Introduction Introduction Chapter 5 Chapitre 5
Chapter 1 Chapitre 1 Chapter 6 Chapitre 6
Chapter 2 Chapitre 2 Notes for Indicators Notes
Chapter 3 Chapitre 3 Notes for boxes Sources des encadrés
Chapter 4 Chapitre 4 Indicators Indicateurs
Chapitre 3 Printer Friendly imprimer cette page
Chapter 1 Repenser la politique de lutte contre la pauvreté urbaine

Fourvoiements et nouvelles orientations

Fermer les portes aux masses : une stratégie perdante

Des logements pour les pauvres

Bond quantique : un nouveau scénario en matière de logement

La réglementation des marchés fonciers urbains : mission impossible ?

Plaidoyer, votes, action, initiative

Et une dose de réalisme

Prévoir pour gouverner

Plaidoyer, votes, action, initiative

Ces initiatives exigent une nouvelle prise de conscience et un niveau sans précédent de soutien politique aux niveaux local et national. La plupart des politiciens, dans des circonstances optimales, ne sont pas disposés à s’attaquer au puissant marché de l’immobilier urbain. La perspective est encore moins attrayante lorsqu’il s’agit de prendre en considération les besoins des pauvres en terres, ainsi qu’il a été décrit ci-dessus. Une initiative essentielle, sans laquelle la plupart des efforts sont voués à l’échec, consiste à réglementer l’appréciation des terres. En d’autres termes, des mesures fiscales sont nécessaires pour empêcher les spéculateurs et les promoteurs de gonfler les prix des terres et des services dans des proportions déraisonnables dès que l’on parle d’allocation de terres à des fins sociales.

Cette approche ne peut pas espérer réunir les suffrages des structures actuelles du pouvoir en milieu urbain. La résistance politique est amplifiée par le décalage temporel entre les mesures proposées et les avantages politiques qui peuvent en découler. En effet, les dépenses de capital politique et financier sont à faire dans l’immédiat, alors que les avantages politiques et économiques à échoir se situent dans un avenir lointain.(23)

Ces complexités expliquent en partie pourquoi la planification de l’utilisation des terres à moyen et à long terme ne figure traditionnellement pas en tête de liste des priorités des pouvoirs publics ou des donateurs. On ne saurait toutefois ignorer purement et simplement les besoins des masses de plus en plus nombreuses. Il faut en particulier se pencher explicitement sur les obstacles juridiques, sociaux et culturels auxquels se heurtent les femmes en matière d’accès à la terre. La prise en compte de ces besoins exige non seulement une ferme volonté politique et des solutions techniques viables, mais aussi un soutien politique coordonné de la part des donateurs et des autres acteurs.

La mobilisation de la volonté politique doit partir du constat que les pauvres ont souvent une part majoritaire dans la croissance démographique urbaine. Elle exige également que les dirigeants et les décideurs acceptent l’inévitabilité de la croissance urbaine et qu’ils traitent les pauvres en tant que citoyens à part entière ayant clairement droit à la ville et à des logements décents. Le fait de ne pas considérer les pauvres comme d’authentiques membres de la communauté urbaine(24) fait obstacle au type de négociations collectives sur l’utilisation des terres, les normes, les services publics et l’environnement, qui peuvent contribuer à la prise en considération efficace des défis urbains les plus vitaux. Cela mine également chez les politiciens la motivation, quelle qu’elle soit, qui les pousserait à relever ces défis.

La sensibilisation des décideurs et des planificateurs, étant donné leur aversion naturelle pour l’urbanisation et la croissance urbaine, exigera un plaidoyer vigoureux et solidement étayé. Les approches pluridisciplinaires et un soutien international à large assise peuvent inverser le courant en apportant des preuves claires, factuelles et convaincantes des changements en cours et des besoins qui en découlent.

Les spécialistes des questions démographiques, en particulier, pourront dégager des enseignements clés qu’ils diffuseront en apportant des données, des analyses et des exemples concrets concernant : a) l’inévitabilité et les réels avantages de l’urbanisation et de la croissance urbaine; b) la futilité du parti pris et des politiques anti-urbaines; c) la part croissante de la pauvreté nationale, désagrégée par sexe, dans les zones urbaines; d) l’efficacité des démarches préventives pour répondre aux besoins des citadins pauvres, hommes et femmes; e) l’importance d’une participation des pauvres aux prises de décision qui concernent leur habitat.


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