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La sage-femme qualifiée qui apporte aux communautés isolées du Guatemala des soins complets de santé maternelle

calendar_today05 Mai 2026

 Dans une pièce blanche et très éclairée, une agente de santé en blouse rouge foncé applique un stéthoscope sur le dos d'une femme souriante assise, vêtue d'un haut à motifs floraux, qui tient sur ses genoux un enfant portant un haut vert foncé, que l'on voit de dos
Estela Santiago, diplômée en obstétrique, s'occupe de Vilma Chiquín lors d'une consultation au Centre de soins permanents de San Miguel Tucurú, dans le département d'Alta Verapaz. Son travail permet d'offrir des services essentiels de santé maternelle aux communautés isolées et autochtones. © UNFPA Guatemala

ALTA VERAPAZ, Guatemala – Pour Estela Santiago, étudier pour devenir sage-femme professionnelle, c'était faire six heures de trajet chaque semaine depuis son domicile de Nebaj jusqu'à Huehuetenango. Il lui fallait changer de bus plusieurs fois en cours de route, avec pour seule motivation l'objectif de soutenir les femmes et les filles.

Aujourd'hui titulaire d'un diplôme universitaire en obstétrique, Mme Santiago, 24 ans, travaille au Centre permanent de soins de San Miguel Tucurú, sur les hauts plateaux d'Alta Verapaz. Elle y accompagne les femmes pendant la grossesse, l'accouchement et la période du post-partum, dans des zones où recevoir des soins médicaux en temps opportun est toujours très difficile.

« Ce qui m'a le plus poussée à étudier l'obstétrique, c'est de pouvoir ainsi aider des communautés isolées, où de nombreuses femmes n'ont pas accès à des soins de qualité », déclare-t-elle à l'UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour la population, qui est l'agence des Nations Unies chargée de la santé sexuelle et reproductive. 

Mme Santiago se consacre également à lutter contre les préjugés sexistes néfastes. Trop souvent, explique-t-elle, « l'inégalité entre les genres prive les femmes de leur droit à rechercher des soins de santé. C'est l'homme qui décide si la femme se rend ou non à une consultation. »

Dans beaucoup de ces communautés, devenir mère comporte encore des risques inutiles. Des inégalités flagrantes se repèrent dans les taux plus élevés de mortalité maternelle et néonatale et de grossesse chez les adolescentes, en particulier pour les femmes autochtones. De plus, bien que la plupart des accouchements aient lieu dans des établissements de santé, des obstacles géographiques, économiques et culturels limitent souvent l'accès à des services de qualité.

« Nous avons été formées pour respecter les croyances et les coutumes de chaque patiente », précise Mme Santiago. Elle fait partie d'une nouvelle génération de professionnelles éliminant des obstacles qui empêchaient jusqu'ici de nombreuses femmes d'accéder à des soins adaptés à leur culture. 

« C'est quelque chose que nous devons mettre en pratique [...] car si nous ne les traitons pas dans le respect de leur culture, elles ne se sentiront pas à l'aise avec nous. » 

Les sages-femmes, au cœur des soins de santé

Devant un mur carrelé de blanc, une agente de santé en blouse rouge foncé applique un stéthoscope sur la poitrine d'une femme souriante assise, vêtue d'un haut à motifs floraux, qui tient sur ses genoux un enfant portant un haut fleuri vert foncé
Vilma Chiquín tient sa fille contre elle, tandis qu'elle reçoit des soins lors d'une consultation postnatale au Centre de soins primaires de Tucurú. © UNFPA Guatemala. 

L'UNFPA soutient le centre de santé en fournissant une formation en obstétrique, des produits essentiels, et en défendant le rôle crucial des sages-femmes au sein du système de santé dans son ensemble. 

Mario García, qui dirige le département de santé reproductive du centre, confirme que les sages-femmes peuvent souvent jouer un rôle clé pour combler les pénuries de personnel de santé. « Nous sommes face à un manque important de personnel : parfois, nous n'avons pas de médecin, et le personnel auxiliaire a de nombreuses responsabilités à assumer. Cependant, les sages-femmes nous aident à fournir des soins spécialisés pour les cas maternels et néonatals – du début du travail en passant par l'accouchement, jusqu'à la période du post-partum. »

Les données de l'UNFPA montrent que l'éducation, la formation et la rétention d'un million de sages-femmes supplémentaires constitueraient le moyen le plus efficace de sauver la vie de millions de mères et de nouveau-né·e·s au cours des dix prochaines années. Pour chaque dollar américain investi dans l'amélioration de l'accès aux soins prénatals, à l'accouchement sans risque et au suivi postnatal, les services obstétricaux peuvent générer jusqu'à 16 dollars de gains économiques et sociaux.

Dans ce contexte, les diplômées en obstétrique peuvent faire une vraie différence dans le système de santé. 

« Elles permettent aux services essentiels de santé maternelle et reproductive d'être fournis dans les endroits où ils sont les plus nécessaires. Elles viennent aussi renforcer les établissements de soins de niveau intermédiaire, surtout dans des contextes où les médecins ne sont pas toujours disponibles », explique Alejandro Silva, responsable de la santé sexuelle et reproductive pour l'UNFPA au Guatemala. « Là où des services intégrés sont disponibles, les décès maternels et néonatals peuvent être considérablement réduits. »

Au-delà des statistiques, l'impact du travail des sages-femmes se voit au travers des témoignages. Vilma Chiquín se souvient de sa grossesse comme d'un processus au cours duquel elle a été accompagnée. Elle a assisté à tous ses rendez-vous prénatals avec Mme Santiago, qui a assuré un suivi constant et lui a donné confiance. 

« J'ai eu les soins dont j'avais besoin. C'était un peu compliqué, mais Dieu merci, tout s'est bien passé », raconte Mme Chiquín à l'UNFPA. « Elle a supervisé tous mes soins prénatals et était également présente le jour de mon accouchement, exactement comme je l'espérais. » 

Grâce à ce soutien attentif et respectueux, elle a pu vivre l'accouchement qu'elle souhaitait.

Le rôle fondamental d'un suivi complet

Dans une zone d'accueil médicale, une agente de santé en haut rouge foncé et pantalon blanc sourit. On la voit interagir avec une femme debout à côté d'un banc en bois, portant un haut fleuri et un jean bleu, et tenant un enfant en bas âge, pour sa part vêtu d'un haut fleuri vert foncé. Derrière les deux femmes, on distingue un comptoir bleu foncé et blanc, derrière lequel se tient un homme portant un haut bleu foncé et des lunettes
Le travail des techniciennes universitaires en obstétrique comprend le conseil et le suivi clinique de la mère et de l'enfant pendant la période postnatale. © UNFPA Guatemala. 

L'un des cas dont Mme Santiago garde un souvenir vif est celui d'une patiente arrivée terrifiée à son rendez-vous. « On pouvait voir sur son visage qu'elle était triste. J'ai commencé à lui demander pourquoi, et il s'est avéré qu'elle avait eu des antécédents médicaux difficiles. Elle avait déjà fait trois fausses couches – son mari avait peur, lui aussi. »

La clinique ne dispose pas d'un échographe, mais Mme Santiago a organisé des analyses de laboratoire, demandé une aide supplémentaire et maintenu un suivi constant. Elle a rendu visite à la patiente dans sa communauté et l'a appelée chaque semaine.

« Nous avons réussi à arriver au terme des neuf mois. Puis son mari m'a appelée, très reconnaissant, pour me dire que leur bébé était né. L'enfant est aujourd'hui âgé de neuf mois, et cela me donne le sentiment de bien faire mon travail », affirme-t-elle. 

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