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En Éthiopie, la cérémonie du café et les sages-femmes font des accouchements heureux

27 Avril 2019
Author: UNFPA
Fikre Molla était heureuse de recevoir des soins professionnels avant, pendant et après son accouchement, sans avoir à renoncer aux traditions. © UNFPA Éthiopie
Fikre Molla était heureuse de recevoir des soins professionnels avant, pendant et après son accouchement, sans avoir à renoncer aux traditions. © UNFPA Éthiopie

BASOLIBEN, Éthiopie Lorsque Fikre Molla attendait son bébé, elle souhaitait respecter les traditions de l’accouchement tout en ayant la sécurité de soins professionnels dans un vrai centre de santé.

Elle vivait cependant dans la région rurale d’Amhara, en Éthiopie, à 31 km de la structure de santé la plus proche. Pour sa propre sécurité, elle a passé les semaines la séparant du terme dans un « foyer d’attente pré-accouchement » financé par l’UNFPA, qui était proche du centre de soins. Ces structures d’attente proposent des repas équilibrés, une surveillance par des professionnels de santé ainsi qu’un accès rapide à du personnel qualifié au moment de l’accouchement.

Même loin de son village, elle n’a pas eu besoin de renoncer aux traditions.

Les communautés soutiennent les foyers d’attente pré-accouchement et
organisent des comités de collecte de fonds pour les financer. 
© UNFPA Éthiopie

« La communauté a pratiqué les rituels traditionnels avant et après mon accouchement, et je me suis sentie comme chez moi », explique Fikre à l’UNFPA, son tout jeune fils Habtamu dans les bras.

La cérémonie traditionnelle du café a eu lieu, et elle a pu manger le porridge qu’il est d’usage de consommer juste après l’accouchement. Les membres de sa famille ont également été encouragés à se réunir pour la célébration.

La mère et son enfant ont surtout pu recevoir tous les soins professionnels nécessaires, y compris les soins prénatals, une procédure d’accouchement sécurisée, ainsi que des soins postnatals et néonatals. Fikre a aussi reçu des conseils sur la façon de s’occuper de son nouveau-né.

Fournir des soins adaptés à la culture locale donne aux structures de santé et aux foyers d’attente la possibilité d’élargir le nombre de femmes qui reçoivent des soins corrects avant, pendant et après leur accouchement, ce qui permet de sauver des vies.

Attendre son enfant

L’accès aux structures de santé est depuis longtemps un problème pour les communautés rurales. Près de 60 % des femmes habitant en milieu rural déclarent que la distance est un obstacle majeur à leur accès aux soins, selon un sondage de 2016. La grande majorité des naissances a toujours lieu au domicile de ces femmes et non pas dans un cadre institutionnalisé.

En cas de complications, les femmes qui accouchent sans soins ou loin des hôpitaux courent de grands risques.

Les coordonnateurs communautaires encouragent les femmes enceintes
à rester dans les foyers, pour améliorer leurs chances d’un accouchement
sûr. © UNFPA Éthiopie

Les choses sont cependant en train de changer.

Les efforts du gouvernement et des organisations de santé ont aidé à améliorer l’accès à des prestataires qualifiés, comme les médecins et les sages-femmes. La proportion de naissances ayant lieu au sein de structures de santé sous la supervision de professionnels qualifiés est passée de 6 %  en 2000 à 28 % en 2016.

Les foyers d’attente pré-accouchement jouent un rôle clé dans ces progrès. Ces structures sont d’abord apparues en Éthiopie il y a une quarantaine d’années, mais ne sont devenues que récemment partie intégrante de la stratégie de santé gouvernementale pour réduire les taux de mortalité maternelle et infantile.

Ces foyers sont maintenant mis en place à grande échelle, avec 53 % des centres de santé et d’hôpitaux primaires désormais équipés d’un foyer d’attente ou d’une pièce réservée aux femmes enceintes.

Les femmes sont encouragées à rester dans ces endroits dédiés à partir de 38 semaines de grossesses, si elles vivent loin de centres de soins ou dans des endroits difficiles d’accès pour des ambulances, ou bien si leur grossesse présente des complications.

Un soutien enthousiaste

« La première fois que j’ai entendu parler des avantages des foyers d’attente, c’était par les agents de vulgarisation sanitaire dans ma commune », raconte Fikre. « Depuis le jour où je suis arrivée ici jusqu’à mes dernières semaines de grossesse, j’ai reçu tous les traitements nécessaires par des professionnels ».


Binkoye Biyaregelegn explique que les contributions de la communauté
vont en augmentant. © UNFPA Éthiopie

Son foyer est l’un des 60 auxquels l’UNFPA fournit des équipements fondamentaux : couvertures, matelas, ustensiles de cuisine, citernes d’eau et matériel pour faire le café. L’UNFPA offre aussi aux structures de santé maternelle partenaires des fournitures d’urgence pour les soins obstétricaux et néonatals.

Les communautés ont accueilli les foyers avec enthousiasme. Ils sont entièrement gratuits, souvent grâce à des contributions de la communauté, notamment des dons de céréales ou bien des fonds qui financent la nourriture et les services.

« Les contributions des communautés aux foyers d’attente pré-accouchement ne cessent d’augmenter », affirme Binkoye Biyaregelegn, membre d’un comité qui finance ces foyers.
 
Les communautés en tirent d’ailleurs des avantages.

« Nous pensons que les foyers pré-accouchement feront baisser la mortalité maternelle. Pas seulement chez les femmes enceintes qui vivent loin, mais aussi chez celles qui habitent à proximité et qui ont besoin d’un suivi », explique Biniyam Wale, sage-femme au Korke Health Centre du district de Basoiben – l’endroit où Fikre a accouché.

Les taux de mortalité maternelle chutent en effet rapidement. En 2000, on déplorait 817 décès maternels pour 100,000 naissances vivantes. En 2015, ce chiffre était tombé à 353. 

Fikre est très enthousiaste, elle aussi.

« Aujourd’hui, quand je croise une femme enceinte, je lui parle du foyer pré-accouchement », dit-elle à l’UNFPA, « et je lui explique qu’elle devrait y rester pendant quelques semaines avant son terme, pour bénéficier d’un suivi, se reposer et accoucher en toute sécurité. »

                                                                                                          – Meron Negash

la République fédérale démocratique d'Éthiopie
Population : 110.1 mil
Taux de fertilité
3.9
Ratio de mortalité maternelle
353
Taux de prévalence contraceptive
41
Population âgée de 10 à 24 ans
34%
Inscription des jeunes en enseignement secondaire
Garçons 31%
Filles 30%