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Santé maternelle
Sur 45 millions environ d’avortements provoqués chaque
année, à peu près 19 millions sont pratiqués dans des
conditions dangereuses (c’est-à-dire par des personnes non
qualifiées dans des conditions très peu hygiéniques); près de
70 000 femmes en meurent, ce qui représente 13 % des décès
liés à la grossesse(47).
De nombreux services nationaux de santé consacrent
un pourcentage élevé de lits, dans les centres de deuxième
et troisième niveaux, à l’accueil des nombreuses femmes
qui ont besoin d’un traitement d’urgence après avortement.
En Afrique subsaharienne, jusqu’à 50 % des lits des services
de gynécologie sont occupés par des patientes souffrant de
complications de l’avortement(48).
Par un consensus qui a fait date, la CIPD a demandé que
toutes les femmes aient accès au traitement pour complications
liées à l’avortement, aux conseils d’après avortement, à
l’éducation et aux services de planification familiale, quelle
que soit la légalité de l’avortement dans leur pays(49).
Les soins d’après avortement sont rentables, évitent le
recours à de nouveaux avortements et aident les femmes à
répondre à leurs intentions procréatrices(50). De nombreux
pays reconnaissent maintenant la contribution que ces soins
peuvent apporter s’agissant de sauver la vie de femmes. Par
exemple, au Kenya, les directives concernant les services de
santé en matière de reproduction datées de 1997 énoncent :
“Le traitement rapide des complications d’après avortement
constitue une part importante des soins de santé, qui doit
être offerte à tout hôpital de district.”(51).
Un consortium international a adopté un modèle de
soins d’après avortement, dont le but est d’aider les femmes
à éviter de nouvelles grossesses non désirées et d’autres
problèmes de santé en matière de reproduction, loin de se
limiter à répondre à leurs besoins d’urgence. Elaboré d’abord
par l’ONG Ipas, le modèle comprend : un traitement d’urgence
pour les complications des fausses couches ou de l’avortement
provoqué; des conseils et services de planification
familiale; la gestion des infections sexuellement transmissibles;
des conseils conçus en fonction des besoins affectifs et
physiques de chaque femme; et des partenariats entre la
communauté et les prestataires de services(52).
Au moins 40 pays ont commencé des programmes de
soins d’après avortement depuis la CIPD, parmi lesquels le
Honduras, le Malawi, le Mexique et le Zimbabwe(53). Le
nombre de centres offrant des soins d’après avortement a
sensiblement augmenté en Égypte de 1999 à 2001(54), et le
traitement des complications de l’avortement incomplet
fait maintenant partie des protocoles de soins obstétricaux
essentiels(55).
Le Ministère de la santé du Myanmar a intégré, au
niveau des petites villes, les soins d’après avortement et les
services de contraception dans les soins de santé existants.
Les sages-femmes effectuent maintenant des visites de suivi
au domicile des femmes qui souffrent de complications liées
à l’avortement et leur proposent sur demande des méthodes
de planification familiale(56).
LES SERVICES RESTENT EN DEÇÀ DES BESOINS. Cependant,
le manque d’accès au traitement pour l’avortement incomplet
est toujours un problème majeur. Une étude menée en
Éthiopie a établi que 16 centres de santé seulement sur 120
étaient en mesure de fournir un transport d’urgence pour
venir en aide aux femmes qui ont besoin de soins après un
avortement(57). Il est difficile de réunir des données quant au besoin de soins après un avortement. Une étude sur les
hôpitaux du Kenya a montré que l’avortement était une
cause majeure d’admission, mais figurait rarement en tant
que cause sur le registre des décès, “ce qui est probablement
dû à l’opprobre qui s’attache à la mortalité consécutive à
l’avortement”(58).
Les tabous sociaux qui entourent l’avortement(59) et les
peines frappant aussi bien les femmes à la recherche d’un
avortement que les praticiens constituent des obstacles
supplémentaires en de nombreux pays, même ceux où les
soins d’après avortement sont légaux. Une étude menée au
Zimbabwe a établi que la raison la plus généralement donnée
pour ne pas rechercher une attention médicale rapide en cas
de complications de l’avortement tenait à la crainte d’être
dénoncée à la police(60).
Les adolescentes représentent un pourcentage élevé des
avortements illégaux. Dans leur cas, l’opprobre, la honte
et la désapprobation des prestataires de soins peuvent être
très marqués et les décourager souvent de chercher un
traitement.
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