Nommée par le Secrétaire général de l’ONU António Guterres, la Dr Natalia Kanem a été la directrice exécutive de l’UNFPA d’octobre 2017 à juillet 2025, faisant profiter l’agence de ses dizaines d’années d’expérience en direction stratégique dans la médecine préventive, la santé publique et reproductive, la justice sociale et la philanthropie.
La Dr Kanem a commencé sa carrière de chercheuse dans le monde universitaire au sein des écoles de médecine et de santé publique de Johns Hopkins et de l’Université de Columbia. Elle a rejoint l’UNFPA en 2014 en tant que représentante nationale en République unie de Tanzanie, puis a été nommée en 2016 directrice exécutive adjointe en charge des programmes. Elle avait par le passé été présidente et fondatrice d’ELMA Philanthropies Inc., un organisme philanthropique centré sur les enfants et les jeunes d'Afrique, mais aussi associée principale du Lloyd Best Institute of the West Indies.
Au sein de la Ford Foundation, de 1992 à 2004, elle a financé des travaux pionniers sur la santé reproductive des femmes et leurs droits, d’abord en Afrique de l’Ouest, puis, en tant que vice-présidente adjointe pour les programmes de paix et de justice sociale, en Afrique, en Asie, en Europe de l’Est, en Amérique latine et en Amérique du Nord.
La Dr Kanem est titulaire d’un diplôme de médecine de l’Université de Columbia, et d’un master en santé publique avec spécialisations en épidémiologie et en médecine préventive de l’Université de Washington. Elle est diplômée (mention très bien) de l’Université de Harvard en histoire et en sciences.
En 2019, la Dr Kanem a présidé le Sommet de Nairobi sur la CIPD25, qui a marqué le 25e anniversaire de la Conférence internationale sur la population et le développement. Nommée dans la liste 2019 « Gender Equality Top 100 » d’Apolitical, une plateforme en ligne pour les fonctionnaires et décisionnaires politiques du monde entier, la Dr Kamen est reconnue pour son leadership dans la défense des droits et des choix des femmes et des filles, et considérée comme l’une des personnes les plus influentes dans l’élaboration de politiques mondiales sur la santé sexuelle et reproductive et les droits connexes à l’ère des Objectifs de développement durable.
(6 février 1949 – 4 juin 2017)
Nommé par le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, le Dr Babatunde Osotimehin a été directeur exécutif de l’UNFPA de janvier 2011 jusqu’à son décès en juin 2017. Médecin et leader mondial dans les domaines de la santé publique et de l’autonomisation des femmes et des jeunes, il se consacrait en particulier à la promotion des droits humains en matière de démographie et de développement.
Il avait compris que la cohorte de jeunes la plus large de tous les temps était le meilleur espoir qu’avait le monde, et que permettre à ces jeunes (aux adolescentes en particulier) d’exercer leurs droits et de réaliser leur plein potentiel serait la clé d’une croissance économique et d’un développement durables. Il militait au niveau mondial pour que les pays se saisissent de l’opportunité que représentait le dividende démographique pour l'accélération de leur développement, en appelant à investir de manière plus soutenue dans l’emploi, l’éducation et la santé des jeunes, notamment leur santé sexuelle et reproductive.
Le Dr Osotimehin avait terminé ses études à l’Université d’Ibadan (Nigeria) en 1972, et obtenu un doctorat en médecine à l’Université de Birmingham (Royaume-Uni) en 1979. Il fut nommé professeur à l’Université d’Ibadan en 1980 où il dirigea le département de Pathologie clinique avant d’être élu prévôt de la faculté de médecine en 1990.
Avant de devenir directeur exécutif de l’UNFPA, il fut ministre de la Santé du Nigeria ainsi que directeur général de l’Agence nationale de contrôle du VIH et du sida, qui coordonne tout le travail relatif au VIH/sida au Nigeria.
Nommée par le Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, Thoraya Ahmed Obaid a été directrice exécutive de l’UNFPA de janvier 2001 à décembre 2010, devenant ainsi la première personne d’Arabie saoudite à diriger une agence de l’ONU.
Mme Obaid avait déjà une longue carrière au sein des Nations Unies : elle avait travaillé pour la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale de 1975 à 1998, où elle avait gravi les échelons jusqu’à devenir secrétaire exécutive adjointe. En 1998, elle est entrée à l’UNFPA comme directrice de ce qui était alors la Division pour les États arabes et l’Europe, un poste qu’elle a occupé jusqu’en 2001, lors de sa prise de poste en tant que directrice exécutive.
Mme Obaid a été la première femme d’Arabie saoudite à bénéficier d’une bourse gouvernementale pour entrer dans une université des États-Unis, en 1963. Elle est titulaire d’un doctorat en littérature anglophone et en anthropologie culturelle de la Wayne State University ainsi que d’un B.A. en littérature anglophone et en sociologie du Mills College.
Mme Obaid a reçu de nombreux prix et distinctions. Elle a fait partie des 50 femmes arabes les plus puissantes nommées par le magazine Forbes en 2004. Elle est également listée parmi les « 100 personnes musulmanes ayant contribué à la civilisation et à la culture mondiales » dans Notable Muslims, un livre publié à Oxford (Angleterre) en 2006.
Tout au long de sa vie, Mme Obaid a défendu les causes de la santé et de l’autonomie pour les femmes et les jeunes. Elle s’est concentrée sur l’aide aux gouvernements afin qu’ils établissent des programmes d’autonomisation des femmes et du développement de leurs capacités, en tant que citoyennes ayant des droits et des responsabilités. Elle a également souligné l’importance de promouvoir le développement à travers une approche adaptée aux différentes cultures, en travaillant dans le contexte de chaque société, en prenant en compte les valeurs culturelles et les croyances religieuses qui façonnent les individus et leurs actions. En tant que directrice exécutive de l’UNFPA, elle a introduit un axe culturel dans le travail de développement de l’agence, faisant le lien entre le genre et les valeurs universelles de droits humains et de valeur humaine que portent toutes les religions, dans toutes les cultures.
(18 août 1929 – 14 août 2022)
Nommée par le Secrétaire général de l’ONU Javier Pérez de Cuéllar, la Dr Nafis Sadik a été directrice de l’UNFPA d’avril 1987 à décembre 2000, devenant la première femme à diriger l’un des plus grands programmes de l’ONU financés sur la base du volontariat.
Après avoir quitté son poste à l’UNFPA, elle fut conseillère spéciale du Secrétaire général de l’ONU et son envoyée spéciale chargée du VIH/sida en Asie-Pacifique.
Tout au long de sa vie, la Dr Sadik a attiré l’attention sur l’importance de répondre aux besoins des femmes, et de les impliquer directement dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques de développement. Cet aspect se révèle particulièrement important en matière de politiques et de programmes concernant la population.
En juin 1990, elle fut nommée secrétaire générale de la Conférence internationale sur la population et le développement. Sur cette conférence historique de 1994, elle déclarait : « lorsque les besoins essentiels de l’individu sont remplis, ceux des groupes plus larges – la famille, la communauté, la nation et même la planète – sont plus susceptibles de conserver une juste perspective. L’un des défis de cette conférence est de trouver l’équilibre entre les droits et les responsabilités individuelles d’une part, et d’autre part les droits et les obligations de la société au sens large ».
Citoyenne pakistanaise, la Dr Sadik était née à Jaunpur (Inde), d’Iffat Ara et Mohammad Shoaib. Sa contribution à l’amélioration de la santé des femmes et enfants du monde entier lui a valu de recevoir de nombreux prix et distinctions.
Elle était membre du conseil d’administration de la Foundation for Human Development et membre de la South Asian Commission on the Asian Challenge. Elle fut également présidente de la Société pour le développement international de 1994 à 1997.
La Dr Sadik fut également l’autrice de nombreux articles publiés dans de grandes revues au sujet de la planification familiale, de la santé, de la population et du développement, et a dirigé la publication de plusieurs livres, parmi lesquels Population: The UNFPA Experience (New York University Press, 1984), Population Policies and Programmes: Lessons Learned from Two Decades of Experience (New York University Press, 1991) et Making a Difference: Twenty-five Years of UNFPA Experience (Banson, London, United Kingdom, 1994).
(7 août 1928 – 3 mars 1987)
Rafael Montinola Salas a été le premier directeur exécutif de l’UNFPA, qu’il a dirigée depuis la date de mise en opération de l’agence en 1969, jusqu’à son décès en mars 1987. Sous sa tutelle, l’UNFPA, qui était alors un petit fonds fiduciaire, est devenue le plus grand fournisseur mondial et multilatéral d’aide à la population.
M. Salas fut un pionnier dans le domaine de la population. Il fut en effet l’un de ses premiers vrais défenseurs internationaux, inculquant aux autres l’importance de comprendre les liens fondamentaux qui unissent la population et le développement, et la nécessité de prendre les facteurs démographiques en compte dans la planification du développement.
Né à Bago, au Negros Occidental, aux Philippines, il fut diplômé avec distinction de l’Université des Philippines en 1950, obtenant son B.A. (mention très bien) et son LL.B (mention bien) en 1953. Il fut ensuite élève de l’Université de Harvard, où il obtint un master en administration publique en 1955. Une fois son diplôme en poche, il retourna à l’université des Philippines, où il occupa divers postes jusqu’en 1966.
En 1966, M. Salas fut appelé à servir son pays en tant que secrétaire exécutif de la République des Philippines, sous le mandat du président de l’époque, Ferdinand E. Marcos. On lui doit, à ce poste, la résolution du problème annuel de production nationale de riz, puisqu’il fut spécialiste au sein du Programme national d’autosuffisance en riz.
De 1962 à 1969, M. Salas fut membre de plusieurs délégations philippines lors de conférences internationales, notamment l’Assemblée générale des Nations Unies. Il dirigea la délégation philippine lors de la Conférence internationale sur les droits humains, dont il fut aussi vice-président, et qui se tint à Téhéran en avril et mai 1968. C’est cette conférence qui proclama : « les parents ont le droit fondamental de déterminer librement et consciemment la dimension de leur famille et l’échelonnement des naissances ».
M. Salas se retira de sa fonction de secrétaire exécutif national en 1969, lorsqu’il prit son poste en tant que tout premier directeur exécutif de l’UNFPA. Au fil des années, il reçut plusieurs diplômes et prix universitaires du monde entier à titre honorifique pour son travail et son dévouement dans le domaine de la population. Ses efforts de création d’une conscience et d’un consensus sur l’importance de la population dans le développement économique et social lui ont valu le surnom de « M. Population » dans la communauté internationale. Il contribua également à beaucoup d’études sur la gestion gouvernementale et les questions démographiques dans des revues académiques, des magazines et des journaux.
Pour lui rendre hommage, l’UNFPA a lancé la série de conférences commémoratives Rafael M. Salas, proposant une plateforme unique pour que des invité·e·s de prestige discutent d’aspects essentiels de la population et du développement.