Introduction Introduction Chapter 5 Chapitre 5
Chapter 1 Chapitre 1 Chapter 6 Chapitre 6
Chapter 2 Chapitre 2 Notes for Indicators Notes
Chapter 3 Chapitre 3 Notes for boxes Sources des encadrés
Chapter 4 Chapitre 4 Indicators Indicateurs
Chapitre 5 Printer Friendly imprimer cette page
Chapter 1 Urbanisation et durabilité au XXIe siècle

Les villes : fardeau ou bénédiction ?

Importance d’une perspective plus large

Importance d’une visée au-delà du niveau local

Changements de couverture des terres

Les villes et les changements climatiques

Pauvreté et vulnérabilité aux catastrophes naturelles

La montée du niveau des mers. Deux questions : quand et de combien?

Adaptation aux changements climatiques

Action locale, conséquences mondiales; changement mondial, impact local

La montée du niveau des mers. Deux questions : quand et de combien?(19)

L’une des perspectives les plus alarmantes des changements climatiques est leur impact sur l’élévation du niveau des mers et les conséquences potentielles de ce phénomène sur les zones côtières urbanisées. La population et l’activité économique se sont toujours concentrées le long des côtes en raison des ressources naturelles et des possibilités commerciales de ces régions. Bon nombre de grandes villes du monde sont implantées sur le littoral marin et à l’embouchure des grands fleuves. Les zones tant urbaines que rurales des écosystèmes côtiers sont les plus densément peuplées de toutes les zones d’établissements humains du monde.

Ces populations, en particulier lorsqu’elles sont concentrées dans de vastes agglomérations urbaines situées dans des zones écologiques riches, peuvent imposer un fardeau considérable aux écosystèmes côtiers, dont beaucoup sont déjà soumis à diverses contraintes. Elles sont de plus en plus exposées aux risques d’origine marine, tels que la montée du niveau des mers et aux tempêtes plus violentes induites par les changements climatiques.

L’élévation du niveau des mers, particulièrement en combinaison avec des événements climatiques extrêmes, aurait pour effet d’inonder de vastes zones de ces régions. Il en résulterait aussi des intrusions d’eau salée dans les masses d’eau douce de surface et les aquifères, ce qui affecterait l’alimentation en eau des villes et modifierait les écosystèmes essentiels qui fournissent des services et des ressources naturelles aux zones urbaines. Ceci provoquerait inévitablement des migrations vers d’autres zones urbaines. Les établissements côtiers des pays à faible revenu seraient plus vulnérables à ces dangers et les groupes économiquement faibles vivant dans les plaines inondables seraient les plus vulnérables de tous.

La première évaluation systématique de ces questions indique que les zones côtières de basse altitude ne représentent actuellement que 2 % des terres émergées du monde, mais 13 % de sa population urbaine(20). Malgré des niveaux d’urbanisation inférieurs, une proportion considérablement plus forte de la population urbaine est établie dans des zones côtières en Afrique et en Asie qu’en Amérique du Nord ou en Europe (voir tableau 1).


Tableau 1 : Pourcentages de la population et de la superficie des terres dans les zones côtières de basse altitude, par région; 2000

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Source : McGranahan, G., D. Balk et B. Anderson. À paraître. « The Rising Risks of Climate Change: Urban Population Distribution and Characteristics in Low Elevation Coastal Zones. » Environment and Urbanization.


Ces différences proviennent de l’héritage colonial de l’Afrique et de l’Asie, où les grandes villes se sont développées en tant que ports et centres d’exportation de matières premières(21). L’Asie se distingue à cet égard, puisqu’il s’y trouve environ les trois quarts de la population mondiale des zones côtières de basse altitude, ce qui représente les deux tiers de sa population urbaine.

La concentration d’établissements de grandes dimensions dans les zones côtières de basse altitude est frappante : quelque 65 % des villes de plus de 5 millions d’habitants recoupent ces zones, contre 13 % seulement des villes de moins de 100 000 habitants.

Étant donné les menaces réelles et croissantes des changements environnementaux mondiaux dans les zones côtières de basse altitude, le maintien des formes actuelles de croissance urbaine est préoccupant. D’un point de vue environnemental, le développement incontrôlé des zones côtières infligera vraisemblablement des dégâts aux écosystèmes sensibles et importants ainsi qu’à d’autres ressources. Simultanément, le peuplement des zones côtières, en particulier celles de basse altitude, exposera les habitants à des dangers venus de la mer qui sont appelés à s’aggraver du fait des changements climatiques.

Le maintien des modèles d’urbanisation actuels attirera des populations encore plus nombreuses dans les zones côtières de basse altitude. En Chine, en particulier, la croissance économique impulsée par l’exportation est associée à une forte migration vers les côtes (voir figure 8). Le Bangladesh, malgré des taux de croissance économique et d’urbanisation plus faibles, connaît également un déplacement marqué de sa population vers les zones côtières de basse altitude.


Figure 8: Chine : Région côtière de la mer Jaune

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Source: McGranahan, G., D. Balk, et B. Anderson. À paraître. « The Rising Tide: Assessing the risks of Climate Change and Human Settlements in Low Elevation Coastal Zones. » Environment and Urbanization 19 (1).


La protection des habitants des zones côtières des risques liés aux changements climatiques exigerait des mesures d’atténuation et une émigration des zones les plus basses. Elle requerrait également une modification des formes dominantes de peuplement de ces zones.

Ces interventions seraient certes plus faciles dans les nouvelles zones urbaines. Il serait crucial à cet égard d’éviter les politiques qui favorisent le développement des zones côtières et d’imposer simultanément une gestion plus efficace de ces zones. Mais de telles mesures exigent une vision appropriée, un ferme engagement et des délais d’exécution de longue durée.

Il est donc d’une importance primordiale d’anticiper et de planifier sur la base d’informations et d’analyses solides. Malheureusement, les considérations environnementales n’ont pas eu grande influence à ce jour sur les modèles de peuplement. La modification de ces modèles exigerait une approche dynamique et volontariste, pratique rare étant donné la priorité accordée à la croissance économique et dont l’adoption exigera, à son tour, des efforts de sensibilisation et de plaidoyer.


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