Journée mondiale de la population

11 Juillet 2021

Global

Les droits et les choix sont la solution : en cas de baby-boom ou baby-bust, influer sur les taux de fécondité ne peut se faire qu’en faisant des droits et de la santé reproductive de tou·te·s une priorité.

Alors que nous vivons la deuxième année de la pandémie de COVID-19, nous sommes dans une période incertaine où certaines parties du monde commencent à émerger des graves difficultés provoquées par cette crise, tandis que d’autres sont toujours aux prises avec le coronavirus alors que l’accès aux vaccins reste lointain, provoquant énormément de décès.

La pandémie a affaibli les systèmes de santé, notamment dans le domaine de la santé sexuelle et procréative. Alors que celles et ceux qui ont accès à ces services retardent habituellement les grossesses en cas d’incertitude économique ou de crise, on estime que les perturbations dans les livraisons de contraceptifs ainsi que les confinements vont provoquer une augmentation sensible des grossesses non planifiées chez les plus vulnérables. Selon une étude de l’UNFPA datant de mars dernier, 12 millions de femmes ont subi des perturbations dans leurs services de planification familiale.

La crise a également mis en lumière et accentué les inégalités de genre : la violence basée sur le genre s’est accrue pendant les confinements, tout comme le risque de mariage d’enfants et de mutilations génitales féminines, alors que les programmes destinés à éliminer ces pratiques néfastes ont été perturbés eux aussi. De très nombreuses femmes ont quitté leur travail, soit parce que leurs emplois (souvent mal payés) ont disparu, soit parce que leur responsabilité d’aidantes envers leurs enfants désormais scolarisés à distance ou envers des personnes âgées ont augmenté. Cela a déstabilisé leurs finances à court et long terme.

Dans ce contexte, beaucoup de pays s’inquiètent d’un changement dans les taux de fécondité. Au cours de l’histoire, ce type de position alarmiste a souvent donné lieu à l’abrogation de certains droits fondamentaux. Dans les régions où la population augmente, on a vu la mise en place de politiques néfastes comme la contraception ou la stérilisation forcée. Dans d’autres, l’accès à la contraception a pu être restreint.

L’UNFPA déconseille vivement toute réponse politique réactionnaire, qui peut avoir des conséquences terribles lorsqu’elle viole les droits, la santé et le choix des personnes concernées. L’agence des Nations Unies défend au contraire la nécessité de donner la priorité aux droits et à la santé procréative de toutes et tous, en garantissant l’accès à l’information et aux services, y compris en cas de bouleversement démographique ou de changement de tendance dans la fécondité. Au cours de la pandémie, les perturbations des services de santé sexuelle et procréative ont été d’autant plus grandes dans les régions où ces services sont perçus comme non essentiels. On craint que la crise puisse servir d’excuse pour restreindre la capacité des femmes et des filles à faire leurs propres choix, à être autonomes et libres de leurs déplacements ou à consulter des services de santé – ou bien que cette capacité cesse en tout cas d’être défendue. L’expérience a montré à l’UNFPA que les initiatives uniquement centrées sur la fertilité sont inefficaces. Par exemple, encourager financièrement la fécondité ne permet pas d’augmenter durablement les naissances dans les pays où elles sont faibles. Au contraire, les changements démographiques nécessitent une approche globale, notamment par le soutien aux familles et la protection de l’enfance, et par des efforts en faveur d’une meilleure égalité des genres.

Enfin, les femmes doivent jouir d’une autonomie scolaire, financière et politique pour faire leurs propres choix en ce qui concerne leur corps et leur fécondité. 

Thèmes et sujets

La continuité des services essentiels : cette enquête de l’Organisation mondiale de la santé montre qu’au niveau mondial, les services de planification familiale ont été parmi les plus perturbés pendant la pandémie.

Les effets de la pandémie sur la mère et le fœtus : une étude médicale souligne l’augmentation des décès maternels et de la mortinatalité depuis le début de la pandémie, constatant de grandes disparités entre les pays à revenu élevé et ceux à faible revenu. 

L'impact de la COVID-19 sur les femmes et les filles handicapées : une évaluation sur les effets de la pandémie sur la santé et les droits sexuels et reproductifs et le droit à l'autonomie corporelle de ce groupe.

Défendre les droits et la dignité des personnes âgées : la pandémie a eu des conséquences absolument terribles sur cette génération. Ce document présente un programme conjoint entre l’UNFPA et d’autres agences des Nations Unies ou acteurs de la société civile pour améliorer les services sociaux et de santé.

La fécondité et le vieillissement de la population dans la région Asie-Pacifique : bien qu’il soit trop tôt pour déterminer le véritable impact de la COVID-19 sur la fécondité dans cette région, ce rapport examine les impacts potentiels sur les tendances, les modèles et les choix. Un autre article se penche sur le vieillissement de la population dans un contexte de faibles taux de fécondité.

Répondre aux changements démographiques en Europe et en Asie centrale : voici un aperçu du Programme de résilience démographique pour tenir compte des dynamiques de population dans cette région. 

 

  

 

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