UNFPA - United Nations Population Found

État de la population mondiale 2010

go to UNFPA.org

État de la population mondiale 2010 : indicateurs choisis

Accent sur la santé reproductive

Chaque année, le rapport sur l’État de la population mondiale fournit des données qui indiquent les progrès réalisés et les défis à relever dans la mise en œuvre de divers aspects du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) et qui mettent en évidence les changements démographiques intervenus au niveau national, régional et mondial.

La livraison de 2010 du rapport comprend pour la première fois une analyse d’indicateurs choisis, l’accent étant mis cette année sur la santé reproductive.

Le but de l’accès universel aux soins de santé reproductive, composante centrale du Programme d’action de la CIPD, a vu son importance réaffirmée en tant que priorité en matière de développement par son adoption en 2007 comme cible du 5e objectif du Millénaire pour le développement. Les progrès réalisés dans l’accomplissement de ce but sont mesurés au moyen de données sur les taux de naissance chez les adolescentes, la prévalence des contraceptifs, les besoins de planification familiale non satisfaits et l’accès aux soins prénatals.

L’accès universel aux soins de santé reproductive est une composante essentielle d’un « continuum de soins », lequel est porteur à son tour d’avantages dans d’autres domaines. Lorsque les femmes et les filles disposent du pouvoir de décider d’avoir des enfants et du moment où elles en auront, elles ont davantage de chances de vivre une grossesse saine et de rechercher des soins prénatals. Leurs enfants sont plus nombreux à survivre au-delà de la petite enfance. Les filles dont la mère survit sont plus nombreuses à faire des études, et donc moins susceptibles de se marier à un âge précoce, et elles tendent davantage à retarder leur première grossesse jusqu’à ce qu’elles aient une vingtaine d’années, réduisant ainsi le risque de mortalité maternelle lié à des complications de la grossesse ou de l’accouchement. Mais malgré les preuves de plus en plus nombreuses de ces relations causales positives, les progrès sur la voie de l’accès universel aux soins de santé reproductive continuent de présenter de grandes difficultés.

Les tableaux des pages qui suivent contiennent les valeurs des indicateurs démographiques, sociaux et économiques retenus qui contribuent à assurer un suivi complet des progrès accomplis dans la réalisation des priorités de développement définies dans le Programme d’action de la CIPD et de certains objectifs du Millénaire pour le développement, à savoir ceux relevant des domaines de l’éducation et de la santé.

Ces indicateurs illustrent également divers aspects du continuum de soins en matière de santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile. Les indicateurs relatifs à la santé comprennent les taux de mortalité maternelle et infantile, les taux de prévalence des contraceptifs, les taux de prévalence du VIH/sida et les taux des naissances chez les adolescentes. Des indicateurs supplémentaires pour le continuum de soins de santé, notamment la disponibilité de personnel qualifié à l’accouchement, sont inclus dans la deuxième série de tableaux, qui contiennent divers indicateurs démographiques.

Les tableaux qui suivent situent les indicateurs de l’accès aux soins de santé reproductive dans le cadre général d’un suivi des tendances démographiques, des conditions de vie, de l’accès aux ressources et d’autres facteurs liés à l’autonomisation des femmes, à leur accès à l’éducation et à leur accès aux services de santé. Cette présentation des données donne un aperçu général des facteurs qui déterminent la qualité de vie des femmes et des hommes. Les tableaux fournissent également des informations sur la richesse nationale ainsi que sur le niveau d’instruction et le niveau d’urbanisation de la population, trois facteurs qui ont leur importance pour l’accès aux soins de santé reproductive.

Les données ne sont pas désagrégées par caractéristiques socio-économiques au sein des pays, mais des facteurs tels que le niveau d’éducation, la richesse et le lieu d’habitation (urbain/rural) signalent d’importantes disparités.

Considérées dans le contexte d’autres caractéristiques socio-démographiques, les données relatives à la CIPD montrent que bien que les taux de naissances chez les adolescentes aient diminué au cours de la décennie écoulée et que l’usage des contraceptifs ait augmenté, les progrès généraux sur la voie de l’accès universel aux soins de santé reproductive se sont ralentis.

L’accès des femmes aux soins de santé reproductive est souvent corrélé avec le niveau de leur statut social et économique. Même dans de nombreux pays où les progrès vers l’accès universel aux soins de santé reproductive ont été lents, on a constaté des gains significatifs chez les femmes de niveau socioéconomique supérieur. Dans certains de ces pays, comme à Madagascar, des progrès notables ont été réalisés ces 10 dernières années, mais les taux de progrès ont été variables et les gains les plus substantiels ont été obtenus dans les groupes les plus privilégiés. Sur la même période, dans de nombreux autres pays, tels que ceux présentant un faible taux de prévalence de l’usage de la contraception et un fort besoin non satisfait de planification familiale, les femmes des ménages aisés, les femmes ayant une éducation secondaire ou supérieure et les citadines présentent des taux de grossesse inférieurs et des taux d’usage de la contraception supérieurs et des besoins en matière de planification familiale plus satisfaits que leurs homologues sans éducation, disposant de moins de revenus ou vivant en milieu rural.

Des disparités marquées entre les femmes les plus riches et les femmes les plus pauvres, les plus éduquées et les moins éduquées, les citadines et les femmes rurales apparaissent au niveau régional, national et sous-national. L’importance des facteurs économiques est mise en évidence lorsque les données de niveau national sont groupées selon le niveau de développement économique. C’est ainsi que les taux des naissances chez les adolescentes sont très élevés dans les pays les moins avancés, la moyenne étant de 103 naissances pour 1 000 femmes de 15 à 19 ans, soit plus de cinq fois la moyenne pour les pays développés où ce taux se situe à 21 naissances pour 1 000 femmes de la même catégorie d’âge. Dans le monde en développement, ces disparités se manifestent souvent au niveau des sous-régions et des pays distincts. Par exemple, dans les sous-régions africaines, les taux des naissances chez les adolescentes vont de 32 en Afrique du Nord à 167 en Afrique moyenne. Il existe des différences majeures dans les sous-régions qui constituent l’Afrique subsaharienne : le taux de naissance chez les adolescentes est de 62 en Afrique australe, contre plus de 100 en Afrique orientale, moyenne et occidentale. Les taux globaux de prévalence de la contraception, et en particulier les taux d’emploi de méthodes modernes de contraception, varient considérablement et restent faibles dans de nombreuses régions du monde. En fonction du revenu, l’emploi de méthodes modernes va de 22 % dans les pays les moins avancés à 55 % dans les pays en développement et à 58 % dans les pays développés. Sur le plan régional, les taux de prévalence de méthodes modernes de contraception s’échelonnent entre 23 % en Afrique et 64 % dans la région Amérique latine et Caraïbes.

Les données actuelles concernant les taux de naissances chez les adolescentes révèlent des disparités persistantes entre les régions, selon le niveau de richesse, le niveau de développement ou la géographie. Dans l’ensemble, les femmes sont plus nombreuses à faire usage de la contraception et les adolescentes moins nombreuses à devenir mères chaque année. Mais les progrès se sont généralement ralentis depuis 2000. Parallèlement, la réduction des taux de naissances chez les adolescentes a, elle aussi, ralenti et, dans de nombreux pays, en particulier les moins avancés, les taux ont peut-être même marqué une légère augmentation. S’agissant de la prévalence de la contraception, les taux sont restés relativement bas dans les pays les moins développés, à 28 % toutes méthodes confondues et à 22 % pour les méthodes modernes.  Ces taux sont considérablement inférieurs à ceux des pays les plus développés, où 68 % des femmes pratiquent une méthode quelconque de contraception et 58 % des méthodes modernes, ainsi qu’à ceux des pays en développement, où 61 % des femmes pratiquent une méthode quelconque de contraception et 55 % des méthodes modernes.

On note également des variations lorsque les pays sont regroupés par régions. C’est ainsi que l’Europe a le plus faible taux de naissances chez les adolescentes avec 17 naissances pour 1 000 filles de 15 à 19 ans, alors que ce taux est de 103 en Afrique. Les moyennes régionales font apparaître des disparités mondiales dans les taux d’usage des contraceptifs et les taux de naissances chez les adolescentes, mais cela peut également masquer d’importantes disparités en matière d’accès aux soins de santé reproductive au sein des régions. En Afrique, par exemple, les données pour les sous-régions présentent d’amples variations : parmi les régions subsahariennes, l’Afrique australe a de loin le plus faible taux de naissances chez les adolescentes, avec 61 naissances pour 1 000 filles, et le plus fort taux de prévalence de la contraception, avec 59 % toutes méthodes confondues et 58 % pour les méthodes modernes. Le reste des sous-régions de l’Afrique subsaharienne, en revanche, a des taux de naissances chez les adolescentes très supérieurs à 100 naissances pour 1 000 filles et des taux de prévalence de la contraception de 26 % ou moins. C’est l’Afrique moyenne qui a le taux de naissances chez les adolescentes le plus élevé, avec 167 naissances pour 1 000 filles, alors que ses taux de prévalence de la contraception ne sont que de 19 % toutes méthodes confondues et de 7 % pour les méthodes modernes.

L’ensemble d’indicateurs inclus dans le présent rapport illustre une large gamme de facteurs qui sont en rapport direct et indirect avec les progrès sur la voie de l’accès universel aux soins de santé reproductive, et qui se combinent pour fournir un jeu de données significatif sur les progrès en matière de bien-être général des femmes et des hommes, notamment sur leur accès aux ressources et aux services de santé et d’éducation. S’il faut se garder d'utiliser hâtivement des indicateurs distincts pour déterminer les causes et les effets, ces données n’en reflètent pas moins l’existence de fortes relations entre les caractéristiques sociodémographiques et l’accès des femmes aux soins de santé reproductive. Ces relations ainsi que le ralentissement général des progrès soulignent les inégalités persistantes auxquelles il faut remédier pour parvenir à un accès universel aux soins de santé reproductive.


Suivi des objectifs de la CIPD :
indicateurs retenus

Télécharger PDF
Indicateurs démographiques,
sociaux et économiques

Télécharger PDF

+ Notes relatives aux indicateurs