UNFPAState of World Population 2004
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HOME: ÈTAT DE LA POPULATION MONDIAL 2004: Mesures prioritaires
Ètat de la population mondiale 2004
Sections
Introduction
Population et pauvreté
Population et environnement
Migration et urbanisation
Égalité entre les sexes et affranchissement des femmes
Santé en matière de reproduction et planification familiale
Santé maternelle
Prévention du VIH/sida
Les adolescents et les jeunes
Santé en matière de reproduction pour les communautés en crise
Mesures prioritaires
Notes
Sources des encadrés
Indicateurs
Diagrammes et tableaux

Mesures prioritaires

Un partenariat avec la société civile
Les ressources nécessaires à l’application du Programme d’action
Mesures prioritaires
Conclusion

Les ressources nécessaires à l’application du Programme d’action

Le Programme d’action de la CIPD a été le premier document international adopté par consensus qui ait compris des évaluations du coût de la mise en œuvre d’interventions déterminées(3). Il a défini un programme essentiel d’actions prioritaires à mener dans le système de santé primaire, à savoir :

  • Planification familiale et infrastructure nécessaire à la prestation de services;


  • Services additionnels de santé en matière de reproduction (soins prénatals, accouchement dans des conditions normales et sans danger; information, éducation et communication relatives à la santé en matière de reproduction – concernant notamment les IST, la sexualité humaine et la parenté responsable – et contre des pratiques nuisibles comme la coupure génitale féminine; prévention de la stérilité; délivrance de conseils, diagnostic et traitement des infections sexuellement transmissibles; et aiguillages, éducation et conseils relatifs aux complications de la grossesse et de l’accouchement);


  • Prévention des IST, dont le VIH/sida;


  • Données, recherche et élaboration de politiques concernant la population et la santé en matière de reproduction.


Le coût annuel de cet ensemble d’interventions a été évalué à 17,1 milliards de dollars en 2000, chiffre passant à 18,5 milliards de dollars en 2005, 20,5 en 2010 et 21,7 en 2015. Aux termes du consensus atteint, les pays en développement réuniraient les deux tiers des montants nécessaires sur leurs ressources intérieures et les pays donateurs fourniraient une aide internationale de l’ordre d’un tiers du montant total.

Le Programme d’action a noté que ces évaluations seraient révisées avec le temps(4), et que des ressources additionnelles seraient nécessaires à différents niveaux des systèmes de santé et pour des interventions d’appoint dans des domaines tels que l’éducation, la réduction de la mortalité, l’affranchissement des femmes et la participation sociale.

DE NOUVELLES PRÉVISIONS. Après la CIPD, d’autres évaluations de coûts ont été faites pour l’agenda du développement dans son acception la plus large. L’Initiative 20/20 destinée à répondre aux besoins de base en matière de services sociaux, entérinée par le Sommet mondial pour le développement social en 1995, appelait les pays en développement à consacrer 20 % de leur budget national à la santé, à l’éducation et aux autres aspects sociaux du développement, et les pays donateurs à affecter 20 % de leur aide au développement à ces mêmes domaines. La Commission de la macroéconomie et de la santé a évalué à 66 milliards de dollars par an le montant total nécessaire pour un ensemble prioritaire d’interventions de santé dans les pays à faible revenu(5).

Dans le cadre de la santé en matière de reproduction, un montant estimatif de 7 à 10 milliards de dollars qui serait nécessaire chaque année pour couvrir la prévention et le traitement du VIH/sida et les soins aux personnes atteintes a été présenté à la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies consacrée au VIH/sida, en 2001. Des analyses ultérieures ont augmenté le montant prévu(6). On a évalué à 9,2 milliards de dollars par an le montant nécessaire d’ici à 2005 pour mener à bien les interventions clefs et mettre en place l’infrastructure. Les composantes “prévention” de ces évaluations n’ont été que très légèrement supérieures aux chiffres fixés à la CIPD(7).

De nouvelles évaluations des montants nécessaires pour couvrir l’ensemble des interventions relatives au VIH/sida sont en cours d’établissement afin de tenir compte tant de la diffusion continue de la pandémie que du besoin de fonds additionnels pour renforcer l’infrastructure sanitaire et pouvoir ainsi prêter les services nécessaires.

Cet exemple démontre le caractère dynamique des prévisions en matière de ressources, à mesure que les priorités sont aménagées en fonction de la situation locale et que les montants requis par la mise en oeuvre sont mieux compris. Il est toujours difficile de déterminer à l’avance les coûts de la transition à de nouveaux systèmes de planification, de gestion et de prestation des services.

C’est un souci prioritaire que d’établir un lien entre la prévention du VIH/sida et les programmes de santé en matière de reproduction(8). Les nouveaux programmes verticaux consacrés au VIH/sida ont des coûts d’amorçage qui couvrent la mise en place de systèmes de gestion solides et d’autres besoins institutionnels(9). S’il est plus facile de suivre les flux de ressources destinés à des programmes verticaux spéciaux (plutôt que de devoir extraire les coûts ciblés des budgets du système de santé), une programmation intégrée peut répondre à des besoins multiples et tirer utilement parti des synergies entre diverses composantes, tout en offrant l’avantage d’économies d’échelle(10).

Malgré les difficultés inhérentes au suivi des flux de ressources, l’UNFPA fait régulièrement rapport sur le financement de l’ensemble d’interventions de base de la CIPD concernant la population et la santé en matière de reproduction. Les contributions des donateurs se sont élevées en 2003 à environ 3,1 milliards de dollars, soit seulement 54 % de l’engagement prévu dans le Programme d’action pour 2000 et 51 % des besoins correspondants pour 2005.

Les dépenses internes des pays en développement pour ce même ensemble d’interventions ont été évaluées en 2003 à 11,7 milliards de dollars. Toutefois, une forte proportion de ces dépenses vient de quelques grands pays comme le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie et le Mexique. De nombreux pays – en particulier les plus pauvres, dont les dépenses de santé par habitant sont faibles – sont surtout tributaires du financement des donateurs pour la planification familiale, la santé en matière de reproduction, le VIH/sida et les données relatives à la population, les besoins qu’exigent la recherche et la définition de politiques(11).

Les limitations qui freinent le progrès ne sont pas seulement d’ordre financier. Pour déployer les ressources avec le maximum d’efficacité, il faudra procéder à un échange d’informations et de technologies et obtenir d’autres formes d’assistance technique.

LES BESOINS EN RESSOURCES HUMAINES. Il est impossible d’accélérer le progrès et d’améliorer la qualité sans programmes pour recruter, former et garder du personnel. Chaque position exige une aptitude différente – formation médicale, capacité de délivrer des conseils, art d’atteindre les membres d’une communauté, talents de supervision et de gestion, etc. – et ces aptitudes sont généralement peu répandues. Les traitements de la fonction publique sont souvent insuffisants pour attirer les hommes et femmes les plus capables.

Pour élargir la couverture des programmes, il faut aussi être en mesure de garantir que du personnel sera disponible là où les besoins sont les plus grands – souvent dans des lieux reculés ou dépourvus de tout confort. Chacun de ces difficiles problèmes sur le plan des ressources humaines doit être abordé systématiquement, d’ordinaire dans le contexte d’une réforme générale du système.

LES BESOINS EN PRODUITS. On ne saurait faire de nouveaux progrès sans fournir les produits essentiels nécessaires à la mise en œuvre des programmes. L’UNFPA, en collaboration avec les autres principaux donateurs, s’est efforcé de garantir un approvisionnement régulier de médicaments, d’équipement et de fournitures de qualité dans le domaine de la santé en matière de reproduction.

On estime que les donateurs fournissent aujourd’hui beaucoup moins que leur part traditionnelle des coûts de produits de contraception : au début des années 90, ils couvraient 41 % de ces coûts, et la moitié environ seulement de cette proportion aujourd’hui. Du fait de l’insuffisance de ce financement, il a fallu créer des systèmes pour faire face aux demandes d’urgence présentées par les pays afin de prévenir l’épuisement des stocks et les pénuries.

35 DYNAMIQUE DE LA POPULATION ET MISE EN PLACE DES POLITIQUES

Le Plan de développement national du Nicaragua (2003) est un bon exemple de la manière dont les pays peuvent intégrer la dynamique de la population dans le processus national de définition des politiques et de planification

Élaboré avec l’assistance technique de l’UNFPA, le plan note que la croissance démographique et la migration interne et externe ont d’importantes implications pour la réduction de la pauvreté. Il appelle à améliorer les systèmes de collecte des données démographiques, à créer des emplois et à mettre particulièrement l’accent sur les besoins des jeunes concernant l’éducation à la santé en matière de reproduction et de sexualité et les services y afférents.

Le plan a influé sur d’autres processus de développement auxquels le Gouvernement a participé ou qu’il a lancés, notamment la rédaction d’un document de stratégie pour la réduction de la pauvreté, la formulation du Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement, l’identification des mesures nécessaires pour atteindre les MDG, et les plans nationaux concernant la population, les jeunes et le développement. Il a aussi conduit à un dialogue fructueux entre les décideurs nationaux dans divers secteurs de l’action pour le développement, et à une collaboration au niveau local entre différents secteurs, surtout pour fournir des services aux adolescents. Source

LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT. Le Projet du Millénaire(12) donne priorité aux évaluations de ressources fondées sur les besoins et à la mise en place des capacités nécessaires pour atteindre les MDG au cours des 11 prochaines années. Les évaluations d’experts reconnaissent que, pour atteindre les MDG, il est capital de faire en sorte que les services de santé en matière de reproduction (planification familiale, maternité sans risques et prévention des infections sexuellement transmissibles) soient disponibles(13).

Atteindre les MDG exigera donc des investissements multisectoriels, notamment concernant la population et la santé en matière de reproduction.

Il est nécessaire d’accroître sensiblement les ressources (venant tant des donateurs que des pays eux-mêmes) pour mettre en œuvre la CIPD et atteindre les MDG, mais il faut les utiliser de manière efficace. Étant donné l’évolution du cadre institutionnel, marquée par la décentralisation et la déconcentration de la prise de décisions dans les secteurs sociaux, il sera nécessaire de créer des savoir-faire et des capacités parmi le personnel des administrations nationale et locale. De nombreux pays, en particulier les plus pauvres, n’ont pas de ressources financières et humaines suffisantes; pour surmonter ces limitations, il faudra des plans sérieusement conçus.

À la Conférence de financement du développement tenue en 2002 à Monterrey (Mexique), les donateurs ont réaffirmé leur profond désir de porter l’aide internationale au niveau de 0,7 % de leur produit national brut. Seulement cinq pays donateurs sont pervenus à ce niveau(14).

Pour atteindre les MDG et les objectifs de la CIPD, d’une importance critique, et pour progresser sensiblement dans la réduction des nombreuses dimensions de la pauvreté, les engagements antérieurs d’aide au développement doivent dépasser les déclarations d’intention et aborder activement la voie des partenariats et des investissements.

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