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Au Malawi, les besoins des femmes enceintes s’accentuent après les dégâts causés par la tempête Ana

Au Malawi, les besoins des femmes enceintes s’accentuent après les dégâts causés par la tempête Ana
Des kits dignité contenant des serviettes hygiéniques, du savon et des sous-vêtements aident les femmes et les filles affectées par la tempête Ana à assurer leur hygiène et à réduire leur risque d’exposition à la violence. © UNFPA
  • 16 Février 2022

DISTRICT DE NSANJE, Malawi – « La perspective d’un autre cyclone était terrifiante », raconte Monica, qui vit à Mbenje dans le district de Nsanje (Malawi). « Nous avions déjà vécu cela avec les cyclones Idai puis Kenneth. Il nous avait fallu tout reprendre à zéro. »
 
Ce dimanche de début février 2022, le bruit s’était répandu dans le village qu’un puissant cyclone avait frappé le Mozambique voisin, et le temps s’est brusquement assombri. Pendant près de six heures, des pluies torrentielles et des vents violents ont ravagé Mbenje. C’était la tempête tropicale Ana, arrivée au Malawi.
 
« J’ai regardé dehors, et j’ai vu l’eau qui montait. Vu ce qu’on avait déjà vécu, j’ai su qu’il fallait partir », explique Monica, qui est enceinte de six mois. « J’ai alerté mon mari qui a rapidement rassemblé les enfants. »

Une femme avec deux enfants
Monica, qui a déjà dû tout reconstruire après les cyclones Idai et Kenneth en 2019, a tout perdu à nouveau dans la tempête Ana. Elle tient ici ses deux enfants dans son nouveau foyer temporaire, le camp de Nyambese, dans le district de Nsanje. © UNFPA

Avec sa famille, Monica a marché péniblement sous la pluie et dans la boue toute une nuit jusqu’au camp de Nyambese, l’un des 27 refuges temporaires qui se sont établis dans le district de Nsanje, et qui accueillent aujourd’hui les personnes touchées par la tempête.
 
Le jour suivant, Monica et son mari ont refait les cinq kilomètres en sens inverse jusqu’à leur village pour voir s’ils pouvaient sauver certaines affaires dans leur maison. Leurs pires craintes se sont confirmées. Leur maison était à présent une profonde mare d’eau remplie de gravats, les céréales alimentaires avaient disparu, et leurs animaux avaient été emportés par les flots. « Après avoir constaté l’ampleur des dégâts, j’ai su que le camp de Nyambese resterait notre foyer jusqu’à la fin de l’inondation », dit Monica d’un ton las.

Des vies et des foyers détruits 

La tempête tropicale Ana a laissé dans son sillage de terribles dégâts au Malawi, surtout dans les districts du sud comme ceux de Nsanje, de Phalombe, de Mulanje et de Chikwawa. Les inondations ont coupé les routes, faisant obstacle aux secours, tandis que les infrastructures électriques du pays ont été endommagées, ce qui provoque de fréquentes coupures de courant.
 
Dans le district de Nsanje, plus de 55 000 personnes vivent désormais dans des camps temporaires. Parmi elles, Monica, qui attend son troisième enfant pour mai, et près de 1 500 autres femmes enceintes. Obligées de partager les sanitaires et ne disposant que de très peu d’intimité, femmes et filles sont plus vulnérables aux violences physiques et sexuelles, dans un pays où une sur trois est déjà victime de violence basée sur le genre.

Les déplacements restreints par les inondations et les coupures d’électricité affectent la dispense des soins de santé sexuelle et procréative ; la majorité des établissements de santé du district de Nsanje, c’est-à-dire 21 sur 24, sont en grande difficulté et n’arrivent pas à fournir correctement leurs services. Trois nouveau-nés sont déjà morts dans ce district, à cause de l’impossibilité de faire marcher les couveuses sans électricité. La quantité de fioul pour le générateur de l’hôpital du district et celle des médicaments essentiels de santé maternelle vont en s’amenuisant.

Remettre en route les services de santé sexuelle et reproductive  

L’UNFPA et ses partenaires sont allés sur le terrain dès les premiers jours qui ont suivi la catastrophe. À ce jour, 6 600 kits dignité contenant des produits essentiels d’hygiène (serviettes hygiéniques, savon et sous-vêtements) ont été distribués aux femmes et aux filles à Nsanje et Chikwawa. Des réparations ont été effectuées sur le générateur de l’hôpital du district de Nsanje, ce qui a permis à l’établissement de retrouver l’électricité. Des projets sont en cours pour livrer des kits de santé reproductive – contenant des fournitures médicales et non médicales, des médicaments de santé maternelle et des contraceptifs – aux communautés touchées des deux districts.

« Notre priorité immédiate après ce désastre est de remettre en route des services de qualité en matière de santé sexuelle et reproductive et de protection », explique Young Hong, responsable UNFPA au Malawi. « Alors que les événements climatiques extrêmes deviennent de plus en plus fréquents dans la région, l’aide de l’UNFPA à la relance des activités doit se concentrer sur le renforcement des systèmes et la résilience des communautés affectées, en particulier des femmes et des filles. »

Pour Monica, le chemin sera encore long et difficile. Elle fait face à la perspective de devoir reconstruire à nouveau sa maison et sa vie. Pourtant, aujourd’hui, sa plus grande inquiétude concerne son enfant à naître. « J’ai tout perdu, même mon passeport de santé », explique-t-elle, prenant sa tête entre ses mains tremblantes. « Je devais me rendre dans une clinique prénatale cette semaine, mais il est impossible d’aller jusqu’au centre de santé. Les routes sont encore inondées et en mauvais état. »

 

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