UNFPAÉtat de la population mondiale 2002
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HOME: ÈTAT DE LA POPULATION MONDIAL 2003: Donner priorité aux adolescents
Ètat de la population mondiale 2003
Sections
Aperçu général de la condition des adolescents
L’inégalité entre les sexes et la santé en matière de reproduction
Le VIH/sida et les adolescents
Promouvoir un comportement plus sain
Répondre aux besoins sur le plan des services de santé en matière de reproduction
Programmes d’ensemble pour adolescents
Donner priorité aux adolescents
Notes
Sources des ancadrés
Indicateurs
Diagrammes et tableau

Donner priorité aux adolescents

L’environnement politico-social
Les programmes fondés sur les droits
Mobiliser le soutien des communautés
Faire participer les jeunes à la programmation
Les ressources
Les coûts de l’inaction

Faire participer les jeunes à la programmation

Pour réussir, les efforts visant à faire respecter les droits et à satisfaire aux besoins des adolescents doivent impliquer activement les jeunes dans l’élaboration et l’exécution des politiques et programmes.

Très souvent, les adultes voient les enfants dans la perspective de leurs propres intérêts et préoccupations. On regarde souvent comme tout à fait naturel que les adolescents soient invisibles et subordonnés aux adultes, qu’ils soient présents mais n’ouvrent pas la bouche à moins qu’on leur parle. La difficulté est de comprendre la privation de droits que les jeunes endurent collectivement aussi bien qu’individuellement, et d’y porter remède.

Cette tendance à ne pas écouter la voix des jeunes est renforcée par leur pauvreté et leur manque d’accès aux ressources économiques, ainsi que par diverses formes solidaires de mise à l’écart par la société qui les exclut d’une entière participation à celle-ci(19).

Au cours des dernières années, un nombre croissant d’individus et d’organisations en sont venus, dans le monde entier, à remettre en question le fait que les jeunes soient traités comme des êtres de moindre importance. Pourquoi a-t-il été acceptable – et en de nombreux cas légal – de battre les enfants, de les marier avant qu’ils puissent comprendre ce qui leur arrivait, ou de leur verser une moindre rémunération qu’aux adultes pour le même travail ?

La Convention relative aux droits de l’enfant reconnaît officiellement les droits des enfants et non pas seulement les protections qui leur sont nécessaires. L’article 12 insiste sur la « visibilité » des enfants et affirme que l’enfant a le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération. Pour mettre en oeuvre la Convention, il faudra que la conception générale des rapports entre adultes et enfants évolue, car on croit généralement que les enfants ont besoin de protection et de conseils, et non pas qu’ils ont euxmêmes des apports dignes d’intérêt à offrir(20).

Promouvant « le droit des jeunes à leurs droits », un groupe écossais de jeunes s’est donné pour nom « Article 12 ». Selon son site Web, « tout participant à « Article 12 » croit qu’il lui faut exprimer ses vues en toute occasion, sur tout sujet qui l’intéresse. Mais, avant toute chose, il croit à son droit de créer ces occasions car, il faut bien l’admettre, fort rares sont les adultes qui veulent écouter les jeunes ».

L’importance récemment reconnue de la nécessité de prendre en considération les vues des jeunes apparaît aussi dans les programmes locaux qui font intervenir les jeunes dans l’amélioration de leur propre santé et dans leur épanouissement général – au lieu de les traiter comme les bénéficiaires passifs de connaissances, services ou soins(21).

DÉFINIR LA PARTICIPATION DES JEUNES Au cours des 10 dernières années, la notion de participation des jeunes a gagné du terrain et s’est faite mieux accepter, passant des gestes symboliques à des activités de plaidoyer qui font participer plus pleinement les jeunes aux décisions qui les concernent.

La participation des jeunes a été définie de manières diverses – et non cohérentes(22). La Fédération internationale pour la planification familiale (FIPF) a beaucoup fait pour définir et appliquer une définition positive de la participation des jeunes en son propre sein. Depuis 1999, 20 % au moins des membres des organes de décision de la FIPF doivent avoir moins de 25 ans(23). Ses réunions comprennent de manière habituelle des jeunes qui sont encouragés à prendre la parole. Les jeunes produisent X-press, un bulletin de la FIPF pour adolescents rempli d’informations sur leurs droits et leur santé.

Le fait de participer à des groupes sociaux communique un sentiment d’appartenance, ce qui aide les jeunes à acquérir le sens de leur propre identité. La collaboration avec des pairs qui partagent certaines de leurs vues a pour effet de renforcer leurs idées et valeurs. Et le sentiment d’apporter une contribution – à une cause, une décision, un groupe – peut constituer un aspect crucial du développement individuel.

Tous ces facteurs ont d’autre part un effet direct sur la vie sexuelle et procréatrice des jeunes. Le développement harmonieux des jeunes se nourrit, en grande partie, de leurs relations avec les autres, de la capacité de négocier ces relations et de prendre des décisions.

Travailler en partenariat avec des jeunes est souvent difficile pour les administrateurs de programme adultes, qui croient parfois que leur plus grande expérience les habilite mieux à prendre des décisions et n’acceptent pas toujours aisément des rapports d’égalité qui vont à l’encontre de la dynamique typique entre adultes et enfants(24).

En n’écoutant pas les jeunes, on risque de leur causer un dommage direct, d’encourager l’impunité des auteurs de violences, ou simplement de les conduire à prendre des décisions erronées. L’inclusion renforce la démocratie, protège mieux les enfants et constitue un droit fondamental(25). Elle est aussi une clef du progrès pour les politiques et programmes qui concernent la jeunesse.

LES RÉALISATIONS DES PROGRAMMES Des exemples stimulants de la participation des jeunes se trouvent à tous les niveaux : processus de définition des politiques ; campagnes médiatiques ; plaidoyer pour les droits fondamentaux ; éducation par les pairs, services, conseils, et formation. Quand des adultes qui recherchent sérieusement l’apport des jeunes font appel à eux, les jeunes fournissent exactement ce qui convient et enrichissent immensément le processus. Des conseils nationaux efficaces de la jeunesse ont été institués dans de nombreux pays donateurs ou bénéficiaires de programmes.

27 LES JEUNES DÉFINISSENT LA POLITIQUE EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

La République dominicaine a recouru à un processus participatif pour élaborer sa politique nationale des adolescents et des jeunes, 1998-2003. En 1996, un forum national de la jeunesse a été organisé dans le cadre d’un débat national sur les priorités sociales, y compris les problèmes de la jeunesse. Les jeunes participants ont exigé du Gouvernement qu’il énonce un clair agenda de la jeunesse et que les jeunes participent au processus de définition des politiques. Avec le soutien de l’UNFPA et de l’Organisation panaméricaine de la santé, et avec de nombreux apports des jeunes, un comité intersectoriel a rédigé le texte de la politique nationale des jeunes.

Les jeunes ont demandé en outre l’adoption d’une loi créant un ministère de la jeunesse et lui affectant 1 % du budget national; cette législation a été en fin de compte adoptée avec quelques modifications. « La reconnaissance par la loi des jeunes comme une ressource nationale et une force positive », a écrit un observateur, « revêt une importance symbolique et non moindre. Cette reconnaissance fait un contraste frappant avec les lois en vigueur, qui voient dans les jeunes des trublions potentiels qu’il faut contrôler ou punir ».Source

Reconnaissant la nécessité d’intervenir eux-mêmes pour obtenir des résultats, de nombreux jeunes se sont organisés afin d’améliorer leur situation sociale, économique et politique. L’UNESCO a dressé une liste de nombreuses organisations conduites par les jeunes, comme l’Initiative pour la jeunesse sibérienne, qui promeuvent une participation active à l’élaboration des politiques de la jeunesse, créent les conditions d’une coopération entre les organisations de jeunesse et font participer les jeunes à la solution des problèmes mondiaux(26).

Certains pays ont essayé de mettre au point des politiques de la jeunesse qui fassent explicitement intervenir les jeunes et planifient leur participation future. La Colombie a adopté une Loi sur la jeunesse qui a stimulé la participation active des jeunes aux problèmes du développement national et s’est engagée à respecter et promouvoir leurs droits(27). Les jeunes ont figuré dans les plans de développement local et des bureaux provinciaux de la jeunesse ont été institués.

Au Mexique, répondant à l’incitation des activités de plaidoyer pour la santé féminine, un groupe de jeunes a lancé en 1996 le réseau de jeunes Elige, afin de promouvoir un débat national visant à influer sur les législateurs et à rendre les jeunes conscients de leurs droits en matière de reproduction(28). En 2001, avec le soutien d’UNIFEM, a été créé un réseau de jeunes militantes contre la violence sexiste(29).

Elige est membre du Réseau des jeunes d’Amérique latine et des Caraïbes pour les droits en matière de reproduction et de sexualité (REDLAC), réseau régional d’activités de plaidoyer qui promeut les droits des jeunes, l’égalité entre les sexes et l’accès à l’éducation à la sexualité et aux services connexes.

Ce réseau coordonne les voix des organisations de jeunes de toute la région dans des campagnes, à des conférences et à des réunions internationales, et prête appui à la formation de pairs.

La Coalition pour la jeunesse (Youth Coalition), dont le siège est au Canada, a été formée en 1999 durant une réunion tenue à La Haye pour examiner les progrès accomplis depuis la CIPD(30). Ce groupe international se compose de membres âgés de 15 à 29 ans qui sont déterminés à promouvoir les droits des jeunes en matière de reproduction et de sexualité et à agir de manière à faire entendre leur voix dans les processus de prise de décisions – en particulier de celles qui concernent directement leur propre vie. Les membres sont formés à conduire des activités de plaidoyer auprès des décideurs.

28 LE CONSEIL NÉERLANDAIS DE LA JEUNESSE ET DE LA POPULATION

Le Conseil néerlandais de la jeunesse et de la population, groupe composé d’une quinzaine de jeunes, a pour but de concrétiser les droits des jeunes en matière de reproduction et de sexualité, aussi bien que d’assurer une participation substantielle des jeunes dans ce domaine. Depuis sa mise en place par la Fondation mondiale pour la population en 1997, ses représentants ont fait partie de la délégation néerlandaise officielle à plusieurs conférences internationales sur la population et le développement, les femmes et le VIH/sida, et ont participé aux forums mondiaux de la jeunesse tenus au Portugal et au Sénégal. Lors de ces conférences, ils ont plaidé pour une approche ouverte et honnête face à la sexualité des jeunes. Lors d’ateliers et dans des activités de prise de conscience destinées aux jeunes qui sont organisés aux Pays-Bas, le Conseil met à profit son expérience des droits en matière de reproduction et de sexualité, de la participation des jeunes et des activités de plaidoyer. Il a aussi contribué aux efforts tendant à créer en 2004 un Réseau européen de la jeunesse, qui aurait pour mission de promouvoir les droits des jeunes en matière de reproduction et de sexualité à des forums nationaux, européens et internationaux.Source

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