16 JEUNES FEMMES, 16 HISTOIRES DE RÉSISTANCE
25 Novembre 2015
Chaque jour, des dizaines de milliers de jeunes femmes sont mariées avant leur 18e anniversaire.
Certaines d'entre elles sont les jeunes femmes les plus vulnérables qui soient sur notre planète. Elles sont victimes d'actes de violence, leurs droits sont bafoués, leur santé est mise en danger et leurs perspectives d'avenir sont restreintes.
© UNFPA Niger/Tagaza Djibo
Au Niger, le pays où le taux de mariages d'enfants est le plus élevé au monde, 16 jeunes femmes exceptionnelles ont refusé de devenir des « épouses-enfants ».
Du 25 novembre au 10 décembre, le monde vivra au rythme d'une campagne de 16 jours d'activisme contre la violence basée sur le genre. Ces jeunes femmes incarnent l'esprit et la puissance de ce mouvement.
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1
« Il m'a saluée avec un sourire effrayant et m'a dit : Tu seras ma deuxième épouse. » -Amina Mahamane (15 ans)
L'an dernier, malgré ses protestations, Amina a été fiancée de force à un homme beaucoup plus âgé qu'elle. « Mon oncle m'a frappée avec un bâton et m'a dit qu'il me tuerait si je continuais à refuser le mariage » Mais elle a tenu bon et le mariage a été annulé.
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2
« Mes parents insistaient pour que je me marie, mais j'ai résisté et je me suis battue comme une guerrière. » -Salamatou Laouali (17 ans)
Un homme de 40 ans a demandé Salamatou en mariage alors qu'elle avait tout juste 14 ans. Elle a persuadé son père de refuser la proposition et celui-ci l'a encouragée à rejoindre Action for Adolescent Girls, un programme d'autonomisation des jeunes femmes soutenu par l'UNFPA et le gouvernement du Niger. Les jeunes femmes évoquées dans ce document sont toutes membres de ce programme.
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3
« J'ai remarqué que toutes mes amies mariées très jeunes avaient constamment des problèmes dus à leur mariage. » -Chaâfatou Mamane (15 ans)
Le programme Action for Adolescent Girls assure l'alphabétisation des jeunes femmes et leur apprend les compétences essentielles. Il les sensibilise également aux dangers des mariages précoces. Après avoir intégré le programme, Chaâfatou a pu expliquer à sa famille dans quelle mesure un mariage précoce était susceptible de compromettre sa santé et son avenir.
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4
« Une de mes cousines a été mariée à l'âge de 13 ans. Elle est morte en couches à l'issue de sa première grossesse. » -Mariama Salissou (16 ans)
De nombreuses jeunes femmes mariées ne sont pas physiquement prêtes à être mères. À l'échelle mondiale, les complications liées aux grossesses sont la deuxième cause de décès des adolescentes. Mariama a reçu plusieurs propositions, mais refuse de se marier avant l'âge de 18 ans.
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5
« Je leur ai dit que de nombreuses jeunes femmes mariées trop jeunes développaient des fistules obstétriques et étaient victimes de violences domestiques... » -Manira Sanoussi (14 ans)
Les jeunes femmes tombant enceintes alors qu'elles sont encore physiquement immatures sont plus vulnérables à l'apparition de fistules obstétriques, une forme de complication liée à l'accouchement source d'incontinence et de problèmes de santé chroniques. La personne en charge de Manira dans le cadre du programme Action for Adolescent Girls a pu convaincre ses parents d'annuler le mariage.
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6
« Après le mariage, il a voulu avoir un rapport sexuel avec moi, mais j'ai refusé... Il m'a battue et bâillonnée afin d'obtenir ce qu'il voulait. » -Zeinabou Moussa (16 ans)
Zeinabou a été mariée à l'âge de 15 ans. Mais elle a résisté nuit après nuit aux tentatives de viol de son mari, pendant des semaines. Celui-ci a finalement divorcé. Aujourd'hui, Zeinabou est une des figures de proue de la défense des droits des jeunes femmes.
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7
« Lorsque je voyais des adolescentes qui refusaient de se marier, je pensais qu'elles étaient rebelles... Mais aujourd'hui je comprends leur refus. Elles souhaitent simplement défendre leurs droits. » -Ramatou Abdoul Hamidou (14 ans)
Les jeunes femmes sont censées obéir aux décisions de leurs parents, mais Ramatou ne s'est pas laissée faire lorsque, l'année dernière, ses parents ont voulu la marier. Elle a protesté, et après l'intervention de la personne en charge de ses intérêts et de l'imam local, ses parents ont cédé.
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8
« Je saignais, j'étais en larmes. Je me suis sauvée de sa maison et je me suis réfugiée chez mes grands-parents. » -Salamatou Adam (17 ans)
Le père de Salamatou l'a forcée à se marier alors qu'elle n'avait que 16 ans. Elle s'est enfuie après une nuit de noces violente, mais son père l'a retrouvée, l'a battue et l'a ramenée au domicile de son mari. Elle a encore subi des violences pendant plusieurs jours avant que sa famille n'accepte qu'elle demande le divorce.
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9
« Mon père pensait que j'étais possédée par des esprits malins. » -Hadiza Abdoulaye (18 ans)
L'an dernier, lorsque Hadiza a refusé de se marier, son père l'a envoyée se faire exorciser par un religieux. « Il m'a battue avec un long bâton pendant d'interminables séances d'exorcisme. » Mais Hadiza a tenu bon. Et le mariage a été annulé.
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10
« J'ai fait renvoyer la dot. J'étais outrée d'être donnée à mon futur mari contre quelques sacs de céréales. » -Zara Magagi (15 ans)
Les dots ou « prix de la fiancée » incitent souvent les parents à marier leurs filles très jeunes. Mais informer les gens sur les effets néfastes des mariages précoces peut changer les choses. Ce fut le cas pour les parents de Zara.
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11
« Pour eux, tout ce qui compte est le prix qu'ils tireront de mon mariage. Et plus je vieillis, moins je vaux cher. Je refuse cette vision du monde. » -Balkissa Boubacar (14 ans)
L'inégalité entre les genres joue un rôle essentiel dans les mariages précoces. Lorsque les jeunes femmes deviennent autonomes et connaissent leurs droits, elles choisissent de se marier plus tard. « J'ai dit à ma famille d'attendre mes 18 ans » a déclaré Balkissa.
© UNFPA Niger/ Mina Kaci
12
« Mon père a abandonné le projet de mariage et m'a félicité d'avoir refusé la proposition. » -Nana Firdaoussou Garba (17 ans)
Lorsqu'il y a deux ans, Nana a refusé la proposition de mariage d'un homme de 25 ans, son père était furieux. Mais avec le temps, il a fini par comprendre que ce mariage aurait mis sa fille en danger.
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13
« Je veux être une femme indépendante et pouvoir subvenir à mes besoins sans mon mari. » -Sahanatou Issoufou (15 ans)
Le père de Sahanatou a voulu la jeter dehors après qu'elle a refusé une demande en mariage. Elle en a parlé à une de ses tantes, qui a réussi à convaincre son père d'abandonner le projet. « Je veux éduquer d'autres jeunes femmes afin qu'elles aussi puissent s'affirmer et connaître et défendre leurs droits. »
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14
« Dire non était extrêmement osé. » -Larira Ibrahim (14 ans)
Le père de Larira a accepté la proposition d'un homme qu'elle n'avait jamais rencontré. Avec l'aide de ses oncles et de ses voisins, Larira a persuadé ses parents d'annuler le mariage. « Nous devons aider toutes les jeunes femmes à trouver le courage de refuser les mariages précoces. »
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15
« Malgré la pression de ma famille, j'ai pris mon destin en mains et j'ai refusé ce mariage. » -Samira Rabiou (18 ans)
L'oncle de Samira a arrangé son mariage alors qu'elle avait 13 ans. « Pendant la nuit de noces, après le départ des invités, mon mari m'a donné de l'argent, que je devais remettre aux demoiselles d'honneur pour qu'elles puissent rentrer chez elle en taxi. J'ai utilisé cet argent pour me réfugier dans la famille de mon père. »
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16
16 « J'ai appris à voler de mes propres ailes. » -Wassila Ali (16 ans)
Wassila a refusé de se marier avec un tailleur de 20 ans. Grâce au programme d'autonomisation des jeunes femmes de l'UNFPA, elle a appris à lire et à écrire. Elle veut maintenant ouvrir sa propre entreprise de couture. Elle s'est faite l'écho des sentiments exprimés par de nombreuses jeunes femmes en déclarant « Je déteste la dépendance. »
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