Déclaration

Une crise dans la crise : en pleine pandémie de COVID-19, l'abandon des mutilations génitales féminines n'aura pas lieu sans augmentation des investissements

01 Février 2022

RU ZH AR

Déclaration conjointe du Dr Natalia Kanem, Directrice exécutive de l’UNFPA, et de Catherine Russell, Directrice exécutive de l'UNICEF, pour la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines

NEW YORK, le 6 février 2022 – « De multiples crises simultanées exposent des millions de filles à un risque plus élevé d'être victimes de mutilations génitales féminines». 

Dans les pays déjà confrontés à une hausse de la pauvreté, des inégalités et des conflits, la pandémie de COVID-19 fait planer une menace supplémentaire sur des années de progrès en matière d'abandon de cette pratique, déclenchant une crise dans la crise pour les filles les plus vulnérables et les plus marginalisées dans le monde. 

Selon les estimations, le nombre de filles susceptibles d'être excisées entre 2015 et 2030 s'élevait déjà à 68 millions avant même que la COVID-19 ne se propage. À mesure que la pandémie continue d'entraîner la fermeture des écoles et de perturber les programmes qui contribuent à protéger les filles de cette pratique néfaste, la prochaine décennie pourrait être le théâtre de plus de deux millions de cas de mutilations génitales féminines supplémentaires. 

Il est attendu que la croissance rapide de la population dans certains pays ajoute encore au nombre de filles à risque, ce qui accentue le caractère urgent de la lutte mondiale pour abolir cette pratique d'ici 2030, tel que prévu par les Objectifs de Développement Durable (ODDs).

Les mutilations génitales féminines nuisent au corps, à la vie et à l'avenir des filles.  Elles constituent également une violation de leurs droits humains.  Seule une action conjointe, concertée et suffisamment financée peut mettre fin à cette pratique dans le monde entier. 

Alors que la communauté internationale adopte des programmes destinés aux filles et aux femmes touchées par la pandémie, il existe un besoin pressant de renforcer les investissements pour mettre fin aux mutilations génitales. Afin d'enrayer cette pratique dans 31 pays hautement prioritaires, environ 2,4 milliards de dollars doivent être investis, en particulier dans les domaines suivants :

  • L'autonomisation des filles et des femmes, et la mise en œuvre d'interventions et de services adéquats pour les victimes actuelles et potentielles de mutilations génitales féminines ;  
  • La conclusion de partenariats et la mobilisation d'alliés – y compris des hommes et des garçons, des groupes de femmes, des responsables communautaires et même d'anciens auteurs de mutilations génitales féminines – afin de favoriser l'abandon de la pratique ;
  • L'élaboration et l'application de lois nationales et le renforcement des institutions.
     

Jusqu'à présent, les avancées ont été claires et mesurables. Le risque que les filles soient victimes de mutilations génitales féminines a été réduit d'un tiers en 30 ans. Au cours des deux dernières décennies, la proportion de filles et de femmes qui s'opposent à cette pratique dans les pays où elle est largement répandue a doublé. 

Ces progrès encourent actuellement un risque sans précédent. La communauté internationale doit s'efforcer d'entretenir l'élan pris par la lutte contre les mutilations génitales féminines et tirer parti d'années de progrès pour mettre entièrement fin à cette pratique néfaste.   

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Notes à la Rédaction 
Le Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur les mutilations génitales féminines lutte contre cette pratique au moyen d'interventions menées dans les 17 pays où elle est courante. Il permet d'offrir aux filles et aux femmes des possibilités d'exercer leurs droits en matière de santé, d'éducation, de revenus et d'égalité, afin de contribuer à briser les déséquilibres de pouvoir qui sous-tendent cette pratique néfaste.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter :
Helen Wylie, UNICEF New York, tél. : +1 917 244 2215, hwylie@unicef.org
Zina Alam, UNFPA New York, tél. : +1 929 378 9431, zialam@unfpa.org 

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