© Georgina Goodwin/UNFPA

Journée internationale des peuples autochtones du monde

09 Août 2022

Global

Les femmes autochtones ont toujours été des leaders dans leurs communautés. Cette année, la Journée internationale des peuples autochtones du monde, qui est célébrée le 9 août, se concentre sur leur rôle essentiel dans la préservation et la transmission des connaissances autochtones scientifiques et techniques.

Les connaissances autochtones sont constituées de systèmes complexes et dynamiques de connaissances et de savoirs développés par les peuples autochtones du monde entier, et qui s’appuient sur leur histoire d’interaction avec leur environnement naturel et leur adaptation à ce dernier. 

Si les peuples autochtones du monde représentent plus de 5 000 groupes différents localisés dans 90 pays, les connaissances autochtones présentent des similitudes communes à ces cultures diverses. Elles sont enracinées dans l’interconnectivité entre tous les êtres vivants (dont les humains) et l’environnement, ainsi qu’entre le corps et l’esprit. Les valeurs familiales, culturelles et communautaires y sont primordiales, tout comme l’intégrité, la réciprocité et la coopération, toutes nécessaires à la survie.

Le savoir traditionnel exige d’avoir une perspective à long terme et de faire de la durabilité un facteur clé dans toutes les décisions. Transmis par la tradition orale, notamment par le conte, ce savoir évolue constamment, et a permis à de nombreuses générations autochtones de vivre de façon durable dans des environnements en perpétuelle évolution.

Cependant, des siècles de colonialisme, de génocide et de racisme systémique ont privé les peuples autochtones du monde entier de leurs droits, y compris à la vie et à l’autodétermination – et le savoir autochtone a été dévalorisé et dénigré. Il a pourtant aussi été approprié pour faire du profit, par les industries pharmaceutique, touristique et de la mode.

Survie et durabilité en jeu

Aujourd’hui, les femmes autochtones sont en première ligne du combat pour la défense des droits des peuples autochtones et l’intégrité de leurs communautés. Une grande partie de ce combat est la préservation, la renaissance et la transmission des savoirs traditionnels.

Le monde entier a intérêt à voir aboutir ce combat. Le savoir autochtone est une source de solutions durables aux difficultés mondiales telles que les changements climatiques, la perte de biodiversité, la raréfaction des ressources, l’insécurité en matière de nourriture et d’eau, les conflits et la violence, les épidémies et autres menaces à la santé et au bien-être de chacun·e.

À la suite de la COVID-19, ce savoir pourrait être le fondement d’un changement de paradigme essentiel vers une approche globale du développement. Il souligne notre responsabilité dans l’équilibre de notre relation avec la terre et avec les autres êtres humains, et dans une réflexion profonde qui permettrait, selon les mots de l’activiste diné Janene Yazzie (Coordinatrice développement durable pour le Conseil international des traités indiens), « de comprendre quels changements drastiques dans nos attitudes sont possibles lorsqu’il s’agit de préserver la santé, la résilience et la sécurité de l’humanité. »

Pendant ce temps, les connaissances traditionnelles – tout comme le leadership des femmes autochtones – restent fondamentales pour la survie et le bien-être des communautés autochtones elles-mêmes.

Les femmes et les filles indigènes du monde entier meurent plus fréquemment pendant la grossesse ou l’accouchement que les autres femmes, et sont exposées à de plus forts risques de violence et de pratiques néfastes, y compris de violence sexuelle pendant les conflits armés, et d’exploitation par le travail. Cette vulnérabilité accrue provient des diverses formes d’oppression qu’elles subissent et qui se recoupent : discrimination et exclusion sur la base de leur genre ou de leur origine ethnique, pauvreté qui affecte beaucoup plus les communautés autochtones que les autres populations.

Ainsi, elles disposent d’un accès restreint aux services et aux opportunités essentielles, comme les services de santé sexuelle et reproductive, notamment la contraception et les soins de santé maternelle. Elles sont souvent exclues des processus décisionnels, non seulement dans les décisions politiques aux niveaux local, national et international, mais aussi dans celles qui concernent leur corps, leur vie ou leur famille.

Le savoir traditionnel éclaire les services essentiels

Pour défendre un accès total et égalitaire des femmes et filles autochtones à la santé sexuelle et reproductive et aux droits qui s’y rapportent, ainsi que pour leur garantir une vie libre de toute violence, l’UNFPA travaille avec des organisations autochtones, en particulier dirigées par des femmes, pour concevoir et mettre en œuvre des approches interculturelles en matière de santé sexuelle et procréative, de violence basée sur le genre et de pratiques néfastes.

De telles approches n’impliquent pas seulement une formation des agent·e·s de santé et des personnes travaillant dans les services sociaux pour combattre la discrimination et renforcer la sensibilité culturelle ; elles s’efforcent aussi de faire en sorte que les peuples autochtones, notamment les femmes et les filles qui en sont issues, jouent un rôle de premier plan dans la conception et l’application des politiques et des services.

Ces services répondent aux besoins des personnes parlant les langues autochtones traditionnelles, mobilisent les communautés et les familles, acceptent et accueillent les pratiques, technologies et médecines traditionnelles, et s’associent à des praticien·ne·s autochtones comme les accoucheuses traditionnelles.

« Les soins obstétriques traditionnels vont au-delà de l’aide à l’accouchement », explique Ledy Manuela Mosquera Moreno, infirmière et directrice de l’Association du réseau interethnique des obstétriciens et obstétriciennes du département de Chocó, un partenaire de l’UNFPA qui s’occupe des communautés autochtones et afrodescendantes de Colombie.  « Il s’agit de conseiller, d’accompagner, de guider les femmes, les familles et la communauté sur tous les sujets relatifs à la santé sexuelle et reproductive. »

Cette approche globale de la santé a été essentielle dans le succès des initiatives en matière de santé maternelle de l’UNFPA en Bolivie, au Pérou ainsi qu’aux Philippines. Des approches interculturelles dans la prise en charge de la violence basée sur le genre et les pratiques néfastes, quant à elles, en grande partie menées par des organisations autochtones féminines, ont été mises en place dans des pays tels que le Cameroun, le Mali, le Mexique et l’Ouganda.

Étayées par de forts liens avec les savoirs ancestraux, ces approches interculturelles respectent l’autonomie corporelle des femmes et filles autochtones, renforcent leur leadership et promeuvent l’autodétermination de leur communauté : cela sauve des vies et préserve les droits de la personne.

 

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