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Donner priorité aux adolescents
Pour réussir, les efforts visant à faire respecter les droits et à
satisfaire aux besoins des adolescents doivent impliquer activement
les jeunes dans l’élaboration et l’exécution des politiques et
programmes.
Très souvent, les adultes voient les enfants dans la perspective
de leurs propres intérêts et préoccupations. On regarde souvent
comme tout à fait naturel que les adolescents soient invisibles et
subordonnés aux adultes, qu’ils soient présents mais n’ouvrent pas
la bouche à moins qu’on leur parle. La difficulté est de comprendre
la privation de droits que les jeunes endurent collectivement aussi
bien qu’individuellement, et d’y porter remède.
Cette tendance à ne pas écouter la voix des jeunes est renforcée
par leur pauvreté et leur manque d’accès aux ressources économiques, ainsi que par diverses formes solidaires de mise à
l’écart par la société qui les exclut d’une entière participation à
celle-ci(19).
Au cours des dernières années, un nombre croissant d’individus
et d’organisations en sont venus, dans le monde entier, à remettre
en question le fait que les jeunes soient traités comme des êtres
de moindre importance. Pourquoi a-t-il été acceptable – et en de
nombreux cas légal – de battre les enfants, de les marier avant
qu’ils puissent comprendre ce qui leur arrivait, ou de leur verser
une moindre rémunération qu’aux adultes pour le même travail ?
La Convention relative aux droits de l’enfant reconnaît officiellement
les droits des enfants et non pas seulement les protections
qui leur sont nécessaires. L’article 12 insiste sur la « visibilité » des
enfants et affirme que l’enfant a le droit d’exprimer librement son
opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant
étant dûment prises en considération. Pour mettre en oeuvre la
Convention, il faudra que la conception générale des rapports entre
adultes et enfants évolue, car on croit généralement que les enfants
ont besoin de protection et de conseils, et non pas qu’ils ont euxmêmes
des apports dignes d’intérêt à offrir(20).
Promouvant « le droit des jeunes à leurs droits », un groupe
écossais de jeunes s’est donné pour nom « Article 12 ». Selon son
site Web, « tout participant à « Article 12 » croit qu’il lui faut
exprimer ses vues en toute occasion, sur tout sujet qui l’intéresse.
Mais, avant toute chose, il croit à son droit de créer ces occasions
car, il faut bien l’admettre, fort rares sont les adultes qui veulent
écouter les jeunes ».
L’importance récemment reconnue de la nécessité de prendre
en considération les vues des jeunes apparaît aussi dans les programmes
locaux qui font intervenir les jeunes dans l’amélioration
de leur propre santé et dans leur épanouissement général – au lieu
de les traiter comme les bénéficiaires passifs de connaissances,
services ou soins(21).
DÉFINIR LA PARTICIPATION DES JEUNES Au cours des 10 dernières
années, la notion de participation des jeunes a gagné du terrain et
s’est faite mieux accepter, passant des gestes symboliques à des activités
de plaidoyer qui font participer plus pleinement les jeunes
aux décisions qui les concernent.
La participation des jeunes a été définie de manières diverses –
et non cohérentes(22). La Fédération internationale pour la planification
familiale (FIPF) a beaucoup fait pour définir et appliquer une
définition positive de la participation des jeunes en son propre sein.
Depuis 1999, 20 % au moins des membres des organes de décision de
la FIPF doivent avoir moins de 25 ans(23). Ses réunions comprennent
de manière habituelle des jeunes qui sont encouragés à prendre la
parole. Les jeunes produisent X-press, un bulletin de la FIPF pour
adolescents rempli d’informations sur leurs droits et leur santé.
Le fait de participer à des groupes sociaux communique un sentiment
d’appartenance, ce qui aide les jeunes à acquérir le sens de
leur propre identité. La collaboration avec des pairs qui partagent
certaines de leurs vues a pour effet de renforcer leurs idées et
valeurs. Et le sentiment d’apporter une contribution – à une cause,
une décision, un groupe – peut constituer un aspect crucial du
développement individuel.
Tous ces facteurs ont d’autre part un effet direct sur la vie
sexuelle et procréatrice des jeunes. Le développement harmonieux
des jeunes se nourrit, en grande partie, de leurs relations avec
les autres, de la capacité de négocier ces relations et de prendre
des décisions.
Travailler en partenariat avec des jeunes est souvent difficile
pour les administrateurs de programme adultes, qui croient parfois
que leur plus grande expérience les habilite mieux à prendre des
décisions et n’acceptent pas toujours aisément des rapports
d’égalité qui vont à l’encontre de la dynamique typique entre
adultes et enfants(24).
En n’écoutant pas les jeunes, on risque de leur causer un
dommage direct, d’encourager l’impunité des auteurs de violences,
ou simplement de les conduire à prendre des décisions erronées.
L’inclusion renforce la démocratie, protège mieux les enfants et
constitue un droit fondamental(25). Elle est aussi une clef du progrès
pour les politiques et programmes qui concernent la jeunesse.
LES RÉALISATIONS DES PROGRAMMES Des exemples stimulants
de la participation des jeunes se trouvent à tous les niveaux :
processus de définition des politiques ; campagnes médiatiques ;
plaidoyer pour les droits fondamentaux ; éducation par les pairs,
services, conseils, et formation. Quand des adultes qui recherchent
sérieusement l’apport des jeunes font appel à eux, les
jeunes fournissent exactement ce qui convient et enrichissent
immensément le processus. Des conseils nationaux efficaces de
la jeunesse ont été institués dans de nombreux pays donateurs
ou bénéficiaires de programmes.
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LES JEUNES DÉFINISSENT LA POLITIQUE EN RÉPUBLIQUE
DOMINICAINE |
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La République dominicaine a recouru à un processus participatif pour élaborer sa politique nationale des adolescents
et des jeunes, 1998-2003. En 1996, un forum national de la
jeunesse a été organisé dans le cadre d’un débat national sur les priorités
sociales, y compris les problèmes de la jeunesse. Les jeunes participants
ont exigé du Gouvernement qu’il énonce un clair agenda de la jeunesse
et que les jeunes participent au processus de définition des politiques.
Avec le soutien de l’UNFPA et de l’Organisation panaméricaine de la
santé, et avec de nombreux apports des jeunes, un comité intersectoriel
a rédigé le texte de la politique nationale des jeunes.
Les jeunes ont demandé en outre l’adoption d’une loi créant un
ministère de la jeunesse et lui affectant 1 % du budget national; cette
législation a été en fin de compte adoptée avec quelques modifications.
« La reconnaissance par la loi des jeunes comme une ressource nationale
et une force positive », a écrit un observateur, « revêt une
importance symbolique et non moindre. Cette reconnaissance fait un
contraste frappant avec les lois en vigueur, qui voient dans les jeunes
des trublions potentiels qu’il faut contrôler ou punir ».Source
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Reconnaissant la nécessité d’intervenir eux-mêmes pour
obtenir des résultats, de nombreux jeunes se sont organisés afin
d’améliorer leur situation sociale, économique et politique.
L’UNESCO a dressé une liste de nombreuses organisations conduites
par les jeunes, comme l’Initiative pour la jeunesse sibérienne, qui
promeuvent une participation active à l’élaboration des politiques de la jeunesse, créent les conditions d’une coopération entre les
organisations de jeunesse et font participer les jeunes à la solution
des problèmes mondiaux(26).
Certains pays ont essayé de mettre au point des politiques de la
jeunesse qui fassent explicitement intervenir les jeunes et planifient
leur participation future. La Colombie a adopté une Loi sur la jeunesse
qui a stimulé la participation active des jeunes aux problèmes du
développement national et s’est engagée à respecter et promouvoir
leurs droits(27). Les jeunes ont figuré dans les plans de développement
local et des bureaux provinciaux de la jeunesse ont été institués.
Au Mexique, répondant à l’incitation des activités de plaidoyer
pour la santé féminine, un groupe de jeunes a lancé en 1996 le
réseau de jeunes Elige, afin de promouvoir un débat national visant
à influer sur les législateurs et à rendre les jeunes conscients de
leurs droits en matière de reproduction(28). En 2001, avec le soutien
d’UNIFEM, a été créé un réseau de jeunes militantes contre la
violence sexiste(29).
Elige est membre du Réseau des jeunes d’Amérique latine et des
Caraïbes pour les droits en matière de reproduction et de sexualité
(REDLAC), réseau régional d’activités de plaidoyer qui promeut les
droits des jeunes, l’égalité entre les sexes et l’accès à l’éducation à
la sexualité et aux services connexes.
Ce réseau coordonne les voix des organisations de jeunes de
toute la région dans des campagnes, à des conférences et à des
réunions internationales, et prête appui à la formation de pairs.
La Coalition pour la jeunesse (Youth Coalition), dont le siège
est au Canada, a été formée en 1999 durant une réunion tenue à
La Haye pour examiner les progrès accomplis depuis la CIPD(30).
Ce groupe international se compose de membres âgés de 15 à 29 ans
qui sont déterminés à promouvoir les droits des jeunes en matière
de reproduction et de sexualité et à agir de manière à faire
entendre leur voix dans les processus de prise de décisions – en
particulier de celles qui concernent directement leur propre vie.
Les membres sont formés à conduire des activités de plaidoyer
auprès des décideurs.
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28 |
LE CONSEIL NÉERLANDAIS DE LA JEUNESSE ET DE LA
POPULATION |
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Le Conseil néerlandais de la jeunesse et de la population, groupe composé d’une quinzaine de jeunes, a pour but de
concrétiser les droits des jeunes en matière de reproduction et de
sexualité, aussi bien que d’assurer une participation substantielle des
jeunes dans ce domaine. Depuis sa mise en place par la Fondation
mondiale pour la population en 1997, ses représentants ont fait partie
de la délégation néerlandaise officielle à plusieurs conférences internationales
sur la population et le développement, les femmes et le
VIH/sida, et ont participé aux forums mondiaux de la jeunesse tenus
au Portugal et au Sénégal. Lors de ces conférences, ils ont plaidé pour
une approche ouverte et honnête face à la sexualité des jeunes. Lors
d’ateliers et dans des activités de prise de conscience destinées aux
jeunes qui sont organisés aux Pays-Bas, le Conseil met à profit son
expérience des droits en matière de reproduction et de sexualité, de
la participation des jeunes et des activités de plaidoyer. Il a aussi
contribué aux efforts tendant à créer en 2004 un Réseau européen de
la jeunesse, qui aurait pour mission de promouvoir les droits des
jeunes en matière de reproduction et de sexualité à des forums nationaux,
européens et internationaux.Source
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