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Un grand nombre de femmes ne peuvent prendre de décisions concernant leur propre corps

10 Avril 2019
Author: UNFPA
Marta Paula, de Guinée-Bissau, a été hospitalisée lorsqu'elle a accouché à l'âge de 13 ans. Les médecins craignaient qu'elle décède. Aujourd'hui, elle demande que les jeunes aient accès à la planification familiale. © UNFPA / I. Barbosa
Marta Paula, de Guinée-Bissau, a été hospitalisée lorsqu'elle a accouché à l'âge de 13 ans. Les médecins craignaient qu'elle décède. Aujourd'hui, elle demande que les jeunes aient accès à la planification familiale. © UNFPA / I. Barbosa

NATIONS UNIES, New York – Les choix et les droits en matière de santé reproductive n’ont jamais été accessibles pour autant de femmes, établit le rapport phare de l’UNFPA État de la population mondiale 2019, qui vient d’être publié. Malgré ces progrès, beaucoup de femmes n’ont toujours pas la possibilité de prendre des décisions concernant leur propore corps.

Le rapport de l’UNFPA publie pour la première fois des données sur la possibilité des femmes de prendre des décisions dans trois domaines fondamentaux : le rapport sexuel avec leur partenaire, l’utilisation d’une contraception et les soins médicaux.

Sur les 51 pays où ces données sont disponibles, seules 57 % des femmes mariées ou en couple peuvent prendre leurs propres décisions dans ces trois domaines à la fois.

L’autonomie sexuelle et reproductive des femmes est la plus élevée aux Philippines et en Ukraine, où 81 % des femmes peuvent prendre ces décisions elles-mêmes.

Au contraire, au Mali, au Niger et au Sénégal, c’est la tendance inverse qu’on observe : seules 7 % des femmes ont cette possibilité dans les trois domaines identifiés.

Tefta Shakaj est une sage-femme en Albanie. Selon elle, les opportunités pour les femmes et
les filles se sont améliorées au cours des 25 dernières années. © UNFPA

« Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir avant que toutes les femmes et les filles aient le pouvoir et les moyens de prendre des décisions éclairées sur leur propre corps et leur santé sexuelle et reproductive », a déclaré la Directrice générale de l'UNFPA, Natalia Kanem.

L’histoire d’un progrès

Bien que ces chiffres soient préoccupants, ils représentent un progrès énorme dans l’histoire très longue de la santé reproductive et des droits qui s’y rapportent, déclare ce nouveau rapport, intitulé « Une Tâche Inachevée : La poursuite de l’acquisition des droits et des choix pour tous ».

Ce n’est qu’en 1968 que les dirigeants politiques ont affirmé pour la première fois dans une déclaration mondiale que les individus avaient le droit de « déterminer librement et de façon responsable le nombre d’enfants qu’ils auraient ainsi que l’espacement des naissances ».

De plus en plus de personnes ont pu exercer ce droit à mesure que les méthodes de planification familiale sont devenues plus accessibles et plus fiables.

Rasamee, de Thaïlande, dit que la planification familiale est facilement disponible et enseignée
régulièrement dans les écoles. © UNFPA / Lexicon

De plus, les femmes étant de plus en plus émancipées, elles ont pu prendre leurs décisions en matière de santé reproductive, ce qui a entraîné de nombreux avantages pour leur santé et leur bien-être économique.

Enfin, il y a 25 ans, les gouvernements du monde entier ont adopté un accord historique lors de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD), qui appelait à placer les droits des femmes et leur santé reproductive au centre des efforts de développement.

Depuis, l’accès à la planification familiale volontaire s’est accru. 58 % des femmes utilisent aujourd’hui des méthodes de contraception moderne, contre 52 % en 1994.

L’accès à des services de santé reproductive s’est également amélioré. Entre 1994 et 2015, le nombre de décès de causes liées à la grossesse est passé de 369 à 216 pour 100 000 naissances vivantes.

Un long chemin à faire

Ces progrès ne sont pas suffisants.

Charline subit un contrôle prénatal en Haïti. © UNFPA / M. Bradley

Selon le rapport, les groupes marginalisés sont ceux qui ont le plus de besoins non satisfaits dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive. Cela comprend notamment les minorités ethniques, les jeunes, les personnes non mariées, les personnes lesbiennes, gay, bisexuelles et intersexes, les personnes handicapées, et celles qui vivent dans la pauvreté.

Dans certaines circonstances, certain·e·s perdent même l’accès aux services nécessaires à l’exercice de leurs droits en matière de santé reproductive.

« Nous avons encore un long chemin à faire pour que toutes les femmes et les filles aient le pouvoir et les moyens de faire les choix qui impliquent leur corps, et de prendre des décisions éclairées sur leur santé sexuelle et reproductive », a déclaré le Dr. Natalia Kanem, directrice de l’UNFPA.

Le chemin vers Nairobi

Cette année, un quart de siècle après l’accord historique de la CIPD, le monde doit redoubler d’efforts pour réaliser la santé sexuelle et reproductive et les droits de tou·te·s.

En novembre prochain, le gouvernement du Kenya, le gouvernement du Danemark et l’UNFPA se rassembleront pour une conférence de haut niveau à Narobi. L’objectif sera de convaincre les dirigeants politiques, les gouvernements ainsi que de nombreux partenaires à se réengager pour la réalisation de ce programme.

« Le Sommet de Nairobi nous aidera à créer une large coalition de divers acteurs, pour protéger et faire progresser les objectifs de la CIPD », a déclaré le Dr. Kanem, « pour nous assurer que personne ne soit laissé pour compte ».