|
Alors que la couverture des services de santé en matière de reproduction
s’est améliorée pour les réfugiés hors de leur propre pays durant la
dernière décennie, la fourniture de services aux personnes déplacées
dans leur propre pays, qui sont au niveau mondial deux fois plus nombreuses
que les réfugiés, n’a guère progressé,
En Angola, où des centaines de milliers de personnes restent déplacées
au terme de 30 années de guerre, ou peu s’en faut, un grave
manque de services élémentaires de maternité sans risques est à la
source de l’un des ratios de mortalité maternelle les plus élevés du
monde. Il est peu probable que la situation s’améliore à moins d’un
effort massif à long terme, qui devrait recouvrir notamment la reconstruction
et le réapprovisionnement des centres de santé, la formation
d’un personnel médicosanitaire, la création de services d’aiguillage élémentaires
et de systèmes de transport pour les complications de
l’accouchement qui exigent des soins obstétricaux d’urgence.
Au Libéria, depuis plus d’une décennie, les personnes déplacées ne
disposent pas de services de santé minimaux.
Les personnes déplacées dans leur propre pays constituent un cas
particulièrement difficile pour les organismes humanitaires, surtout
concernant la fourniture de services de santé en matière de reproduction.
Les pouvoirs publics du pays même négligent souvent les
personnes déplacées et leur sont parfois hostiles. Des institutions
comme le HCR et l’UNFPA ont élargi leur mandat au cours de la dernière
décennie pour prendre en charge les personnes déplacées dans
leur propre pays et ont réussi jusqu’à un certain point à les mettre en
liaison avec les systèmes de santé nationaux. Mais des millions d’entre
elles n’ont pas encore pu être atteintes par ces institutions.
Les gouvernements des pays où vivent des personnes déplacées
doivent faire davantage pour reconnaître leurs droits, tandis que les
pays donateurs doivent augmenter leurs contributions et exercer une
pression politique accrue pour garantir que les besoins des personnes
déplacées ne soient pas ignorés. Source
|