Introduction Introduction Chapter 5 Chapitre 5
Chapter 1 Chapitre 1 Chapter 6 Chapitre 6
Chapter 2 Chapitre 2 Notes for Indicators Notes
Chapter 3 Chapitre 3 Notes for boxes Sources des encadrés
Chapter 4 Chapitre 4 Indicators Indicateurs
Chapitre 1 Printer Friendly imprimer cette page
Chapter 1 Les promesses de la croissance urbaine

Un iceberg qui grossit

La deuxième vague d’urbanisation : changement d’échelle

La croissance urbaine à venir : taux, vitesse et ampleur

La moitié du monde urbain vit dans les petites agglomérations

Différences de vitesse et de politiques

Pour des politiques fondées sur les réalités

Pour des politiques fondées sur les réalités

Les décideurs manifestent des appréhensions compréhensibles devant la vitesse et l’ampleur de la croissance urbaine. Beaucoup aimeraient la voir ralentir ou même s’arrêter car le ralentissement du phénomène leur donnerait, théoriquement, plus de latitude pour faire face aux problèmes urbains. Ils s’efforcent généralement de ralentir la croissance en endiguant l’immigration urbaine mais, comme il est exposé au chapitre 3, ce processus est rarement opérant.

Par ailleurs, ces efforts témoignent d’une mauvaise compréhension des racines démographiques de la croissance urbaine, dont la cause prédominante n’est pas aujourd’hui l’immigration, comme le pensent la plupart des gens, mais l’accroissement naturel. La reclassification de zones rurales en zones urbaines y contribue également.
Dans les pays en développement, la croissance des villes durant la « seconde vague » (encadré 2, ci-dessus) est due à des taux d’accroissement naturel supérieurs à ce qu’ils étaient en Europe et en Amérique du Nord au plus fort de l’urbanisation de ces deux régions.

Le dernier effort de recherche générale visant à isoler l’accroissement naturel des autres composantes de la croissance urbaine attribue à ce facteur une valeur moyenne d’environ 60 %(26). Le reste de la croissance urbaine, quelque 40 %, provient d’une combinaison de la migration et de la reclassification.

Au fil du temps et à mesure que les pays s’urbanisent, la proportion de la croissance urbaine attribuable à l’accroissement naturel augmente inévitablement. En effet, plus le niveau d’urbanisation s’élève, plus le réservoir de ruraux candidats à l’émigration se réduit et plus le nombre de citadins contribuant à l’accroissement naturel augmente.
Certes, la situation des divers pays présente de notables variations. En Inde, une analyse récente des composantes de la croissance urbaine de 1961 à 2001 a constaté que la part de la croissance attribuable à l’accroissement naturel urbain avait varié de 51 % à environ 65 % au cours de la période considérée(27). En Amérique latine, quelque 65 % de la croissance urbaine actuelle provient de l’accroissement naturel, malgré la chute abrupte des taux de fécondité, notamment en milieu urbain(28). La situation de la Chine, où la migration prédomine depuis peu, est à cet égard inhabituelle(29).

Étant donné l’importance de l’accroissement naturel et l’échec des politiques anti-migration, il semblerait judicieux et de bonne logique, pour réduire le taux de la croissance urbaine, d’axer les efforts davantage sur la baisse de la fécondité que sur le contrôle de la migration. L’émigration vers les villes ayant souvent pour cause sous-jacente la haute fécondité en milieu urbain, une réduction de la fécondité dans les zones tant rurales qu’urbaines peut freiner la croissance urbaine. Cette réduction donnerait aux dirigeants plus de temps pour se préparer à l’expansion de la population urbaine.

Les politiques qui visent à freiner la croissance urbaine devraient donc porter leur attention sur les facteurs positifs qui induisent une réduction de la fécondité, à savoir le développement social, les investissements dans la santé et l’éducation, l’autonomisation des femmes et l’amélioration de l’accès aux services de santé en matière de reproduction. Il est surprenant, à la réflexion, de constater à quel point les politiques orientées dans ce sens ont été rares, par comparaison aux mesures visant à s’opposer à la migration(30). Ce sujet est traité dans le dernier chapitre du présent rapport.



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