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Promouvoir un comportement
plus sain
Les médias peuvent servir à sensibiliser les décideurs, à modeler et
encourager un comportement responsable et à faire connaître les
services disponibles dans la communauté. Les programmes recourent
à divers moyens pour communiquer les messages appropriés
aux secteurs ciblés de la population. Les médias et les spectacles
constituent souvent un moyen efficace d’atteindre les adolescents.
Sexto Sentido (Sixième sens) est au Nicaragua un « feuilleton
télévisé de portée sociale » hebdomadaire qui aborde des problèmes
aussi complexes que le viol, la sexualité, la consommation de drogues
et la violence familiale. Produit par Puntos de Encuentro, ONG féminine
du Nicaragua, Sexto Sentido est l’émission de télévision la plus
appréciée dans son créneau horaire et communique à 80 % du groupe
d’âge 13-17 ans ce message : Assumez le contrôle de votre propre
vie(55). Un talk show radiodiffusé chaque soir et des animateurs de jeunesse
dûment formés abordent aussi les problèmes dont traite le
feuilleton.
Au Nicaragua encore, des organismes gouvernementaux et des
ONG ont collaboré à la campagne Juntos Decidimos Cuando (« Nous
décidons ensemble du moment »), qui vise les jeunes, sexuellement
actifs ou non, et les jeunes parents. Des messages diffusés par la
radiotélévision et la presse ont promu l’espacement des naissances,
le début plus tardif des rapports sexuels et la prévention des
grossesses non désirées et des IST. Des concours de chant, des représentations
théâtrales sur la voie publique, des danses et concerts
organisés par les communautés ont offert autant d’occasions aux
organisations locales de santé de promouvoir l’information relative
à la santé en matière de reproduction et l’offre de conseils y
afférents. Des préservatifs ont été distribués dans les bars, les
discothèques et les stations d’essence. La majorité des jeunes ont entendu parler de la campagne et beaucoup ont déclaré qu’elle les
avait décidés à prendre certaines décisions(56).
Au Zimbabwe, des programmes de radio, une ligne téléphonique
ouverte en permanence, des représentations théâtrales, des documents
imprimés (affiches, prospectus et un bulletin) et des
pairs-éducateurs ont communiqué aux jeunes des informations sur la
santé en matière de reproduction et les ont conduits à adopter des
comportements moins risqués et à se rendre dans des centres que l’on
a rendus accueillants à la jeunesse. Le programme a aussi créé des
comités locaux d’action formés de jeunes et s’est ménagé un soutien
parmi les parents, les enseignants et les chefs de communauté. Il a
réussi à atteindre les jeunes de milieux urbain et rural, suscitant
ainsi des conversations sur des sujets relatifs à la santé en matière de
reproduction entre jeunes et parents, augmentant la fréquentation des
dispensaires et le recours aux contraceptifs, et encourageant les jeunes
sexuellement actifs à n’avoir qu’un seul partenaire(57).
Parmi les autres activités médiatiques couronnées de succès, il
faut citer des émissions de radio ouvertes aux appels téléphoniques
du public au Cambodge, au Kenya, au Paraguay et en Zambie; des
journaux rédigés par les jeunes en Ouganda et en République-Unie
de Tanzanie; et des lignes téléphoniques ouvertes en permanence en
Colombie, au Guatemala, en Inde, au Mexique, en Ouganda, au
Pérou et aux Philippines(58). Ces formules garantissent la confidentialité
et permettent d’atteindre de nombreux jeunes, y compris les
analphabètes(59).
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« QUELLE EST VOTRE EXCUSE? » |
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Le VIH/sida se répand plus vite en Europe
orientale que partout ailleurs dans le monde.
Mais les jeunes d’esprit ingénieux peuvent,
comme de nombreux adultes, fournir toutes
sortes de raisons pour ne pas se protéger au
moyen d’un préservatif.
« Cela m’embarrasse », admet un jeune
homme dans le vent à l’air endurci.
« J’aime les rapports sexuels au naturel », dit
un type vêtu de noir avec des tatouages tout le
long du bras.
« Nous avons confiance l’un en l’autre », disent
de jeunes amoureux étroitement enlacés.
Une nouvelle campagne publicitaire patronnée
par l’UNFPA et exécutée par Population Services
International (PSI), organisation dont le siège
est à Washington, vise à attaquer de front ces
attitudes négatives./p>
La campagne a pour slogan : « Quelle est
votre excuse? ». Et voici la réplique : « Il n’y a pas
d’excuse. Utilisez des préservatifs ».
La campagne, qui vise le groupe d’âge 15-25 ans,
recourt à divers moyens : insertions publicitaires,
affiches, tee-shirts, messages télévisés et radiodiffusés,
et emballage des préservatifs. Elle utilise
des photographies sombres, à contour net, et de
séduisants modèles. La campagne a été lancée
lors d’une manifestation sportive et musicale
tenue au lac Ada (à Belgrade) en avril, devant
une centaine de milliers de jeunes, puis à Sofia
(Bulgarie) en mai. Elle sera aussi menée en
Bosnie-Herzégovine.
« Je fais ce que je veux, mais je sais ce que je
fais », tel est le slogan d’une autre campagne
patronnée par l’UNFPA et destinée à promouvoir
un comportement moins dangereux parmi les
jeunes Albanais.
Le souci prioritaire de l’UNFPA dans la région
est de persuader les jeunes d’éviter tout comportement
sexuel risqué. « En ce moment même, le
créneau favorable est en train de se fermer en
Europe orientale et le VIH y atteint les proportions
d’une épidémie », déclare le Dr. Aleksandar Bodiroza, spécialiste du VIH/sida et de la santé
des adolescents en matière de reproduction, qui
sert l’UNFPA. « En centrant notre effort sur les
interventions visant à changer le comportement
et en les conduisant à plus grande échelle, nous
serons peut-être en mesure de sauver des centaines
de milliers de jeunes vies ». Actuellement, les
programmes de changement de comportement
n’atteignent dans la région que 40 % des jeunes
scolarisés et 3 % des jeunes non scolarisés.
Des campagnes publicitaires telles que
« Quelle est votre excuse? » représentent une
stratégie de changement de comportement.
L’éducation par les pairs – qui consiste à faire en
sorte que des jeunes formés et crédibles parlent
à d’autres jeunes – en est une autre. Le troisième
aspect de l’approche d’ensemble que l’UNFPA
soutient pour prévenir la diffusion des infections
sexuellement transmissibles, dont le VIH/sida,
consiste à garantir que des services de santé
en matière de reproduction « accueillants aux
jeunes » sont disponibles à tous.Source
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LA MUSIQUE ET LE THÉÂTRE Quand des musiciens connus de tous
placent leur nom et leur talent derrière des messages portant sur
la santé en matière de reproduction, les jeunes écoutent. Artists
against AIDS Worldwide, par exemple, est un réseau de musiciens qui
se consacrent à mobiliser des ressources pour combattre le sida(60).
En Ouganda, Hits for Hope a attiré à une série de concerts des publics
de non moins de 15 000 jeunes, surtout de sexe masculin, et interprété
une chanson qui a connu un immense succès sur les trois
stations radio du pays(61).
En Afrique de l’Ouest, un projet de planification familiale et de
prévention du sida lancé en 1995 a fait connaître une chanson intitulée
« Wake Up Africa! » (Réveille-toi, Afrique); d’après une évaluation
conduite en 1999, la moitié du public de jeunes visé avait entendu
cette chanson, et 20 % de ceux-ci ont déclaré avoir changé de comportement
à la suite de la campagne, c’est-à-dire qu’ils se sont mis à
utiliser des préservatifs ou se sont abstenus de rapports sexuels.
À Harare (Zimbabwe), les jeunes suivent « Studio 263 », feuilleton
dramatique télévisé qui entre dans le cadre d’un programme de
lutte contre le VIH/sida. Ce spectacle met en relief des problèmes
auxquels les jeunes se heurtent et promeut l’abstinence, le soutien
par les pairs et l’abandon des rapports sexuels précoces(62).
En Jamaïque, un feuilleton radiodiffusé que patronne l’UNFPA
a cherché à dégonfler des mythes, insisté sur la vulnérabilité des
jeunes au VIH et sur les dangers de rapports sexuels sans lendemain,
et promu l’utilisation des préservatifs et l’abstinence. Le
projet a bénéficié en outre d’une ligne téléphonique ouverte en
permanence et de l’action de pairs-éducateurs qui ont enseigné aux
jeunes l’art de négocier l’utilisation des préservatifs(63).
Au Brésil, l’ONG Criar Brasil (Élever le Brésil) a lancé un programme
radio destiné aux adolescents des quartiers pauvres des
villes situées dans l’intérieur du pays. En 2001, le programme a été
diffusé sur 1 100 stations radio(64).
En Jamaïque, Ashe (mot africain par lequel il faut entendre
l’énergie interne et le sentiment de dignité individuelle) est une
ONG qui s’efforce d’inspirer aux jeunes confiance en eux-mêmes
pour qu’ils soient en mesure de faire les choix justes pour leur
propre compte. Elle a représenté « Vibes in a World of Sexuality »
(Le courant passe dans un monde dominé par la sexualité), pièce
qui traite de l’épanouissement individuel grâce à l’action des pairséducateurs
dans l’île et à travers le monde(65). Cette représentation
remet en question les tabous culturels qui interdisent aux jeunes de
parler de sexualité.
LES NOUVELLES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION Les programmes
informatiques interactifs et la séduction de l’Internet
sur les jeunes offrent un moyen d’obtenir discrètement des informations
et, en certains cas, de délivrer des conseils. Si cette
technologie n’est pas encore largement disponible partout dans le
monde en développement, son utilisation se répand dans de nombreux
programmes consacrés à la santé des adolescents en matière
de reproduction et de sexualité.
Les filiales de la Fédération internationale pour la planification
familiale (FIPF) dans la région de l’hémisphère occidental ont utilisé
des cybercentres, des sites Web, des programmes interactifs multimédias
sur CD-ROM et des services de conseils par courrier
électronique. Au Chili, un CD-ROM traite essentiellement des rôles
masculins et de la violence sexiste. En El Salvador, un cybercentre
offre un accès peu coûteux à l’Internet. Au Guatemala, une technologie
à base de microchips a servi à créer un programme d’adoption
virtuelle de bébés qui enseigne quelle charge assument des parents(66).
Une évaluation des activités conduites au Chili, en El Salvador,
au Guatemala et au Pérou a établi que ces technologies permettaient
d’informer efficacement les jeunes de classe moyenne en milieu
urbain de la santé en matière de reproduction et de sexualité, ainsi
que de changer les attitudes concernant les rôles sexospécifiques,
mais qu’elles avaient eu un moindre impact auprès d’autres groupes
dont les besoins étaient plus grands en matière d’information et de
conseils. Cette évaluation a aussi comporté la recommandation de
faire participer les jeunes à la conception des activités(67).
En 2002, des jeunes femmes du monde entier ont participé à un
débat en direct sur le VIH/sida et les droits de la personne, organisé
par le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme
(UNIFEM) et par l’Association pour les droits des femmes
(Association for Women’s Rights); cet échange de vues a donné naissance
à une brochure, « Act Now: A Resource Guide for Young
Women on HIV/AIDS »(68).
La Fédération internationale pour la planification familiale
et le BBC World Service ont copatronné « Sexwise », site Web qui
donne en 22 langues des informations sur la santé en matière de
reproduction et de sexualité(69).
La Commission nationale des Pays-Bas pour la coopération
internationale et le développement durable (NCDO) a mis en relation
des étudiants de 15 ans scolarisés appartenant à plusieurs pays
(Afrique du Sud, Argentine, Liban, Macédoine, Ouganda, Pays-Bas
et Zambie) dans le cadre d’un programme sur l’Internet, d’une
durée de sept semaines, consacré à examiner ce qu’ils savent du
sida et à élaborer des réactions à la pandémie(70).
Les Avocats de la jeunesse (Advocates for Youth) et la FIPF ont
un site Internet appelé « Youth Shakers », où les pairs-éducateurs
du monde entier peuvent échanger des idées, signaler des activités
nouvelles et améliorer leurs propres initiatives(71).
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LES JEUNES LUTTENT CONTRE LES IST DANS UN UNIVERS
VIRTUEL |
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Une guerre intergalactique fait rage. Votre mission, en tant que membre de la Confédération Terre, est d’annihiler les
créatures qui vivent sur Itesius, la planète des infections sexuellement transmissibles.
L’ennemi sera exterminé seulement si vous répondez correctement
à une série de questions sur la transmission et les symptômes des IST et du
VIH/sida, et sur les moyens de les prévenir.
Il s’agit de Venerix, jeu informatique sur les IST et le VIH/sida, qui a
obtenu un grand succès parmi les jeunes Roumains en l’espace de
quelques mois seulement. L’auteur en est la Youth for Youth
Foundation, créée en 1991 pour permettre aux jeunes d’adopter des
modes de vie sains et un comportement responsable.
Reconnaissant que les jeunes Roumains passent beaucoup de
temps à explorer l’Internet ou sur des jeux informatiques de stratégie
ou de recherche, cette fondation a créé Venerix afin de compléter son
programme scolaire d’éducation à la vie familiale, qui enseigne aux
participants la manière de communiquer avec leurs compagnons d’âge,
de prendre des décisions responsables et de savoir dire non, d’affronter
la pression exercée sur eux, enfin d’utiliser des préservatifs et d’autres
moyens de contraception.
Pour rendre le jeu accessible à un aussi grand nombre de jeunes que
possible, la fondation l’a placé sur un site Web, www.venerix.ro, où il est
facile de le décharger. Elle a lancé simultanément une campagne intensive
de promotion du jeu dans les écoles secondaires et les cafés
Internet.
Le site est constamment amélioré pour en assurer le dynamisme
et le caractère interactif. On y a ajouté un forum de débat, des jeux
instantanés et un jeu de questions précises sur la santé en matière
de reproduction et de sexualité. L’an dernier, le site a attiré environ
135 000 visiteurs.Source
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LES SPORTS Les sports sont un important moyen d’atteindre les
jeunes, surtout les jeunes hommes. En Afrique, des organisations
sportives ont lancé en 1996 l’Initiative Caring Understanding
Partners afin de promouvoir à l’aide d’événements sportifs la
prévention des IST et du VIH/sida, la planification familiale et
l’immunisation des enfants(72). D’autres campagnes, dont « Break
the Silence: Talk about AIDS » (Rompre le silence : parler du sida),
lancée en 1999 au Kenya, et « Play for Life » (Jouer pour la vie),
lancée en 2002 au Burkina Faso, au Ghana, au Mali et au Nigéria,
ont réussi à communiquer aux jeunes hommes des messages propres
à sauver des vies. Des champions sportifs, comme la vedette de football
Ronaldo au Brésil et le joueur de basket-ball Magic Johnson aux
États-Unis, ont contribué dans une large mesure à faire parvenir
aux jeunes des messages relatifs au VIH/sida.

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