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UNFPA - United Nations Population Fund

State of World Population 2005

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CHAPITRE 7

© Marie Dorigny/UNFPA
À Tigray (Ethiopie), une villageoise se couvre le visage.

La violence sexiste :
une prix trop élevé

-L'ampleur et les nombreuses formes de la violence sexiste

-La violence contre les femmes et les OMD

-Se mobiliser pour une 'tolerance zero'

-Les hommes prennent position

Les hommes prennent position


Certaines initiatives acquièrent plus de force en mobilisant des groupes d'hommes pour promouvoir une culture de "tolérance zéro" face à la violence sexiste. La campagne Ruban blanc, par exemple, lancée au Canada et qui constitue la plus vaste activité de son genre dans le monde, part de l'idée que tous les hommes et tous les garçons doivent assumer la responsabilité de mettre fin à la violence contre les femmes. La participation est ouverte à tout homme qui est opposé à la violence contre les femmes. Le port d'un ruban blanc représente un engagement personnel de ne jamais commettre ni tolérer d'actes de violence contre les femmes, ni de garder le silence à ce sujet. L'organisation encourage la réflexion qui conduit les hommes à agir individuellement et collectivement, distribue dans les écoles des pochettes éducatives, aborde des problèmes de politique générale et travaille en collaboration avec les organisations de femmes(74). En 2004, une campagne nationale pour arrêter la violence contre les femmes a été lancée au Brésil par des groupes d'hommes et de femmes avec le soutien d'ECOS, organisation de recherche centrée sur la parité des sexes et la sexualité. Dans le cadre de la campagne, des acteurs comiques bien connus ont prêté leur concours à une vidéo affirmant que la violence contre les femmes n'est "pas drôle"(75).

Une ONG philippine, Harnessing Self-Reliant Initiatives and Knowledge, a mis au point un modèle de formation soucieuse d'égalité des sexes sur les stéréotypes sexuels, la violence contre les femmes et d'autres problèmes connexes. Certains des participants ont formé des groupes dans le but d'atteindre d'autres hommes et d'intervenir auprès des partenaires violents(76). Au Cambodge, l'association « Des hommes contre la violence contre les femmes » soutient des campagnes annuelles contre la violence sexiste et s'efforce de fournir aux jeunes des rôles modèles(77).

Bien que l'ampleur des dommages qu'elle cause soit de plus en plus reconnue, les réactions aux problèmes de la violence sexiste demeurent insuffisantes. Plusieurs initiatives n'ont eu qu'un impact limité en raison du manque de politiques et de plans d'action d'ensemble, ainsi que de la maigreur des données et des recherches sur lesquelles fonder et suivre ces initiatives. Fréquemment, les mécanismes d'application sont faibles et les ressources insuffisantes. Il est nécessaire de créer, améliorer et mettre pleinement en oeuvre les cadres juridiques permettant de s'attaquer à la violence contre les femmes, car il s'agit de droits humains et d'un souci majeur de santé publique. Puisque la violence sexiste est si largement tolérée, une transformation sociale s'impose en fin de compte pour s'y attaquer avec succès. Toute approche globale et assurée du succès comporte les éléments ci-après : renforcement des systèmes juridiques; investissements dans la sécurité, l'éducation, la santé et les droits en matière de procréation, ainsi que dans l'accès des femmes à l'autonomie sur le plan économique; éducation soucieuse d'égalité des sexes dès un jeune âge; systèmes de santé publique fournissant aux victimes soins appropriés et appui; mobilisation des communautés, de l'opinion et des dirigeants religieux, ainsi que des médias; et action auprès des hommes jeunes ou adultes pour qu'ils prennent fermement position sur le problème.

L'insuffisance des budgets(78) et les priorités concurrentes expliquent en partie l'inaction sur ce point. Cependant, le coût de mesures efficaces pour réduire la violence est insignifiant en comparaison de son impact humain, social et économique sur la génération présente et les générations futures. Au Tadjikistan, par exemple, le Projet objectifs du Millénaire a évalué à seulement 1,30 dollar par habitant et par an le montant nécessaire pour avoir une meilleure chance d'effectuer une série d'interventions sexospécifiques, parmi lesquelles la lutte contre la violence sexiste(79). Aux États-Unis, la loi sur la violence contre les femmes de 1994 a produit un bénéfice net évalué à 16,4 milliards de dollars, ce qui prouve que les coûts de la prévention sont beaucoup moins élevés que ceux de l'inaction(80). Les investissements dans la prévention de la violence et dans la protection des femmes ont un rapport coût-efficacité très favorable et sont essentiels à la réalisation de l'engagement contenu dans la Déclaration du Millénaire "de créer un environnement . favorable au développement et à l'élimination de la pauvreté"(81).

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