Introduction Introduction Chapter 5 Chapitre 5
Chapter 1 Chapitre 1 Notes for Indicators Notes
Chapter 2 Chapitre 2 Noties for quotations Sources des citations
Chapter 3 Chapitre 3 Notes for boxes Sources des encadrés
Chapter 4 Chapitre 4 Indicators Indicateurs
 
Chapitre 4 Printer Friendly imprimer cette page
Chapter 1 Par force, non par choix : Les femmes réfugiées et demandeuses d’asile

Un élargissement des protections et de la reconnaissance

La violence à l'égard des femmes et des filles

Santé procréatrice, notamment prévention du VIH

Rapatriement, intégration et réinstallation

Rapatriement, intégration et réinstallation

Les réfugiés ont généralement trois "solutions durables" à leur disposition : le rapatriement volontaire dans le pays d'origine; l'intégration locale dans le pays où ils ont reçu asile; ou la réinstallation dans un pays tiers(62). Comme on l'a déjà dit, cependant, de nombreux réfugiés finissent par vivre dans les camps de longues années, avec des chances limitées que l'une quelconque des trois solutions susmentionnées se matérialise.

Les organisations internationales, notamment le HCR et l'OIM, coordonnent le rapatriement et offrent des services médicaux. Elles accompagnent aussi les réfugiés les plus vulnérables. Les gouvernements des pays hôtes sont souvent favorables au rapatriement et ignorent la possibilité de l'intégration locale en raison des limitations imposées au nombre de réfugiés - même si cela offre une solution pratique à court et à long terme. Tel est particulièrement le cas là où une instabilité prolongée dans le pays d'origine rend le retour impossible(63). La Papouasie-Nouvelle-Guinée - avec le Belize, le Mexique et l'Ouganda - sont au nombre des rares exceptions(64). En 2005, la Papouasie-Nouvelle-Guinée a accordé à 184 réfugiés d'Indonésie des permis de résidence un an seulement après leur arrivée. En outre, le gouvernement a délivré ces permis tant aux femmes qu'aux hommes en reconnaissance explicite de l'égalité des droits et en vertu de son attachement au principe de l'égalité des sexes(65).

Alors que, pendant de longues années, quelques pays seulement offraient aux réfugiés l'option de se réinstaller dans un pays tiers, davantage proposent maintenant cette autre possibilité(66). Aujourd'hui, le HCR s'efforce de donner priorité aux familles dirigées par une femme et aux victimes de la violence sexiste(67). En 2004, le Bureau du HCR en Guinée s'est tout particulièrement efforcé d'inscrire davantage de femmes dans la liste de 2 500 noms remise au Refugee Program des États-Unis(68). Le Brésil a aussi commencé à accueillir davantage de familles dirigées par une femme. À leur arrivée, on offre à celles-ci des cours de langue, une formation professionnelle, de l'aide pour trouver un emploi, du microcrédit et des soins aux enfants(69).

Mais faciliter l'intégration sociale, culturelle et économique des réfugiées peut s'avérer une entreprise redoutable. Beaucoup d'entre elles supportent le fardeau des besognes domestiques et des soins aux enfants. Les hommes de la famille font parfois objection à ce que les femmes travaillent hors du foyer. L'isolement et le manque de familiarité avec la société du pays hôte peuvent conduire à la dépression. Pour répondre à ces besoins, le Conseil canadien des réfugiés tient des réunions de groupe hebdomadaires à l'intention des réfugiées et assure les soins aux enfants durant ces séances. Les organisateurs encouragent les femmes à s'apporter un appui mutuel et à devenir plus indépendantes(70).

Les programmes qui mettent en contact les immigrants avec d'autres immigrants peuvent être particulièrement utiles aux nouveaux arrivants. En Australie, des immigrantes venues des îles Cook prennent contact avec les réfugiées récemment arrivées de la Corne de l'Afrique(71). Ailleurs, divers efforts sont en cours pour élargir l'accès aux soins de santé et pour surmonter les obstacles socioculturels et linguistiques qui peuvent dissuader beaucoup de rechercher des services. Au Canada, où l'on tente actuellement d'intégrer les réfugiés dans le système de soins de santé existant, des réfugiées de date ancienne et plus expérimentées aident les nouvelles venues à obtenir accès aux services de santé, à l'assistance sociale et à l'éducation(73). En Autriche, le centre de soins de santé Omega dispense des conseils psychologiques et sociaux, aussi bien que des soins de santé, aux réfugiés et aux victimes de la torture, en prêtant attention aux sexospécificités73. Aux États-Unis, l'organisation à but non lucratif RAINBO travaille avec les communautés de réfugiés à faire prendre conscience des problèmes de santé sexuelle et procréatrice, en mettant l'accent sur la mutilation/coupure génitale féminine (M/CGF). Elle travaille aussi avec les agents sanitaires à améliorer la qualité des soins dispensés aux femmes qui ont subi cette pratique(74) .

Malgré les progrès, de sérieuses difficultés subsistent, comme c'est généralement le cas pour les femmes migrantes. Ceci illustre la situation en de nombreux pays hôtes : des progrès inégaux, et un large fossé entre la définition des politiques et leur application.


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