16 Février 2024

Près de 1,5 million de personnes, dont des dizaines de milliers de femmes enceintes, de jeunes mères et de nouveau-nés sont désormais amassé·e·s à Rafah, la ville la plus méridionale de Gaza, cherchant désespérément à se protéger de la guerre. Entassée et n’ayant nulle part où aller, cette population est terrifiée par la perspective d’opération militaires supplémentaires à Rafah.

Une véritable catastrophe de santé publique s’aggrave de jour en jour à cause des bombardements et de la rareté de l’aide humanitaire. Près de 500 000 cas de maladies contagieuses ont été rapportés, dont méningite et violentes diarrhées. Les fausses couches semblent beaucoup plus fréquentes qu’avant le début de la guerre, et dans de nombreux cas, les césariennes, amputations et autres interventions chirurgicales ne se font que sous anesthésie partielle par manque de produits et de matériel. La totalité de la population de Gaza souffre de la faim, dont 50 000 femmes enceintes ; la malnutrition les expose aux maladies, dont elles guérissent moins bien.

L’UNFPA et ses partenaires proposent leur aide dans cette crise dévastatrice, mais elle ne suffit pas : nous ne disposons pas de l’accès nécessaire pour aider toutes les femmes qui en ont besoin. Les opérations militaires à Rafah rendraient l’aide humanitaire encore plus difficile, mettant « une initiative humanitaire déjà fragile en danger de mort », a déclaré Martin Griffiths, sous-secrétaire des Nations Unies aux affaires humanitaires. 

Un cessez-le-feu humanitaire doit être déclaré pour mettre fin à ce bombardement intense et brutal de Gaza, pour libérer tous les otages encore en captivité, et pour permettre la livraison intégrale d’aide humanitaire afin d’aider les personnes qui en ont besoin, sur tout le territoire.

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Suhad Matar, 36 ans, qui a quitté le nord pour le sud de Gaza pour se mettre à l’abri, a dû fuir la violence et la destruction (le logement où elle vivait avec sa famille a été bombardé) à de nombreuses reprises. UNICEF/Eyad El Baba
« Ma famille et moi avons miraculeusement pu sortir des décombres », raconte Suhad à l’UNFPA. « Cela a été dur d’arriver jusqu’à Rafah. C’est épuisant de marcher si longtemps lorsqu’on est enceinte. »
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© UNFPA Palestine/Bisan Ouda
« Aujourd’hui, je dois subir une césarienne […] Chaque fois qu’il pleut, la tente prend l’eau et les lits sont trempés. Il leur faut deux à trois jours pour sécher. Ce qui m’inquiète le plus, c’est comment je vais pouvoir tenir mon bébé au chaud quand elle naîtra », explique Suhad. « J’ai choisi Juman comme prénom. Ça veut dire “perle”. »

« Une terreur inimaginable – c’est ce qui me fait le plus souffrir, cette terreur extrême. » – Suhad, 36 ans

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© UNICEF/Eyad El Baba
Suhad fait partie des personnes qui cherchent un refuge à Rafah ; on estime leur nombre à 1,5 million. La plupart vit dans une immense ville de tentes, et compte une majorité d’enfants qui n’ont pas assez à manger. La famine menace de s’abattre à tout moment.
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Des enfants regardent des femmes préparer du pain devant une tente. © UNFPA Palestine/Bisan Ouda
À Gaza, tout le monde a faim, y compris les 50 000 femmes enceintes.
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© UNICEF/Eyad El Baba
Taline, 11 ans, vit désormais avec sa famille dans un camp pour personnes déplacées à Rafah. Chaque jour, elle fait au moins trois heures de queue pour avoir de l’eau.
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« Il n’y a pas assez de couveuses : au moins quatre bébés en partagent une seule », explique le Dr Ahmed Al Shaer, pédiatre à la maternité Al-Helal Al-Emirati. « Malheureusement, la plupart meurt. » © UNFPA Palestine/Bisan Ouda
À la maternité Al-Helal Al-Emirati de Rafah, 77 bébés se partagent 20 couveuses.
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L’UNFPA a fourni des produits essentiels à la maternité Al-Helal Al-Emirati, notamment pour la santé reproductive, maternelle et néonatale. Cela permettra de renforcer les capacités de l’établissement. © UNFPA Palestine/Bisan Ouda
Selon une sage-femme, cette maternité compte jusqu’à 78 accouchements par jour.
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On ne sait pas toujours qui sont les parents des enfants déposés à l’hôpital, ni s’ils sont morts ou disparus. Les agent·e·s de santé espèrent un jour réunir parents et enfants. © UNFPA Palestine/Bisan Ouda
Les agent·e·s de l’hôpital s’occupent des enfants dont les parents sont morts ou disparus.

« La situation à Gaza dépasse nos pires cauchemars, et elle empire. » – Dominic Allen, représentant de l’UNFPA dans l’État de Palestine

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Des enfants palestiniens brandissent des pancartes lors d’une manifestation à Rafah, le 14 février, exigeant la fin de la guerre et défendant leur droit à la vie. © Ahmad Hasaballah/Getty Images
« Nous refusons de mourir. »
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Le personnel médical signale des taux de fausses couches plus élevés qu’avant la guerre. © UNFPA Palestine/Bisan Ouda
« La terreur et l’anxiété provoquent des contractions de l’utérus, ce qui entraîne des naissances prématurées », souligne le Dr Al Shaer.
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Le manque de matériel affecte toute la bande de Gaza et surtout le nord. Samaa, 17 ans, n’a bénéficié que d’une anesthésie partielle pour son accouchement par césarienne. © UNFPA Palestine/Bisan Ouda
« Je ne voulais pas accoucher pendant une guerre, dans des circonstances aussi difficiles », raconte Samaa.
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© UNFPA
L’UNRWA reste le pilier de l’intervention humanitaire et joue un rôle fondamental dans la distribution de produits à la population.

Les décisions de suspendre les financements à l’UNRWA doivent être révoquées. Abandonner l’UNRWA aujourd’hui revient à abandonner Gaza à son sort. © UNFPA
 

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« Une jeune fille qui avait dû fuir a connu ses premières règles pendant son déplacement », explique Fahima Ebeid, coordonnatrice de projets pour l’UNFPA. « Pour elle, recevoir un kit dignité au refuge était essentiel. » © UNFPA Palestine/Bisan Ouda
Gaza compte 690 000 femmes et filles en âge d’être menstruées.
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© UNFPA Palestine/Bisan Ouda
« Notre vie n’a plus rien à voir avec celle que nous avions avant la guerre », constate Seba, 28 ans.
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© UNICEF/Abed Zaqout
« J’espère que la guerre va prendre fin et que l’été prochain, je pourrai aller profiter de la mer avec ma famille », déclare Hadeel, 8 ans, qui vit dans un refuge sur la plage à Rafah.
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© UNICEF/Omar Al-Qattaa
« La situation à Gaza est une plaie ouverte pour notre conscience collective, qui menace la région tout entière », a déclaré António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies.

M. Guterres a poursuivi : « Rien ne justifie les horribles attaques terroristes lancées par le Hamas contre Israël le 7 octobre dernier. Rien ne justifie non plus la punition collective de la population palestinienne. Pourtant, les opérations militaires israéliennes ont semé la mort et la destruction à Gaza, à une échelle et à une vitesse jamais vues depuis ma prise de fonctions en tant que Secrétaire général. »

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