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UNFPA - United Nations Population Fund

State of World Population 2005

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CHAPITRE 7

© Marie Dorigny/UNFPA
À Tigray (Ethiopie), une villageoise se couvre le visage.

La violence sexiste :
une prix trop élevé

-L'ampleur et les nombreuses formes de la violence sexiste

-La violence contre les femmes et les OMD

-Se mobiliser pour une 'tolerance zero'

-Les hommes prennent position

Se mobiliser pour une 'tolérance zéro'


Depuis des décennies, les avocats des droits de la femme et des institutions internationales comme le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) travaillent à promouvoir une culture de tolérance zéro face à la violence à l'égard des femmes. Un nombre croissant de communautés, de coalitions et de pays se mobilisent autour de cette cause.

Vingt-cinq pays environ ont manifesté leur engagement en élaborant des plans d'action nationaux sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes(64). De nombreux pays adoptent également des lois visant diverses formes de violence sexiste. Par exemple, la Tunisie a criminalisé le harcèlement sexuel en 2004. Au Niger, une loi de 2003 définit le viol et le harcèlement sexuel et interdit toute forme de réduction en esclavage des femmes et des enfants(65). Au Kirghizistan, une loi a été adoptée en 2003 à l'initiative d'organisations non gouvernementales, qui ont réuni 30 000 signatures au niveau des communautés, ce qui ne s'était jamais vu auparavant, pour promouvoir une législation contre la violence. La Jordanie a cessé d'accorder l'impunité aux crimes d'honneur. Davantage de pays ont criminalisé le viol conjugual(66).

La violence sexiste est un problème multidimensionnel qui exige une réaction multiforme. En Inde, les Centres de conseils aux familles, créés par le service de police de l'État de Madhya Pradesh et soutenus par l'UNFPA, fournissent des conseils et des services juridiques dans les cas suivants : violence liée à la dot, harcèlement par la belle-famille, mariage d'enfants, viol et sévices(67). L'UNFPA a aussi travaillé en étroite liaison avec le Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires afin d'amplifier leurs activités de plaidoyer au niveau national en faveur d'un renforcement des lois et des organismes d'application de celles-ci(68). Au Kenya, des services de conseils aident les filles qui s'enfuient pour échapper à la mutilation/coupure génitale ou au mariage forcé à regagner leur domicile sans risques(69). La Chine a produit à l'intention des travailleurs sociaux un manuel sur la violence familiale(70). Il est essentiel de diffuser l'information juridique dans un langage qui soit facilement compréhensible pour garantir que les communautés, les femmes et les éventuels auteurs de violences - en particulier s'ils sont analphabètes, vivent dans la pauvreté ou parlent une langue différente - soient informés des droits et sanctions inscrits dans la loi.

Au Honduras, près d'une femme sur six âgée de plus de 14 ans déclare avoir été victime de violences physiques. Une initiative encore sans exemple consiste à former les officiers de police à se montrer plus soucieux des sexospécificités quand ils interviennent dans les affaires de violence familiale. Le Ministère de la sécurité, la police nationale, l'Institut national des affaires féminines et l'UNFPA, agissant en partenariat, ont atteint leur but de former tous les diplômés de l'Institut national de police - environ 1 500 par an. Le cours relatif à la violence sexiste fait maintenant partie du programme ordinaire de formation de la police. La conférence régionale de 2004 sur la bonne gouvernance et l'égalité des sexes, réunie par la CEPALC, a reconnu dans cette initiative une "meilleure pratique" et l'a louée dans son rapport annuel comme la seconde des grandes réalisations du Gouvernement du Président actuel. Depuis que le projet a commencé en 2002, le nombre d'affaires de violence familiale signalées aux autorités a sensiblement augmenté, résultat de la collaboration de nombreuses autres organisations et institutions qui se sont mobilisées pour affronter le problème. Au niveau régional, le Conseil de la parité des sexes, qui relève de la Commission des chefs de la police en Amérique centrale et dans les Caraïbes, continue avec le soutien de l'UNFPA son activité en vue d'améliorer les réactions à la violence contre les femmes au moyen d'une formation et de protocoles soucieux d'égalité des sexes.

32    |    AU PANAMA, UNE CAMPAGNE CONTRE LE TOURISME SEXUEL
              ET L'EXPLOITATION SEXUELLE

Avec le soutien de l'UNFPA, la Direction nationale panaméenne des questions féminines a lancé une campagne médiatique contre l'exploitation sexuelle le 25 novembre 2004, Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. La campagne a ciblé le grand public, les fonctionnaires, les médias et les touristes, et fait connaître une loi sur le tourisme sexuel adoptée en 2000. Elle a diffusé des messages radio de célébrités, distribué des affiches dans les magasins de quartier, les cybercafés, les hôtels et casinos, et remis des pochettes d'information aux responsables gouvernementaux et aux journalistes. En présence des médias, l'épouse du Président et de hautes personnalités gouvernementales ont distribué aux touristes, à l'aéroport national, des cartes postales encourageant un tourisme sans danger de préférence au tourisme sexuel.


CAMPAGNES NATIONALES : DES 'GAINS RAPIDES'. Les campagnes nationales contre la violence sexiste sont l'une des solutions offrant un "gain rapide" recommandées par le Projet objectifs du Millénaire. Il s'agit d'initiatives relativement peu coûteuses et à fort impact dont on attend de recueillir des bénéfices pour le développement avant trois ans(71). Dans certains pays, les efforts sont déjà en cours. Par exemple, la campagne "Arrêter la violence contre les femmes" a été lancée en Turquie en 2004 avec l'appui de l'UNFPA. Le Gouvernement a fait appel à des célébrités et des athlètes qui sont apparus dans des messages publicitaires diffusés sur 15 chaînes de télévision. La Fédération turque de football a produit des tee-shirts portant un slogan contre la violence et les dirigeants religieux ont prononcé des allocutions aux prières du vendredi dans toutes les mosquées. Le secteur privé a également participé à la campagne, apportant son soutien financier et se faisant le champion de la cause(72). En Amérique latine et dans les Caraïbes, une campagne interinstitutions des Nations Unies a été à l'origine d'un progrès durable concernant ce problème (voir encadré 31) et a prêté appui à d'autres activités. La Thaïlande a lancé sa campagne "Amour et paix au foyer"(73). Au Burundi, l'UNFPA a joué un rôle dirigeant dans une campagne nationale qui s'attaquait à la violence sexuelle contre les femmes, notamment en finançant une recherche sur l'ampleur de la violence sexuelle parmi les groupes de population déplacés. En 2004, du fait de la campagne, le nombre de femmes victimes de la violence sexuelle recherchant des services dans les centres d'ONG soutenus par l'UNFPA a augmenté de 53 %. Ces centres prêtent également une aide juridique aux femmes violées par l'entremise de l'Association burundaise des femmes juristes et de la Ligue des droits humains ITEKA.

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