Déclarations

S’engager à mettre fin à la violence basée sur le genre d’ici 2030

25 Novembre 2017

Déclaration du Dr Natalia Kanem, Directrice exécutive de l’UNFPA,
à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes
25 novembre 2017

Les réfugiés rohingyas fuyant vers le Bangladesh ont livré des témoignages effroyables de violences sexuelles. Une femme en particulier, Shakila*, a déclaré avoir été violée après avoir été contrainte d’assister au meurtre de son mari et de sa fille encore bébé.

La violence sexuelle et sexiste s’intensifie souvent en période de crise. Lutter contre la violence à l’égard des femmes dans les situations de crise humanitaire et les contextes de développement constitue une priorité de l’UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour la population.

Cependant, la violence basée sur le genre ne pose pas seulement problème en période de crise : elle est présente partout, au quotidien. Dans le monde, une femme sur trois a déjà subi des violences.

La violence basée sur le genre ainsi que les pratiques préjudiciables, telles que le mariage des enfants et la mutilation génitale féminine, constituent des violations des droits fondamentaux qui privent les femmes de leur avenir et nuisent à leur santé et à leur bien-être.

L’UNFPA s’est engagé à éliminer la violence basée sur le genre et les pratiques préjudiciables d’ici à 2030, année à laquelle les objectifs de développement durable des Nations Unies devront être atteints.

Le Fonds s’attaque aux effets physiques et émotionnels de la violence sexiste et promeut le droit de toutes les femmes et de toutes les filles de vivre à l’abri de la violence et de la maltraitance. Pour la seule année 2016, les services de l’UNFPA ont atteint plus de 11 millions de personnes dans 54 pays.

Dans les 155 pays au sein desquels il intervient, le Fonds concentre ses efforts sur les femmes les plus pauvres, les plus vulnérables et les plus exclues, à l’image de Shakila, qui a bénéficié de soins médicaux et de conseils prodigués par un centre soutenu par l’UNFPA à Cox’s Bazar, au Bangladesh.

En aidant d’abord les plus défavorisés, le Fonds contribue également à corriger d’autres dimensions de l’inégalité, comme en témoigne notre dernier rapport État de la population mondiale intitulé « Des mondes à part : santé reproductive et droits en matière de reproduction à une époque marquée par les inégalités ».

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, l’UNFPA, ses partenaires et des millions de personnes dans le monde entier donnent le coup d’envoi à « 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre » en vue de sensibiliser l’opinion sur l’épidémie mondiale que constitue la violence à l’égard des femmes et des filles. Cette année, le lancement de la campagne intervient alors que de plus en plus de femmes dans le monde prennent la parole pour dénoncer haut et fort le harcèlement et la violence sexuels, et que leur persévérance leur vaut d’être enfin entendues. 

Aujourd’hui, unissons nos voix à celles qui exigent un changement.

J’en appelle aux gouvernements, à la société civile et aux communautés à se joindre aux efforts de l’UNFPA en vue d’éliminer la violence et les pratiques préjudiciables d’ici à 2030. Nous devons éradiquer ce fléau, mettre fin à l’impunité et ne laisser personne de côté.

*Nom changé pour préserver l'anonymat