UNFPAÉtat de la population mondiale 2002
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HOME: ÈTAT DE LA POPULATION MONDIAL 2003: Promouvoir un comportement plus sain
Ètat de la population mondiale 2003
Sections
Aperçu général de la condition des adolescents
L’inégalité entre les sexes et la santé en matière de reproduction
Le VIH/sida et les adolescents
Promouvoir un comportement plus sain
Répondre aux besoins sur le plan des services de santé en matière de reproduction
Programmes d’ensemble pour adolescents
Donner priorité aux adolescents
Notes
Sources des ancadrés
Indicateurs
Diagrammes et tableau

Promouvoir un comportement plus sain

Où les adolescents obtiennent leur information
L’éducation à la sexualité dans les écoles
L’éducation et la délivrance de conseils par les pairs
Atteindre les jeunes non scolarisés
Les médias, les spectacles et les sports

Les médias, les spectacles et les sports

Les médias peuvent servir à sensibiliser les décideurs, à modeler et encourager un comportement responsable et à faire connaître les services disponibles dans la communauté. Les programmes recourent à divers moyens pour communiquer les messages appropriés aux secteurs ciblés de la population. Les médias et les spectacles constituent souvent un moyen efficace d’atteindre les adolescents.

Sexto Sentido (Sixième sens) est au Nicaragua un « feuilleton télévisé de portée sociale » hebdomadaire qui aborde des problèmes aussi complexes que le viol, la sexualité, la consommation de drogues et la violence familiale. Produit par Puntos de Encuentro, ONG féminine du Nicaragua, Sexto Sentido est l’émission de télévision la plus appréciée dans son créneau horaire et communique à 80 % du groupe d’âge 13-17 ans ce message : Assumez le contrôle de votre propre vie(55). Un talk show radiodiffusé chaque soir et des animateurs de jeunesse dûment formés abordent aussi les problèmes dont traite le feuilleton.

Au Nicaragua encore, des organismes gouvernementaux et des ONG ont collaboré à la campagne Juntos Decidimos Cuando (« Nous décidons ensemble du moment »), qui vise les jeunes, sexuellement actifs ou non, et les jeunes parents. Des messages diffusés par la radiotélévision et la presse ont promu l’espacement des naissances, le début plus tardif des rapports sexuels et la prévention des grossesses non désirées et des IST. Des concours de chant, des représentations théâtrales sur la voie publique, des danses et concerts organisés par les communautés ont offert autant d’occasions aux organisations locales de santé de promouvoir l’information relative à la santé en matière de reproduction et l’offre de conseils y afférents. Des préservatifs ont été distribués dans les bars, les discothèques et les stations d’essence. La majorité des jeunes ont entendu parler de la campagne et beaucoup ont déclaré qu’elle les avait décidés à prendre certaines décisions(56).

Au Zimbabwe, des programmes de radio, une ligne téléphonique ouverte en permanence, des représentations théâtrales, des documents imprimés (affiches, prospectus et un bulletin) et des pairs-éducateurs ont communiqué aux jeunes des informations sur la santé en matière de reproduction et les ont conduits à adopter des comportements moins risqués et à se rendre dans des centres que l’on a rendus accueillants à la jeunesse. Le programme a aussi créé des comités locaux d’action formés de jeunes et s’est ménagé un soutien parmi les parents, les enseignants et les chefs de communauté. Il a réussi à atteindre les jeunes de milieux urbain et rural, suscitant ainsi des conversations sur des sujets relatifs à la santé en matière de reproduction entre jeunes et parents, augmentant la fréquentation des dispensaires et le recours aux contraceptifs, et encourageant les jeunes sexuellement actifs à n’avoir qu’un seul partenaire(57).

Parmi les autres activités médiatiques couronnées de succès, il faut citer des émissions de radio ouvertes aux appels téléphoniques du public au Cambodge, au Kenya, au Paraguay et en Zambie; des journaux rédigés par les jeunes en Ouganda et en République-Unie de Tanzanie; et des lignes téléphoniques ouvertes en permanence en Colombie, au Guatemala, en Inde, au Mexique, en Ouganda, au Pérou et aux Philippines(58). Ces formules garantissent la confidentialité et permettent d’atteindre de nombreux jeunes, y compris les analphabètes(59).

18 « QUELLE EST VOTRE EXCUSE? »

Le VIH/sida se répand plus vite en Europe orientale que partout ailleurs dans le monde. Mais les jeunes d’esprit ingénieux peuvent, comme de nombreux adultes, fournir toutes sortes de raisons pour ne pas se protéger au moyen d’un préservatif.

« Cela m’embarrasse », admet un jeune homme dans le vent à l’air endurci.

« J’aime les rapports sexuels au naturel », dit un type vêtu de noir avec des tatouages tout le long du bras.

« Nous avons confiance l’un en l’autre », disent de jeunes amoureux étroitement enlacés. Une nouvelle campagne publicitaire patronnée par l’UNFPA et exécutée par Population Services International (PSI), organisation dont le siège est à Washington, vise à attaquer de front ces attitudes négatives./p>

La campagne a pour slogan : « Quelle est votre excuse? ». Et voici la réplique : « Il n’y a pas d’excuse. Utilisez des préservatifs ».

La campagne, qui vise le groupe d’âge 15-25 ans, recourt à divers moyens : insertions publicitaires, affiches, tee-shirts, messages télévisés et radiodiffusés, et emballage des préservatifs. Elle utilise des photographies sombres, à contour net, et de séduisants modèles. La campagne a été lancée lors d’une manifestation sportive et musicale tenue au lac Ada (à Belgrade) en avril, devant une centaine de milliers de jeunes, puis à Sofia (Bulgarie) en mai. Elle sera aussi menée en Bosnie-Herzégovine.

« Je fais ce que je veux, mais je sais ce que je fais », tel est le slogan d’une autre campagne patronnée par l’UNFPA et destinée à promouvoir un comportement moins dangereux parmi les jeunes Albanais.

Le souci prioritaire de l’UNFPA dans la région est de persuader les jeunes d’éviter tout comportement sexuel risqué. « En ce moment même, le créneau favorable est en train de se fermer en Europe orientale et le VIH y atteint les proportions d’une épidémie », déclare le Dr. Aleksandar Bodiroza, spécialiste du VIH/sida et de la santé des adolescents en matière de reproduction, qui sert l’UNFPA. « En centrant notre effort sur les interventions visant à changer le comportement et en les conduisant à plus grande échelle, nous serons peut-être en mesure de sauver des centaines de milliers de jeunes vies ». Actuellement, les programmes de changement de comportement n’atteignent dans la région que 40 % des jeunes scolarisés et 3 % des jeunes non scolarisés.

Des campagnes publicitaires telles que « Quelle est votre excuse? » représentent une stratégie de changement de comportement. L’éducation par les pairs – qui consiste à faire en sorte que des jeunes formés et crédibles parlent à d’autres jeunes – en est une autre. Le troisième aspect de l’approche d’ensemble que l’UNFPA soutient pour prévenir la diffusion des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH/sida, consiste à garantir que des services de santé en matière de reproduction « accueillants aux jeunes » sont disponibles à tous.Source

LA MUSIQUE ET LE THÉÂTRE Quand des musiciens connus de tous placent leur nom et leur talent derrière des messages portant sur la santé en matière de reproduction, les jeunes écoutent. Artists against AIDS Worldwide, par exemple, est un réseau de musiciens qui se consacrent à mobiliser des ressources pour combattre le sida(60). En Ouganda, Hits for Hope a attiré à une série de concerts des publics de non moins de 15 000 jeunes, surtout de sexe masculin, et interprété une chanson qui a connu un immense succès sur les trois stations radio du pays(61).

En Afrique de l’Ouest, un projet de planification familiale et de prévention du sida lancé en 1995 a fait connaître une chanson intitulée « Wake Up Africa! » (Réveille-toi, Afrique); d’après une évaluation conduite en 1999, la moitié du public de jeunes visé avait entendu cette chanson, et 20 % de ceux-ci ont déclaré avoir changé de comportement à la suite de la campagne, c’est-à-dire qu’ils se sont mis à utiliser des préservatifs ou se sont abstenus de rapports sexuels.

À Harare (Zimbabwe), les jeunes suivent « Studio 263 », feuilleton dramatique télévisé qui entre dans le cadre d’un programme de lutte contre le VIH/sida. Ce spectacle met en relief des problèmes auxquels les jeunes se heurtent et promeut l’abstinence, le soutien par les pairs et l’abandon des rapports sexuels précoces(62).

En Jamaïque, un feuilleton radiodiffusé que patronne l’UNFPA a cherché à dégonfler des mythes, insisté sur la vulnérabilité des jeunes au VIH et sur les dangers de rapports sexuels sans lendemain, et promu l’utilisation des préservatifs et l’abstinence. Le projet a bénéficié en outre d’une ligne téléphonique ouverte en permanence et de l’action de pairs-éducateurs qui ont enseigné aux jeunes l’art de négocier l’utilisation des préservatifs(63).

Au Brésil, l’ONG Criar Brasil (Élever le Brésil) a lancé un programme radio destiné aux adolescents des quartiers pauvres des villes situées dans l’intérieur du pays. En 2001, le programme a été diffusé sur 1 100 stations radio(64).

En Jamaïque, Ashe (mot africain par lequel il faut entendre l’énergie interne et le sentiment de dignité individuelle) est une ONG qui s’efforce d’inspirer aux jeunes confiance en eux-mêmes pour qu’ils soient en mesure de faire les choix justes pour leur propre compte. Elle a représenté « Vibes in a World of Sexuality » (Le courant passe dans un monde dominé par la sexualité), pièce qui traite de l’épanouissement individuel grâce à l’action des pairséducateurs dans l’île et à travers le monde(65). Cette représentation remet en question les tabous culturels qui interdisent aux jeunes de parler de sexualité.

LES NOUVELLES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION Les programmes informatiques interactifs et la séduction de l’Internet sur les jeunes offrent un moyen d’obtenir discrètement des informations et, en certains cas, de délivrer des conseils. Si cette technologie n’est pas encore largement disponible partout dans le monde en développement, son utilisation se répand dans de nombreux programmes consacrés à la santé des adolescents en matière de reproduction et de sexualité.

Les filiales de la Fédération internationale pour la planification familiale (FIPF) dans la région de l’hémisphère occidental ont utilisé des cybercentres, des sites Web, des programmes interactifs multimédias sur CD-ROM et des services de conseils par courrier électronique. Au Chili, un CD-ROM traite essentiellement des rôles masculins et de la violence sexiste. En El Salvador, un cybercentre offre un accès peu coûteux à l’Internet. Au Guatemala, une technologie à base de microchips a servi à créer un programme d’adoption virtuelle de bébés qui enseigne quelle charge assument des parents(66).

Une évaluation des activités conduites au Chili, en El Salvador, au Guatemala et au Pérou a établi que ces technologies permettaient d’informer efficacement les jeunes de classe moyenne en milieu urbain de la santé en matière de reproduction et de sexualité, ainsi que de changer les attitudes concernant les rôles sexospécifiques, mais qu’elles avaient eu un moindre impact auprès d’autres groupes dont les besoins étaient plus grands en matière d’information et de conseils. Cette évaluation a aussi comporté la recommandation de faire participer les jeunes à la conception des activités(67).

En 2002, des jeunes femmes du monde entier ont participé à un débat en direct sur le VIH/sida et les droits de la personne, organisé par le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) et par l’Association pour les droits des femmes (Association for Women’s Rights); cet échange de vues a donné naissance à une brochure, « Act Now: A Resource Guide for Young Women on HIV/AIDS »(68).

La Fédération internationale pour la planification familiale et le BBC World Service ont copatronné « Sexwise », site Web qui donne en 22 langues des informations sur la santé en matière de reproduction et de sexualité(69).

La Commission nationale des Pays-Bas pour la coopération internationale et le développement durable (NCDO) a mis en relation des étudiants de 15 ans scolarisés appartenant à plusieurs pays (Afrique du Sud, Argentine, Liban, Macédoine, Ouganda, Pays-Bas et Zambie) dans le cadre d’un programme sur l’Internet, d’une durée de sept semaines, consacré à examiner ce qu’ils savent du sida et à élaborer des réactions à la pandémie(70).

Les Avocats de la jeunesse (Advocates for Youth) et la FIPF ont un site Internet appelé « Youth Shakers », où les pairs-éducateurs du monde entier peuvent échanger des idées, signaler des activités nouvelles et améliorer leurs propres initiatives(71).

19 LES JEUNES LUTTENT CONTRE LES IST DANS UN UNIVERS VIRTUEL

Une guerre intergalactique fait rage. Votre mission, en tant que membre de la Confédération Terre, est d’annihiler les créatures qui vivent sur Itesius, la planète des infections sexuellement transmissibles. L’ennemi sera exterminé seulement si vous répondez correctement à une série de questions sur la transmission et les symptômes des IST et du VIH/sida, et sur les moyens de les prévenir.

Il s’agit de Venerix, jeu informatique sur les IST et le VIH/sida, qui a obtenu un grand succès parmi les jeunes Roumains en l’espace de quelques mois seulement. L’auteur en est la Youth for Youth Foundation, créée en 1991 pour permettre aux jeunes d’adopter des modes de vie sains et un comportement responsable.

Reconnaissant que les jeunes Roumains passent beaucoup de temps à explorer l’Internet ou sur des jeux informatiques de stratégie ou de recherche, cette fondation a créé Venerix afin de compléter son programme scolaire d’éducation à la vie familiale, qui enseigne aux participants la manière de communiquer avec leurs compagnons d’âge, de prendre des décisions responsables et de savoir dire non, d’affronter la pression exercée sur eux, enfin d’utiliser des préservatifs et d’autres moyens de contraception.

Pour rendre le jeu accessible à un aussi grand nombre de jeunes que possible, la fondation l’a placé sur un site Web, www.venerix.ro, où il est facile de le décharger. Elle a lancé simultanément une campagne intensive de promotion du jeu dans les écoles secondaires et les cafés Internet.

Le site est constamment amélioré pour en assurer le dynamisme et le caractère interactif. On y a ajouté un forum de débat, des jeux instantanés et un jeu de questions précises sur la santé en matière de reproduction et de sexualité. L’an dernier, le site a attiré environ 135 000 visiteurs.Source

LES SPORTS Les sports sont un important moyen d’atteindre les jeunes, surtout les jeunes hommes. En Afrique, des organisations sportives ont lancé en 1996 l’Initiative Caring Understanding Partners afin de promouvoir à l’aide d’événements sportifs la prévention des IST et du VIH/sida, la planification familiale et l’immunisation des enfants(72). D’autres campagnes, dont « Break the Silence: Talk about AIDS » (Rompre le silence : parler du sida), lancée en 1999 au Kenya, et « Play for Life » (Jouer pour la vie), lancée en 2002 au Burkina Faso, au Ghana, au Mali et au Nigéria, ont réussi à communiquer aux jeunes hommes des messages propres à sauver des vies. Des champions sportifs, comme la vedette de football Ronaldo au Brésil et le joueur de basket-ball Magic Johnson aux États-Unis, ont contribué dans une large mesure à faire parvenir aux jeunes des messages relatifs au VIH/sida.

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