|
Programmes d’ensemble pour
adolescents
L’Alliance pour la jeunesse africaine (AYA) est une activité commune
à quatre pays, qui vise à appliquer des méthodes de prévention du
VIH/sida ayant fait leurs preuves à plus grande échelle. Présente
au Botswana, au Ghana, en Ouganda et en République-Unie de
Tanzanie, l’AYA est une collaboration entre des ONG américaines,
Pathfinder International et le Program for Appropriate Technology
in Health (PATH), et l’UNFPA. Ces organisations collaborent dans
chaque pays avec des partenaires chargés de la réalisation :
organismes gouvernementaux, ONG et organisations à base
communautaire.
Le but général de l’AYA est d’améliorer la santé des adolescents en
matière de reproduction. Plus précisément, elle est conçue aux fins de :
- Réduire les taux de VIH/sida, des autres IST et de grossesse
chez les jeunes.
- Encourager le report du début de l’activité sexuelle et, parmi
les jeunes déjà sexuellement actifs, promouvoir l’utilisation
de préservatifs et autres contraceptifs.
- Éliminer les pratiques traditionnelles nuisibles et les rapports
sexuels sous la contrainte(2).
L’AYA emploie six grandes stratégies, chacune adaptée aux
besoins propres de chaque pays :
- Obtenir le soutien national et communautaire grâce à des
activités de plaidoyer.
- Mettre en place des activités populaires et médiatiques, des
programmes d’acquisition des savoir-faire nécessaires à la vie,
l’éducation et la délivrance de conseils par les pairs, et des
campagnes de vente subventionnées, tout cela aux fins de
changer le comportement.
- Améliorer l’accès des jeunes aux services de santé en matière
de reproduction, ainsi que leur qualité, en établissant de
manière permanente des services accueillants aux jeunes
dans divers contextes.
- Intégrer la santé en matière de reproduction et de sexualité
dans les programmes déjà existants pour les jeunes de formation
et d’acquisition des savoir-faire propres à leur assurer
des moyens de subsistance.
- Renforcer la capacité institutionnelle des partenaires, pays
par pays, de planifier, exécuter, gérer et maintenir à long
terme les programmes et services.
- Coordonner les activités de programme et mettre en commun
les enseignements tirés et les meilleures pratiques(3).
Toutes les stratégies visent à assurer la participation des jeunes,
l’égalité entre les sexes et la viabilité à long terme des activités. On
attend des partenaires chargés de la réalisation qu’ils poursuivent
le travail quand l’intervention de l’AYA, prévue pour cinq ans, aura
pris fin. Des structures administratives et consultatives ont été
mises en place afin de faciliter la collaboration entre partenaires et
secteurs dans chaque pays et à l’échelle de l’AYA.
Des dizaines de subventions ont été accordées à des partenaires
nationaux et des activités sont en cours dans chaque pays. Les
dispensaires publics ou gérés par des ONG ont été évalués et beaucoup
sont en cours de rénovation de manière à devenir plus
accueillants aux jeunes. Des efforts de mobilisation des communautés,
connus sous le nom d’Apprentissage et action participatifs
(Participatory Learning and Action), ont été engagés dans beaucoup
d’entre elles. Une formation à la conduite de la vie individuelle a
été dispensée dans le cadre des programmes scolaires. Les jeunes
participent activement, offrant leur avis sur les stratégies de programme,
lançant des revues et autres organes médiatiques, et
représentant l’AYA à des conférences internationales.
Au Botswana, un Comité consultatif de la jeunesse coordonne
les efforts et veille à ce que les jeunes participent à tous les
niveaux. Les comités de district et de village – qui se composent de
jeunes dans une proportion de 65 à 75 % – sont chargés de maximiser
l’apport des jeunes dans la planification des activités
communautaires. Les jeunes interviennent aussi en tant que
conseillers, prestataires de services, éducateurs, avocats et acteurs,
et participent activement à la collecte des données et aux activités
de suivi et évaluation.
Au Ghana, le Bureau consultatif de la jeunesse avise l’équipe
nationale de l’AYA et imagine des moyens novateurs d’atteindre les
jeunes. En collaboration avec le Conseil national de la jeunesse, le
Bureau étudie la formation d’un parlement national des jeunes. Les
représentants de l’AYA fournissent un apport aux ONG, aux institutions
internationales et au Ministère de la santé concernant les
programmes de formation des médecins et autres catégories de professionnels
de la santé, aux fins d’obtenir des services de santé en
matière de reproduction accueillants aux jeunes.
En République-Unie de Tanzanie, l’AYA et d’autres organisations
ont mis en place un Cadre d’intervention et participation des
jeunes pour garantir que les objectifs des programmes correspondent
aux priorités des jeunes. Ceux-ci participent aux suivi et
évaluation afin de déterminer si les programmes répondent correctement
à leurs besoins, et ils participeront bientôt aux activités de
groupes de pression et à d’autres activités de plaidoyer.
En Ouganda, les jeunes ont pleinement participé à la planification
stratégique, à l’orientation au niveau national et à celui des
districts, et à l’élaboration des programmes scolaires. Ils font fonction
de pairs-conseillers et de membres d’équipe s’agissant de
mobiliser les parents et les communautés, d’aider à concevoir des
messages médiatiques et de participer aux négociations avec les
administrateurs d’établissement scolaire, les dirigeants de conseils
locaux et les gérants de centres de santé.
La tâche la plus redoutable qu’ait rencontrée l’AYA a consisté à
mettre en place des mécanismes de collaboration entre ses nombreux
partenaires. Une autre difficulté est d’élargir le champ des
activités, tant sur le plan organisationnel que s’agissant de trouver
des modèles de programme déjà évalués sur lesquels prendre appui.
Les partenaires sont déterminés à trouver des solutions aux problèmes
structurels et techniques et à mettre en commun leurs expériences
avec d’autres vastes programmes conduits dans ce domaine.
|
23 |
LOVELIFE EN AFRIQUE DU SUD |
|
En
Afrique du Sud, l’Initiative nationale
des dispensaires accueillants aux adolescents
vise à rendre les services de santé plus accessibles
et acceptables, à établir des normes et
directives nationales et à former les agents sanitaires
à fournir des services de qualité. Cette
initiative est une composante de loveLife, programme
national de prévention du VIH/sida
parmi les adolescents sud-africains. LoveLife
encourage les jeunes à attendre d’être plus âgés
pour avoir des rapports sexuels et, quand ils en
auront, à n’avoir qu’un seul partenaire et à utiliser
régulièrement des préservatifs. Ce programme
cible les adolescents parce qu’en Afrique du Sud
la plupart des séropositifs le deviennent avant
d’atteindre 25 ans, la majorité des jeunes femmes
étant infectées entre 15 et 20 ans. Comme la
masse de la population a encore moins de 20 ans,
le moyen le plus efficace de ralentir la diffusion
du VIH/sida est d’empêcher que les jeunes ne
soient infectés en très grand nombre.
Le groupe d’âge 12-17 ans est ciblé en premier
lieu, mais des programmes spéciaux centrés sur
les enfants âgés de 6 à 12 ans entrent aussi dans
le cadre de la campagne. La stratégie globale de
santé sexuelle mobilise la culture populaire afin de
promouvoir la responsabilité sexuelle et un mode
de vie sain, encourage les conversations entre
parents et enfants et la participation des dirigeants
religieux, tout en instituant simultanément
des services qui soient accueillants aux jeunes.
Les animateurs de la campagne reconnaissent
que des centres de jeunesse autonomes ne
sont pas nécessairement rentables ni viables à
long terme et qu’il est impossible d’en créer
autant qu’il le faudrait pour répondre aux besoins
de la majorité des adolescents. Ils ont établi des critères en fonction desquels certifier que les
dispensaires existants sont accueillants aux jeunes.
Les premiers résultats de l’évaluation
donnent à penser qu’un travail considérable est
nécessaire pour que les dispensaires obtiennent
d’être accrédités et pour mettre en place des
modes de fonctionnement que les systèmes
sanitaires de district et de province puissent
entretenir avec le minimum de ressources. Il est
prévu d’élargir la couverture du programme.
Organisé par la Henry J. Kaiser Family
Foundation, le programme loveLife est exécuté
par un consortium de quatre organisations partenaires
: Advocacy Initiatives, la Fédération
sud-africaine de planification familiale, l’Unité de
recherche sur la santé en matière de reproduction
et le Trust for Health Systems Planning and
Development (HST). On trouvera de plus amples
informations au site www.lovelife.org.za.Source
|
|
|
 |
|