Introduction Introduction Chapitre 5 Chapitre 5
Chapitre 1 Chapitre 1 Notes for Indicators Notes
Chapitre 2 Chapitre 2 Notes for quotations Sources des citations
Chapitre 3 Chapitre 3 Notes for boxes Sources des encadrés
Chapitre 4 Chapitre 4 Indicators Indicateurs
 
CHAPITRE 1 Printer Friendly imprimer cette page
Chapter 1 Le bien, le mal, la promesse : La migration au XXIe siècle

Un monde en mouvement

Des chances inégales sur une planète en voie de mondialisation

Entre le marteau et l'enclume : la migration non réglementée

La migration forcée : réfugiés et demandeurs d'asile

Mobiliser l'espoir : migration internationale, rapatriements de salaires et développement

Fardeau ou aubaine ? L'impact sur les pays d'accueil

La santé des migrants

Au-delà de la différence : accepter la diversité


"Chaque année, en route vers les États-Unis, des milliers de migrants traversent clandestinement le Mexique sur le toit et les côtés de trains de marchandises, comme ce jeune Hondurien." ©Don Bartletti/Los Angeles Times

La migration internationale est un aspect essentiel de la mondialisation vécue d'aujourd'hui. Elle peut jouer un rôle clef dans le développement et la réduction de la pauvreté. Elle comporte de nets avantages qu'il serait possible d'accroître et des inconvénients qu'il serait possible de réduire au minimum. Malgré cela, bon nombre de problèmes qui touchent à la migration sont complexes et délicats. L'introduction dans une culture de peuples issus d'une autre culture engendre généralement le soupçon, la crainte et même une franche xénophobie. Des incidents montés en épingle où des migrants tiennent une place et des débats animés ont, les uns comme les autres, appelé l'attention sur les épisodes d'une "migration qui a mal tourné". Les millions d'épisodes d'une "migration qui a bien tourné" - concernant les femmes, les hommes et les jeunes qui ont quitté leur pays et apportent une contribution aussi bien à leur pays d'adoption qu'à leur pays d'origine grâce à leurs compétences, à leur travail et aux impôts qu'ils paient - tombent souvent en grande partie dans le silence.

Un monde en mouvement

Dès l'aube de l'humanité, il y a eu des migrants. Les exodes et les courants migratoires ont toujours fait partie intégrante de l'histoire humaine, en même temps qu'ils comptent parmi ses principaux facteurs de causalité. Pourtant, les mouvements intercontinentaux de grande ampleur n'ont commencé qu'au XVIe siècle, avec l'expansion de l'Europe et l'établissement de colonies(1). Au cours des deux derniers siècles, la migration a connu une extension sans précédent, principalement du fait de la mondialisation de l'activité économique et de ses effets sur la migration de la main-d'oeuvre(2). Si la grande majorité de ceux qui se déplacent sont encore des migrants internes (individus ou familles dont la migration reste dans les limites de leur propre pays), il y a un nombre substantiel de migrants internationaux(3).

Les dernières décennies ont vu le panorama de la migration changer radicalement à mesure que les transports et communications s'amélioraient sur une planète de plus en plus mondialisée. Toutes les nations sont désormais concernées par le mouvement des populations - que ce soit comme pays d'origine, de transit ou d'accueil. Le nombre de personnes qui vivent en dehors de leurs pays d'origine a presque doublé au cours des 50 dernières années - atteignant 191 millions en 2005(4). Les femmes représentent maintenant près de la moitié de tous les migrants et sont les plus nombreuses dans les courants de migration vers les pays développés (voir chapitre 2).

La migration peut être volontaire ou forcée, bien que l'expérience réelle puisse tenir de l'une et de l'autre variétés. La majorité des migrants quittent leur pays pour travailler, retrouver leur famille ou se marier. La demande de main-d'ouvre migrante (c'est-à-dire de ceux qui cherchent à l'étranger de meilleures perspectives économiques) a été un facteur essentiel de l'augmentation du nombre des migrants vers les pays développés(5). C'est en pensant à ce groupe que les experts invoquent le rôle potentiel de la migration dans le développement et la réduction de la pauvreté - notamment compte tenu de l'impact sensible que les rapatriements de salaires et divers autres avantages peuvent avoir sur les pays d'origine. La migration forcée et la traite des humains, d'autre part, recouvrent les vulnérabilités les plus déchirantes liées aux mouvements de population internationaux - en particulier quand des femmes et des enfants sont concernés (voir chapitres 3 et 4).

Malgré les impressions contraires, la proportion des migrants internationaux au niveau mondial est restée relativement faible, passant seulement de 2,5 % de la population mondiale en 1960 à 2,9 % en 2000(6). Néanmoins, la migration nette représente une part importante et toujours plus grande de la croissance démographique dans les régions développées - les trois quarts en 2000-2005 (voir la figure 1 pour les prévisions)(7). Si l'émigration n'a pas conduit à un ralentissement sensible de la croissance démographique dans les régions en développement, dans 48 pays - pour la plupart, des États de petite taille ou insulaires - le chiffre de la population a diminué de plus de 15 %(8).

Aujourd'hui, le nombre de personnes qui vivent hors de leur pays d'origine est plus élevé que jamais dans l'histoire. Si tous les migrants internationaux vivaient sur le même sol, ils constitueraient aujourd'hui le cinquième pays du monde par ordre de population - après la Chine, l'Inde, les États-Unis et l'Indonésie(9). Cependant, la migration s'est en fait ralentie : le nombre absolu de nouveaux migrants internationaux est tombé de 41 millions entre 1975 et 1990 à 36 millions entre 1990 et 2005(10). Ce recul peut être attribué en partie à la chute du nombre des réfugiés.

Les pays en développement enregistrent une très nette réduction du taux de croissance de l'immigration, tandis que dans les pays développés (à l'exclusion de l'ex-Union soviétique) cette croissance continue de progresser : sur les 36 millions de migrants entre 1990 et 2005, 33 millions se sont établis dans les pays industrialisés(11). Ces tendances révèlent que 75 % de tous les migrants internationaux vivent aujourd'hui dans 28 pays seulement(12). Entre 1990 et 2005, 75 % de l'augmentation s'est située dans 17 pays seulement, tandis que la migration a effectivement baissé dans 72 pays(13). Au total, la migration est concentrée dans un nombre de pays relativement faible : un migrant sur quatre vit en Amérique du Nord et un sur trois en Europe(14).



Figure 1: Etat de ratification des instruments juridiques internationaux relatifs a la migration internationale

Click here to enlarge image

Source: United Nations. 2006. International Migration and Development: Report of the Secretary-General (A/60/871).




CONTENTS