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Journée mondiale de la population

11 Juillet 2022

Global

En 2011, le monde avait atteint une population de 7 milliards d’individus. Cette année, ce nombre s’établira à 8 milliards, ce qui déclenchera sans aucun doute beaucoup de réactions. Certain·e·s s’émerveilleront des progrès dans la santé qui ont fait augmenter l’espérance de vie, réduit la mortalité maternelle et infantile, et permis le développement de vaccins en un temps record. D’autres feront l’éloge des innovations technologiques qui nous facilitent la vie et nous connectent plus que jamais les un·e·s aux autres. D’autres encore annonceront des progrès en matière d’égalité des genres.

Toutefois, le progrès n’est pas universel et fait au contraire nettement apparaître les inégalités. Des femmes meurent encore en couches. Les écarts entre les genres restent béants. La fracture numérique déconnecte plus que les autres les femmes et les personnes vivant dans des pays en développement. Plus récemment, on a pu constater la distribution toujours inégale des vaccins contre la COVID-19. Les préoccupations et difficultés déjà abordées il y a 11 ans restent d’actualité et ont parfois empiré : changements climatiques, violences, discriminations. En mai dernier, la planète a atteint le sinistre record de plus de 100 millions de personnes dans le monde déplacées de force.

Des voix alarmistes s’affoleront, déclarant que le monde est au bord d’une surpopulation désastreuse ou bien qu’un effondrement démographique nous guette. Ces deux types d’opinions proposeront sans doute des mesures pour réduire ou renforcer l’accroissement de la population. Pourtant, l’établissement d’objectifs chiffrés de population n’a jamais fait ses preuves. Au contraire, il n’a souvent pour effet que de saper les droits de la personne, notamment les droits reproductifs, forçant les femmes à avoir plus ou moins d’enfants sans se soucier de leur volonté, ou les privant des informations et services nécessaires pour prendre cette décision, au mépris du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement.

Pour la toute première fois de notre histoire, nous constatons une extrême diversité dans l’âge médian des pays et dans les taux de fécondité des populations. Tandis que dans de plus en plus de pays, la population vieillit, et que plus de 60 % de la population mondiale vit dans des pays où le taux de fécondité est inférieur à 2,1 enfant par femme, soit le seuil nécessaire au renouvellement démographique, d’autres pays présentent de fortes populations jeunes et continuent leur accroissement démographique.

Il nous faut nous concentrer sur les personnes, pas sur la population. Réduire les individus à des chiffres les déshumanise. Au lieu d’adapter les chiffres à des systèmes, adaptons les systèmes aux chiffres, en défendant la santé et le bien-être des personnes. 

Selon le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, « même si le rythme de l’accroissement de la population mondiale devrait continuer à décliner dans les prochaines décennies, la population mondiale sera probablement 20 à 30 % plus nombreuse en 2050 qu’elle ne l’était en 2020. Il est fondamental de disposer d’estimations précises des tendances démographiques et de prévisions fiables des changements à venir, y compris en matière de taille de population et de répartition par âge, sexe et lieu, pour formuler des politiques et les mettre en œuvre, ainsi que pour aider les différents pays à adopter la voie du développement durable. »

Ainsi, si la fécondité chute, ne serait-ce pas parce que les éventuels parents s’inquiètent des moyens de nourrir une famille, de la possibilité de trouver un logement abordable, ou des conséquences d’un congé maternité sur la carrière d’une femme ? Si la fécondité augmente, est-ce réellement par choix ou est-ce parce que les femmes n’ont ni les informations sur la contraception moderne ni accès à celle-ci ? Faire en sorte que tous les individus soient pris en compte peut permettre aux gouvernements de mieux évaluer les besoins d’une population qui évolue, et de prendre en charge ces besoins de façon plus sûre, pour assurer la résilience démographique.

Dans un monde idéal, 8 milliards de personnes signifieraient 8 milliards d’opportunités pour des sociétés plus saines, autonomisées par leurs droits et leurs choix. Toutes et tous n’ont pourtant jamais été à armes égales. Que ce soit sur la base de leur genre, de leur appartenance ethnique, de leur classe sociale, de leur religion, de leur orientation sexuelle, de leur handicap ou de leur origine (entre autres), trop de personnes sont encore exposées à des discriminations, du harcèlement et de la violence. Négliger celles et ceux qui sont laissé·e·s pour compte nous porte préjudice.

Aucun titre alarmiste ne doit nous détourner du travail qui nous reste à faire : investir dans le capital humain et physique, pour des sociétés inclusives et productives qui défendent les droits humains et reproductifs. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons faire face aux énormes difficultés qui attendent notre planète, et construire un monde où la santé, la dignité et l’éducation sont des droits et des réalités, pas seulement des privilèges et des promesses creuses. Dans un monde aux 8 millions d’individus, la place doit être faite aux possibilités.

 

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