UNFPAState of World Population 2004
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HOME: ÈTAT DE LA POPULATION MONDIAL 2004: Population et environnement
Ètat de la population mondiale 2003
Sections
Introduction
Population et pauvreté
Population et environnement
Migration et urbanisation
Égalité entre les sexes et affranchissement des femmes
Santé en matière de reproduction et planification familiale
Santé maternelle
Prévention du VIH/sida
Les adolescents et les jeunes
Santé en matière de reproduction pour les communautés en crise
Mesures prioritaires
Notes
Sources des encadrés
Indicateurs
Diagrammes et tableaux

Population et environnement

L’impact de la population sur l’utilisation des ressources
Pauvreté et stress environnemental
Les dimensions sexospécifiques du changement écologique

Les dimensions sexospécifiques du changement écologique

Dans le monde en développement en particulier, le mode de production et d’utilisation des ressources est très souvent fonction du sexe. Par exemple, femmes et filles passent des heures chaque semaine à chercher l’eau pour les besoins de la famille; quand l’approvisionnement en eau est irrégulier, ce sont elles qui en souffrent les plus lourdes conséquences(10). Au Soudan, où la déforestation a eu pour effet de quadrupler le temps que les femmes passent à faire la cueillette du bois pour la cuisine, l’énergie dépensée à transporter l’eau et le combustible absorbe un tiers de leur ration quotidienne de calories, selon l’Organisation mondiale de la santé(11).

Les droits aux ressources naturelles sont souvent déterminés dans une large mesure par des préjugés sexuels. Peu de femmes possèdent des biens (dans certains pays, cela leur est interdit par la loi) et peu participent à la prise de décisions de haut niveau sur l’environnement. Pour l’essentiel, les hommes sont encore responsables en grande partie de décider comment les ressources naturelles sont utilisées, qu’il s’agisse de l’industrie, de l’extraction des minéraux, de l’élevage sur les terres de pâture et du régime d’occupation des sols.

Les institutions spécialisées dans le développement continuent d’offrir une assistance technique surtout aux hommes, même dans les régions où ce sont les femmes qui portent le bois et l’eau et qui labourent le sol. Quand les représentants du gouvernement ou les chefs de la communauté ne reconnaissent pas les différences dans la manière qu’ont les femmes d’utiliser les ressources – par exemple, en faisant pousser des légumes pour la consommation familiale dans les espaces libres entre les cultures de rapport dont les hommes ont la charge –, les ressources sont facilement détruites(12).

Mais, quand on laisse les femmes participer à la gestion des ressources naturelles, les résultats peuvent être spectaculaires.

Après l’échec d’un projet d’approvisionnement en eau qui avait exclu les femmes dans le district de Kirinyaga, au Kenya, celles-ci ont formé le Groupe des femmes de Kugeria et demandé au Ministère de la mise en valeur des ressources hydriques de les aider à obtenir accès à une eau salubre de prix abordable. Grâce à leurs efforts, elles ont apporté l’eau à 300 familles, amélioré l’assainissement et accru la production agricole. Les femmes sont aussi devenues des chefs de communauté, travaillant à construire un dispensaire et à assurer l’accès aux services de planification familiale et de santé en matière de reproduction(13).

7 LA CIPD ET LE DÉVELOPPEMENT AXÉ SUR LA POPULATION

Avant la CIPD, de nombreux responsables tendaient à concevoir le “développement” au sens restreint de la croissance économique, mesurée par le produit national brut. Les prescriptions relatives au développement se limitaient souvent à un agenda économique portant sur l’investissement, les négociations commerciales, la construction de l’infrastructure et l’aide monétaire. L’égalité et l’équité entre les sexes, la santé, l’éducation et l’état de l’environnement apparaissaient comme des considérations secondaires, si même on les abordait.

Dix ans après la Conférence du Caire, il est bien plus largement reconnu qu’une bonne gestion de l’environnement, la santé de la population et la condition des femmes sont solidaires et influent sur la vitesse et l’ampleur du développement national. Un développement digne de ce nom doit améliorer la vie de chacun.

Certains démographes et chercheurs intéressés par les relations entre l’ensemble population-développement et l’environnement affirment que la Conférence du Caire a mis à l’excès l’accent sur les services de santé en matière de reproduction et de sexualité et négligé les relations au macroniveau entre la croissance démographique et, d’autre part, l’environnement, l’économie, la réduction de la pauvreté, l’éducation et le logement.

Cette critique n’est pas fondée. Le Caire a reconnu que la promotion des droits de l’individu sur le plan de la santé en matière de reproduction et de sexualité conduirait aussi bien à un progrès au macroniveau – à savoir, que le fait de répondre aux désirs exprimés et de garantir le droit de chacun de choisir le nombre de ses enfants, le moment et l’espacement de leur naissance permettrait de ralentir une croissance démographique rapide sans devoir recourir à des cibles démographiques. De fait, en donnant aux systèmes de santé les moyens de répondre aux besoins et aux souhaits individuels dans un climat plus accueillant à la clientèle, on pourrait même accélérer la diffusion de la planification familiale.

LA MISE EN PLACE D’APPROCHES INTÉGRÉES. Après Agenda 21 et la CIPD, une plus grande attention s’est portée, au niveau international, sur la manière dont les femmes gèrent les ressources naturelles, ce qui recouvre notamment les efforts tendant à intégrer la planification familiale et la santé en matière de reproduction dans les programmes de protection de l’environnement. Certains groupes écologiques ont noué des partenariats avec des organisations intéressées aux problèmes de population. Par exemple, Conservation International a fait équipe avec des ONG spécialisées dans la planification familiale et avec l’Institut mexicain de sécurité sociale afin d’élargir l’accès aux soins de santé en matière de reproduction, y compris la planification familiale, et d’arrêter le défrichage de forêts à l’intérieur et aux environs de la réserve de la biosphère des Montes Azules.

Dans les provinces montagneuses du centre de l’Équateur, où les femmes n’ont pas accès aux services de santé en matière de reproduction et où l’érosion du sol est un phénomène répandu, World Neighbors s’est associé à une ONG locale, le Centre d’orientation médicale et de planification familiale, afin de dispenser des soins de santé en matière de reproduction et de promouvoir des améliorations à la gestion locale des ressources naturelles, cela au bénéfice de plus de 4 000 familles.

En mars 2002, à Helsinki, des femmes ministres de l’environnement ou déléguées de 19 pays industrialisés ou en développement ont rencontré des ONG de femmes et rendu publique une déclaration où figuraient les demandes suivantes : droits égaux aux femmes en matière d’accès aux ressources naturelles et de contrôle de celles-ci, notamment concernant le régime d’occupation des sols; adoption de politiques faisant participer les femmes aux décisions relatives à l’utilisation des ressources; meilleure éducation des consommateurs sur les impacts écologiques des produits; et élaboration « de politiques, d’une législation et de stratégies tendant à instaurer l’équilibre entre les sexes en matière de protection de l’environnement et de répartition de ses bénéfices »(14).

DES CHANGEMENTS DE POLITIQUE. Au niveau des politiques, de nombreux pays, s’appuyant sur les recommandations de la CIPD et de son examen après cinq ans, du Sommet du Millénaire et du Sommet mondial de 2002 pour le développement durable, ont souligné les liens entre dynamique de la population, développement durable et protection de l’environnement.

En Azerbaïdjan, par exemple, le programme national de réduction de la pauvreté et de développement économique tient compte des relations mutuelles entre population et environnement; promeut l’éducation publique sur les problèmes écologiques qui affectent directement des groupes de population; s’efforce de contrôler les impacts écologiques de politiques aux niveaux local et communautaire; et insiste sur le fait que la protection et la préservation de l’environnement sont à la fois la source et le résultat d’une croissance économique soutenue.

Aux Seychelles, deux plans détaillés de gestion de l’environnement ont été élaborés au cours de la dernière décennie, intégrant la population et le développement. Le dernier de ces plans, qui couvre la période 2000-2010, est axé sur l’urbanisation, la gestion de l’eau, la population et la santé, les relations entre les sexes, l’économie de l’environnement et le financement durable.

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