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Répondre aux besoins sur le plan
des services de santé en matière
de reproduction
Partout dans le monde, beaucoup de jeunes sexuellement actifs qui
souhaitent éviter la grossesse n’utilisent pas de méthodes modernes
de contraception, en raison notamment du manque d’accès aux services
ou de la désapprobation des prestataires de santé. Ce « besoin
non satisfait » de services de planification familiale se manifeste
souvent de façon indirecte, surtout pour les adolescents non
mariés, ce qui rend difficile de le quantifier.
Dans les enquêtes sur les attitudes et la pratique concernant la
santé en matière de reproduction, les personnes dont le besoin de
planification familiale n’est pas satisfait sont les femmes et les
hommes qui déclarent ne plus vouloir d’enfants ou vouloir reporter
la prochaine naissance à plus de deux ans, mais qui ne pratiquent
pas la contraception. Ceux qui ne veulent plus d’enfants ont un
besoin non satisfait de « limitation »; ceux qui veulent retarder la
prochaine naissance ont un besoin non satisfait d’« espacement »(13).
Une fraction notable de ce besoin non satisfait est révélée par
les taux élevés d’avortements chez les jeunes femmes, tels que
signalés dans les enquêtes ou déduits des hospitalisations faisant
suite à un avortement pratiqué dans des conditions dangereuses,
aussi bien que par le chiffre estimatif des grossesses hors mariage et
par les déclarations de jeunes femmes dont le premier ou le second
enfant est né avant la date souhaitée.
Parmi les jeunes, le besoin non satisfait porte surtout sur l’espacement
des naissances et la prévention du VIH. Dans la plupart des
sociétés, une première grossesse est attendue après le mariage et c’est
presque toujours ce qui se passe; du reste, la plupart des jeunes mariés
veulent commencer à avoir des enfants peu après leur mariage.
Les enquêtes démographiques et sanitaires conduites dans 45
pays au cours des cinq dernières années font apparaître la proportion
de jeunes qui recourent à la planification familiale et le niveau
des besoins non satisfaits(14) (Voir Figure 4.) Les enquêtes menées en
Afrique subsaharienne, en Asie centrale et en Amérique latine portent
souvent sur toutes les femmes âgées de 15 à 19 ans. Dans
d’autres régions, presque tous les pays ont conduit des enquêtes qui
portent exclusivement sur les femmes mariées ou l’ayant été à un
moment quelconque de leur vie. Les résultats ne sont donc pas strictement
comparables, mais il en ressort de toute évidence que les
besoins non satisfaits sont considérables.
Diagramme 5 : Besoins non satisfaits (BNS) et recours à la planification familiale dans le groupe d’âge 15-19 ans, par région
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En Amérique latine et dans les Caraïbes, 35 % en moyenne des
adolescents de plus de 15 ans sexuellement actifs recourent à la
planification familiale, contre moins d’un cinquième en Afrique
subsaharienne(15). Comme on peut s’y attendre, aussi bien la demande
que l’utilisation des méthodes d’espacement des naissances dépassent
de loin celles des méthodes de limitation des naissances.
La proportion de la demande totale (c.à.d., besoins non satisfaits
+ utilisation) varie sensiblement, allant de 71 % en Asie
centrale à moins d’un tiers en Afrique subsaharienne, tandis que
dans les autres régions elle se situe entre 45 % et 55 %(16).
Les données de 94 enquêtes portant sur 69 pays et menées au
cours de la dernière décennie indiquent qu’en moyenne les besoins
non satisfaits des jeunes en matière d’espacement des naissances
sont 2,3 fois plus considérables que ceux de la population adulte
dans son ensemble. À mesure que les besoins non satisfaits globaux
diminuent, l’écart s’élargit encore. Les besoins des jeunes sont les
derniers à être satisfaits.
En Afrique subsaharienne, 35,7 % des adolescentes en moyenne
veulent retarder leur prochaine naissance; dans quelques pays, c’est
le cas de plus de la moitié(17). La moyenne régionale n’est que de 30 %
quant à la satisfaction du souhait d’espacer les naissances.
En Afrique du Nord, en Asie occidentale et en Europe, environ
la moitié de la demande portant sur l’espacement des naissances et
plus de 55 % de la demande d’ensemble sont satisfaits(18). En Asie centrale, plus des deux tiers de la demande sont satisfaits, mais un huitième
des adolescentes de plus de 15 ans exprime encore un besoin
non satisfait d’espacer les naissances. Les quelques pays d’Asie du
Sud et du Sud-Est étudiés satisfont à moins de la moitié de la
demande totale de planification familiale parmi les adolescents,
mais à plus de la moitié des besoins d’espacement des naissances.
En Amérique latine et dans les Caraïbes, région où la demande
de planification familiale est la plus forte – plus des deux tiers des
jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans veulent limiter leur fécondité ou
espacer les naissances –, la demande non satisfaite d’espacement
pour le groupe d’âge 15-19 ans dépasse 24 %. Plus de la moitié de la
demande totale est satisfaite, près de 60 % non compris Haïti, qui
est le pays le moins avancé de la région.
Les écarts entre régions et entre pays s’agissant de répondre aux
demandes de planification familiale sont à l’image des différences
entre niveaux et types de demandes, rapports entre époux, capacité
institutionnelle et volonté politique de répondre aux besoins des
jeunes.

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