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Santé en matière de reproduction et planification familiale
Quelque 340 millions de nouveaux cas d’infections bactériennes
sexuellement transmissibles surviennent chaque année
(notamment syphilis, blennorrhée, chlamydia et trichomonas)
chez des personnes âgées de 15 à 49 ans(23). Si la plupart
des cas peuvent être soignés, beaucoup ne sont pas diagnostiqués
et ne reçoivent aucun traitement faute de services
accessibles(24). Les IST non traitées constituent une cause
majeure de stérilité, qui touche 60 à 80 millions de couples
dans le monde entier.
Plus des trois quarts des cinq millions de nouveaux cas
d’infection par le VIH qui surviennent chaque année sont
transmis par des rapports sexuels (voir Chapitre 8). Une IST
non traitée peut décupler le risque d’infection et de transmission
du VIH(25). Une autre IST virale, le papillomavirus
humain, est liée au cancer du col de l’utérus, qui tue 240 000
femmes chaque année. Les préservatifs, masculins comme
féminins, sont l’unique méthode contraceptive qui assure
une protection notable contre les IST virales et
bactériennes(26).
La CIPD a demandé que le dépistage et le traitement des
IST, de même que l’information et les conseils, deviennent
des composantes intégrales de tous les services de santé en
matière de reproduction et de sexualité(27).
DIFFÉRENCES SEXOSPÉCIFIQUES. Au cours de la dernière
décennie, on a porté une attention croissante au rôle critique
du sexe dans le diagnostic et le traitement des IST. Les femmes sont plus exposées à l’infection que les hommes
et leur dépistage est plus difficile : 70 % des femmes atteintes
d’IST n’ont pas de symptômes (contre 10 % des hommes)(28).
La gestion des IST peut tenir une place importante dans
l’offre de services de planification familiale. Là où l’équipement
nécessaire au dépistage des IST n’est pas disponible, les
agents sanitaires font un diagnostic global en fonction des
facteurs de risque et des symptômes du client. Mais cette
approche a ses limitations, et les infections ne sont souvent
ni diagnostiquées ni traitées(29).
Les IST non traitées chez les femmes enceintes peuvent
faciliter la transmission de l’infection au nourrisson et
comporter le risque d’un accouchement avant terme, d’une
insuffisance pondérale à la naissance ou de la cécité du
nouveau-né(30).
INTÉGRATION. Assurer le dépistage, le diagnostic et le traitement
des IST dans le cadre des soins de santé en matière
de reproduction donne l’occasion d’atteindre les millions de
femmes qui recherchent ces services, dont beaucoup n’ont
pas d’autres contacts avec le système de santé. L’expérience
montre qu’en intégrant la prévention des IST, la planification
familiale et la délivrance de conseils sur la sexualité
et les relations entre partenaires, on peut favoriser une
utilisation accrue des services(31).
Les services intégrés, plutôt que les centres autonomes
ou le traitement par des médecins privés, permettent des
économies en coûts, personnel, fournitures et équipement et conviennent généralement mieux à la clientèle(32). Mais les
efforts faits pour démanteler les programmes d’IST verticaux
se sont heurtés à une certaine résistance.
L’Indonésie a commencé en 1995 d’intégrer les services
pour IST dans les autres services de santé en matière de
reproduction. Pour surmonter l’opprobre lié aux soins pour
IST ou les préoccupations dues au fait que les travailleurs de
l’industrie du sexe fréquentent les centres sanitaires, les services
pour IST ont été offerts en dehors de l’horaire normal
d’ouverture des dispensaires et dans des salles d’examen
distinctes(33).
Lors de l’enquête mondiale de l’UNFPA en 2003, 43 pays ont
signalé avoir pris depuis la CIPD des mesures pour intégrer
l’information sur les IST et/ou la prévention du VIH/sida
dans les soins de santé primaires(34). L’Équateur, le Libéria, le
Mozambique et le Zimbabwe, par exemple, font maintenant
place aux services pour IST dans les centres de santé primaires(35).
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