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En moldavie, les jeunes filles reçoivent le soutien nécessaire pour entrer dans la vie active

29 Octobre 2019
Author: UNFPA
Without the support and information, Iuliana* faced violence and early pregnancy. But with the right support, a brighter future is possible. © UNFPA Moldova/Anastasia Pirvu
Without the support and information, Iuliana* faced violence and early pregnancy. But with the right support, a brighter future is possible. © UNFPA Moldova/Anastasia Pirvu

Chisinau, RÉPUBLIQUE DE MOLDAVIE - Iuliana* n'a pas vraiment eu d'enfance. Née d’une famille pauvre dans un village isolé de Moldavie, elle a commencé à travailler très jeune. « Je travaillais dans une usine de volaille », a-t-elle confié à l'UNFPA. « J’avais l’impression d’avoir 15 ans [à cause des responsabilités et du dur labeur], alors que je n'en avais que 10. » 

Iuliana était presque toujours seule; ses parents travaillaient beaucoup, et n’étaient pas là pour la conseiller, en particulier sur les questions liées à la puberté et aux relations intimes. À l'école, elle n’a reçu que peu d'informations sur ces propos. 

À 15 ans, Iuliana est tombée enceinte. Elle dit qu'elle avait peur de demander à son petit ami de se protéger, il avait quatre ans de plus qu’elle. Ses craintes étaient fondées: il lui arrivait parfois d’être violent avec elle.

« Ce n'était pas ce que je voulais. Je rêvais d'autre chose », a-t-elle dit. « Je rêvais de poursuivre mes études, d'être indépendante. »

« Nous voulons que toutes les filles et les femmes vivent dans la dignité et sans abus », a déclaré Natalia Plugaru, représentante adjointe de l’UNFPA en Moldova. © UNFPA Moldova / Eduard Bizgu

Aujourd'hui, Juliana est mère d'un jeune fils qu'elle aime beaucoup. Cependant, elle aurait souhaité que les choses se soient passées différemment. 

« Je voulais avoir un enfant, mais plus tard, en étant capable de subvenir à ses besoins. Je n'avais jamais pensé devenir mère à 15 ans. »

Faire face à de grands défis

« Je pense souvent que si ma famille ou une autre personne m’avait soutenue, je ne me serais pas retrouvée dans cette situation », a-t-elle déclaré.

Les filles comme Iuliana font face à de grands défis: celles qui naissent dans la pauvreté sont beaucoup plus susceptibles que leurs pairs, plus riches, de tomber enceintes. Souvent, les filles qui tombent enceintes abandonnent leurs études et deviennent encore plus pauvres.

La grossesse à l'adolescence peut aussi comporter plus de risques. Les complications de la grossesse et de l'accouchement sont la principale cause de décès chez les filles âgées de 15 à 19 ans

Iuliana reçoit de l'aide d'un centre de santé local adapté aux jeunes. © UNFPA Moldova / Anastasia Pirvu

Iuliana a eu de la chance: elle a réussi à terminer ses études secondaires, contrairement à beaucoup d'autres mères adolescentes. 

Mais aujourd'hui, à 17 ans, elle a toujours le sentiment que ses perspectives sont réduites.

Elle n'a pas de travail. Elle habite dans la maison de son petit ami, accomplissant les tâches ménagères et prenant soin de son père malade.

Elle subit encore la violence de son partenaire.

Un chemin différent

Lorsque les filles ont accès aux informations et au soutien appropriés, leur vie est souvent très différente.

Sur papier, Ana-Maria Odobescu a beaucoup en commun avec Iuliana: toutes deux ont 17 ans et sont originaires du centre de la Moldavie. Comme Iuliana, Ana-Maria était une étudiante dévouée ayant de nombreuses responsabilités domestiques.

Mais Ana-Maria a été conseillée par sa famille et, surtout, elle a eu accès à des informations sur sa santé et ses droits.

Sur le papier, Ana-Maria Odobescu a beaucoup en commun avec Iuliana. Mais sa vie s’est avérée très différente. Avec l’autorisation d’Ana-Maria Odobescu

Elle a participé au programme Y-PEER, soutenu par l’UNFPA, un réseau par lequel les jeunes se familiarisent avec leur corps, leur santé et leurs droits fondamentaux. Ils se soutiennent également par l’apprentissage entre pairs. 

Ana-Maria est devenue une dirigeante de sa communauté. Tous les week-ends, elle se rend dans les centres communautaires des districts voisins pour parler à d'autres jeunes de la nécessité  de bien se comporter et de défendre leurs droits. 

« Même si préparer les réunions du week-end prend beaucoup de temps et que je me couche tard tous les jours, mes batteries sont complètement chargées parce que je fais ce que j'aime et que je sens que je muris », a-t-elle déclaré.  

Elle veut que toutes les filles aient les mêmes chances. « J'exhorte toutes les jeunes femmes à se faire confiance et à construire leur avenir sans se soucier des stéréotypes et autres obstacles. »

Ana-Maria est devenue une chef de file dans sa communauté, faisant la promotion de la santé et de l'autonomisation des jeunes. © UNFPA Moldova / Dan Gutu

« Investir maintenant »

« Les rêves et le potentiel de ces filles sont similaires, mais en raison de leur situation, leurs vies sont différentes », a déclaré Natalia Plugaru, représentante adjointe de l’UNFPA en Moldavie.

« Nous voulons que toutes les filles et les femmes mènent une vie digne, sans abus, et aient des enfants quand elles le désirent. Pour cela, nous devons investir dans leur éducation et leur santé dès le plus jeune âge et soutenir leurs choix », a-t-elle ajouté. 

L’UNFPA travaille avec le gouvernement et les autorités locales pour élaborer des cours complets d'éducation à la sexualité, et mettre en œuvre une stratégie nationale de lutte contre la violence basée sur le genre. En 2018, l’UNFPA a rejoint plus de 17 000 jeunes en Moldavie par le biais de programmes scolaires, de séances d'information entre pairs et d'activités éducatives extrascolaires.

Pour soutenir Iuliana, l’UNFPA l'a également dirigée vers un centre de santé local adapté aux jeunes, où elle peut accéder à un large éventail de services, notamment de conseil, de soins médicaux et de planification familiale gratuite. 

Aujourd'hui, elle a de l'espoir pour son avenir et celui de son fils. « Mon plus grand rêve est d’apprendre un métier, et ainsi pouvoir subvenir à mes besoins et à ceux de mon fils », a-t-elle déclaré.  

                                                                                                                    –Irina Lipcanu

* Le nom a été changé pour des raisons de protection et de confidentialité

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