Avec les guerres qui font rage dans le monde entier, les enfants et adolescent·e·s sont de plus en plus exposé·e·s à la violence sexuelle liée aux conflits, dans des contextes de déplacement accru, de séparation familiale, avec des systèmes de protection affaiblis et l’utilisation systématique du viol comme arme de guerre.
Les adolescentes font face à un risque plus élevé de violence sexuelle – notamment d’exploitation, de mariage forcé et de traite d’êtres humains – qui peut complètement bouleverser leur enfance et provoquer des séquelles à long terme, depuis les blessures physiques jusqu’à la grossesse, en passant par le traumatisme et la stigmatisation.
Si des rapports vérifiés confirment l’augmentation préoccupante des violences sexuelles liées au conflit et infligées aux enfants, d’importantes lacunes en matières de données, dues notamment à une sous-déclaration des cas et à des obstacles dans l’accès aux soins, nous cachent la véritable ampleur de ces crimes, qui sont également commis envers les jeunes garçons.
C’est pour cela que cette année, le thème de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit est « Violences sexuelles liées aux conflits à l'encontre des enfants : préserver leur avenir et autonomiser les personnes qui s'occupent d'eux. »
L’ensemble des survivant·e·s de violences sexuelles liées aux conflits doivent être placé·e·s au cœur de toutes les interventions, et tous les agresseurs doivent être traduits en justice. La violence sexuelle liée aux conflits n’est jamais inévitable ni excusable ; elle constitue une grave violation du droit international et des droits humains.
Les survivant·e·s, les personnes qui leur viennent en aide et les communautés affectées ont le droit de participer aux décisions prises en matière de politiques et de programmes visant à lutter contre ces violences, et d’attendre que justice soit rendue. Il faut enquêter sur les agresseurs et les poursuivre : faire cesser l’impunité est la seule façon de mettre fin à la perpétuation des cycles de violence.
Lutter contre la violence sexuelle liée aux conflits exige une solidarité internationale associée à des actions locales, afin de protéger les enfants et les adolescent·e·s, en leur proposant des services adaptés à leur âge, qui aident à préserver leur vie et leur avenir. La stigmatisation et la discrimination pouvant créer des dommages supplémentaires, les communautés doivent soutenir les survivant·e·s et les personnes qui leur viennent en aide, en encourageant leur acceptation, leur inclusion et leur protection.
« La violence sexuelle à l’encontre des enfants et des adolescent·e·s en temps de conflit les prive de leurs droits et de leur dignité », a déclaré Mme Diene Keita, directrice exécutive de l’UNFPA. « Nous devons agir immédiatement pour empêcher ces atrocités et soutenir les survivant·e·s – ainsi que les personnes qui les aident – en leur proposant une protection et des services complets, partout où ces crimes sont commis. »