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« Pour moi, c’est un miracle » : une femme enceinte extraite des décombres après des séismes meurtriers au Venezuela

calendar_today17 Juillet 2026

Une agente de santé en tenue orange et coiffée d’un foulard à motifs pointe du doigt l’image d'un fœtus sur un échographe. Au premier plan, on voit une femme enceinte qui regarde vers l’écran.
L‘UNFPA fournit des services essentiels de santé sexuelle et reproductive dans le refuge temporaire installé au complexe sportif José María Vargas de La Guaira, à la suite de deux violents séismes. © UNFPA Venezuela/Mauro Medina

LA GUAIRA, Venezuela – « J'ai vu l'immeuble s'effondrer, un étage après l’autre.On entendait des gens crier et appeler à l’aide », déclare Roberto Rodríguez, 24 ans, qui a survécu à deux séismes catastrophiques de magnitudes 7,2 et 7,5 qui ont frappé la région centre-nord du Venezuela le 24 juin dernier. 

M. Rodríguez venait de rentrer chez lui, mais n'était pas encore arrivé à son appartement. « Des briques et des gravats ont commencé à me tomber dessus. Je me suis mis à courir, j'ai vu d'autres personnes et j'ai crié : “Courez, courez !” À ce moment précis, tout le bâtiment s’est effondré », raconte-t-il à l’UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour la population, qui est l’agence des Nations Unies chargée de la santé sexuelle et reproductive.

« Ma compagne était coincée sous les décombres.Ses pieds étaient coincés et la tiraient vers le bas, et les voisins ont immédiatement commencé à l'aider à se dégager. Il nous a fallu environ deux heures pour la libérer. »

Si Mme Morales a été retrouvée et a pu recevoir des soins, le père de M. Rodríguez ainsi que sa jeune sœur sont décédé·e·s dans la catastrophe. 

Une femme aux longs cheveux bruns portant un haut et un pantalon clairs à motif floral est assise au bord d'un lit d'hôpital, tandis qu’une agente de santé en haut vert foncé et pantalon rouge s'approche d'elle, tenant une poche à perfusion. Derrière elles se trouve une table blanche sur laquelle sont étalés divers médicaments et produits
L‘UNFPA fournit des services essentiels de santé sexuelle et reproductive dans trois refuges à Caracas, La Guaira et Miranda. © UNFPA Venezuela/Walter Sotomayor 

Près de 5 000 personnes ont été tuées et plus de 16 000 blessées, tandis que des milliers restent toujours portées disparues. On estime que 18 000 personnes ont perdu leur logement ; des refuges temporaires ont été installés pour les personnes déplacées. M. Rodríguez et sa compagne Dayra Morales, 20 ans, séjournent actuellement dans un refuge installé au complexe sportif José María Vargas, avec plus de 1 000 autres personnes déplacées

L’espoir au milieu du chaos

Une femme aux cheveux bruns portant un haut clair à motif floral est allongée sur un lit d'hôpital et regarde l’écran d’un échographe
Mme Morales fait partie de celles qui reçoivent des soins prénatals dans une clinique soutenue par l’UNFPA, située au refuge du complexe sportif. © UNFPA Venezuela/Walter Sotomayor

Mme Morales a reçu des soins médicaux et des produits d’hygiène et de santé de la part de l'UNFPA – ainsi qu'une belle surprise. « Pendant que nous étions ici, le 2 juillet, le jour de l'anniversaire de mon père, nous avons découvert, grâce aux examens médicaux de ma compagne, qu'elle était enceinte », explique M. Rodríguez. 

« Rien n’est arrivé au bébé, même après qu’elle est tombée du sixième étage d’un immeuble de 12 étages et qu’elle a été coincée jusqu’à la taille sous tant de décombres.Pour moi, c’est un véritable miracle. »

Mme Morales fait partie de celles qui reçoivent des soins prénatals dans une clinique soutenue par l’UNFPA installée au sein du refuge. En partenariat avec les autorités nationales, l'UNFPA fournit des services essentiels de santé sexuelle et reproductive dans trois refuges à Caracas, La Guaira et Miranda. Ces services comprennent des consultations prénatales, la distribution de contraceptifs, le dépistage des infections sexuellement transmissibles, et des orientations vers les hôpitaux pour les urgences obstétricales.

Des réseaux de soutien qui assurent la solidarité dans les communautés

Une femme portant un haut rayé et un jean est assise sur une chaise en plastique bleu et sourit à l’objectif. Elle se trouve sous une grande tente vert foncé, dans laquelle on aperçoit plusieurs lits superposés couverts d'effets personnels.
Yoseys Escalona est assise dans un refuge temporaire au complexe sportif José María Vargas, où elle séjourne actuellement après avoir perdu sa maison à La Guaira (Venezuela) © UNFPA Venezuela/Walter Sotomayor 

Parmi les bénévoles se trouve Yoseys Escalona, 40 ans, également réfugiée au complexe sportif José María Vargas avec son mari et son fils. « Dans la tente où je séjourne, 12 familles vivent ensemble. Le nombre varie selon les tentes : certaines en abritent 15, d'autres 20, et d’autres jusqu'à 25 familles. » 

Elle décrit son groupe comme « une grande famille » ; les femmes sont à la tête des efforts pour aider les gens à se reconstruire. « Nous cherchons toujours des moyens de nous entraider et de nous soutenir mutuellement », explique-t-elle à l'UNFPA. « Tant de femmes continuent d'avancer malgré la douleur, même après avoir perdu leur maison, même après avoir perdu un membre de leur famille. » 

Comme la plupart des survivant·e·s des séismes, plus de deux semaines plus tard, Mme Escalona n'est toujours pas rentrée chez elle. Plus de 20 000 personnes ont cherché à s’abriter dans plus de 100 refuges temporaires, où la surpopulation, la limitation des services essentiels, la séparation des familles et l'augmentation de la détresse psychosociale aggravent les risques liés à la protection. 

En tant que représentante désignée de sa tente, Mme Escalona est devenue une alliée dans la sensibilisation à la violence basée sur le genre. Grâce aux sessions d'information organisées par l'UNFPA et ses partenaires, elle a découvert quels services sont disponibles pour les survivantes et où les emmener pour accéder aux traitements, au soutien psychosocial, à la prise en charge de leur dossier et à l’aide juridique. 

« Comme dans toutes les crises humanitaires, il est fondamental de renforcer la prévention de la violence basée sur le genre et de garantir un accès sécurisé à des services centrés sur les survivantes », affirme Eugenia Sekler, qui dirige le bureau de l’UNFPA au Venezuela. Nous distribuons des fournitures médicales aux prestataires de santé pour la prise en charge clinique des cas de viol, réalisons des évaluations dans les refuges et travaillons avec le gouvernement et les partenaires pour renforcer les mesures de sécurité. » 

Assurer la transition des secours vers la reconstruction 

Un plan large des destructions causées par un séisme au Venezuela montre les décombres de bâtiments effondrés, sur lesquels deux hommes se tiennent debout. On voit l’océan à l’arrière-plan.
Impact des séismes observé dans la ville de Catia La Mar, à La Guaira, en pleine intervention d'urgence. © UNFPA Venezuela/Alex Bartsch 

Mme Escalona craint que les répercussions plus larges de la crise ne se fassent sentir encore bien plus longtemps. « Il y a des mères ici qui ont tout perdu », précise-t-elle. « Et quand je dis tout, je pèse mes mots : leur maison, leur mère, leurs enfants et leur mari.  Certaines sont complètement seules. Désormais, elles n’ont plus de maison, plus rien, mais elles sont en vie. » 

L'UNFPA appelle à des financements à hauteur de 10 millions de dollars (USD) pour soutenir ses actions durant les trois premiers mois de l’intervention d'urgence. En plus de garantir les services de santé essentiels et la protection contre la violence basée sur le genre, des envois de produits essentiels de santé reproductive et d'équipements médicaux sont mis en place pour soutenir les communautés touchées. 

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