupe de 21 coordonnateurs suivent actuellement une formation avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et seront prêts à être déployés d'ici le mois d'août. Pour répondre aux besoins les plus urgents dans l'intervalle, l'UNFPA a déployé des coordonnateurs en République centrafricaine et en République démocratique du Congo.

2. L’évaluation de l’approche de protection du CPI pour estimer l’impact et l’efficacité des mesures mises en place ces dernières années.

Mise à jour : un examen externe est en cours. Les principaux objectifs sont d'évaluer les progrès et les besoins par rapport aux conclusions d'un examen conduit en 2010 dans les agences du CPI ; évaluer comment les obligations contre l’exploitation, les abus et le harcèlement sexuels ont été mises en œuvre et comment le CPI a pris en compte les recommandations de 2010 ; évaluer dans quelle mesure le système dans son ensemble traite l’exploitation, les abus et le harcèlement sexuels ; et fournir des recommandations d'amélioration applicables à tous les organismes.

Un groupe consultatif de membres du CPI a soutenu la sélection de pays cibles pour trois études de cas thématiques avec visites, qui ont commencé début juillet et se termineront en septembre. Le rapport d'examen sera finalisé d'ici la fin octobre.

3. Le développement d’un programme de formation en protection contre l’exploitation, les abus et le harcèlement sexuel pour les personnes travaillant dans le domaine de la violence basée sur le genre, pour leur permettre de répondre aux besoins spécifiques des victimes d’exploitation et d’abus sexuels.

Mise à jour : informé par des consultations avec des experts sur l’exploitation, les abus et le harcèlement sexuels et de la violence basée sur le genre dans 23 pays, le produit final sera présenté lors d'un atelier en septembre et lancé en tant que module de la formation en ligne inter-agences sur la gestion des cas de violence basée sur le genre en octobre 2021.

4. Des consultations spéciales avec les acteurs internes ou externes aux Nations Unies, pour renforcer la cohésion et la coordination en matière de protection.

Mise à jour : une table ronde de haut niveau impliquant les Nations Unies, la société civile et les États membres se tiendra en novembre pour examiner les recommandations de l'examen et s'engager dans un programme d'action pragmatique.

5. Une campagne de plaidoyer pour l’amélioration de l’accès à une information et à une assistance de qualité.

Mise à jour : le travail sur la campagne de plaidoyer est en cours.

Regardez la déclaration vidéo de la directrice de l’UNFPA, le Dr Natalia Kanem

                                                                                                                                                                                                 Mis à jour le 12 juillet 2021