UNFPAÉtat de la population mondiale 2002
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HOME: ÈTAT DE LA POPULATION MONDIAL 2003: Promouvoir un comportement plus sain
Ètat de la population mondiale 2003
Sections
Aperçu général de la condition des adolescents
L’inégalité entre les sexes et la santé en matière de reproduction
Le VIH/sida et les adolescents
Promouvoir un comportement plus sain
Répondre aux besoins sur le plan des services de santé en matière de reproduction
Programmes d’ensemble pour adolescents
Donner priorité aux adolescents
Notes
Sources des ancadrés
Indicateurs
Diagrammes et tableau

Promouvoir un comportement plus sain

Où les adolescents obtiennent leur information
L’éducation à la sexualité dans les écoles
L’éducation et la délivrance de conseils par les pairs
Atteindre les jeunes non scolarisés
Les médias, les spectacles et les sports

L’éducation et la délivrance de conseils par les pairs

L’ÉDUCATION PAR LES PAIRS L’éducation par les pairs est devenue ces dernières années l’une des approches les plus courantes pour répondre aux besoins de santé des adolescents en matière de reproduction et de sexualité. L’éducation par les pairs est une approche ou une stratégie qui fait intervenir des membres d’un groupe donné pour introduire des changements parmi d’autres membres du même groupe. De plus en plus, on publie des évaluations de programme qui font connaître en détail son impact sur des publics cibles. Mais il existe des données beaucoup plus solides concernant l’impact sur les pairs-éducateurs eux-mêmes en des points tels que l’accroissement des connaissances, l’adoption de comportements sexuels moins dangereux et l’amélioration des attitudes(38).

En Europe centrale et orientale et dans l’ex-Union soviétique, l’UNFPA s’est employé activement à appliquer, superviser, suivre et évaluer des programmes multisectoriels d’éducation par les pairs, afin de renforcer le statut et la crédibilité de ce mode d’éducation dans la région et de compléter les programmes d’éducation sexuelle par l’éducation aux savoir-faire nécessaires à la vie. Au cours des deux dernières années, le projet a comporté 158 initiatives dans 27 pays, formant 165 stagiaires qui deviendront des pairs-éducateurs – et atteignant en fin de compte 31 000 jeunes, tandis qu’il intégrait les problèmes sexospécifiques dans la prévention du VIH/sida. Le projet a utilisé la technologie de l’information pour mettre en place la Youth Peer Education Electronic Resource (Y-PEER) qui comporte des listes de destinataires, des sites Web et un apprentissage à distance. Y-PEER met actuellement en liaison 370 pairs-éducateurs appartenant à 27 pays, leur offrant ainsi un accès commode à des matériels à consulter et à des programmes de formation.

Au Nigéria et au Ghana, le projet Initiative pour la jeunesse d’Afrique de l’Ouest a recouru à des interventions de pairs pour rendre l’information, l’éducation, les conseils et services relatifs à la santé en matière de reproduction plus accessibles aux jeunes, tant scolarisés que non scolarisés. Le projet a fait appel à des organisations locales de jeunesse et se trouvait donc tributaire de la participation des communautés. Il a eu un effet marqué sur les connaissances et le comportement des participants, promouvant notamment une utilisation accrue des préservatifs(39).

Au Cameroun, Entre Nous Jeunes a été conçu pour répandre l’utilisation des contraceptifs et réduire ainsi la prévalence des IST, du VIH et des grossesses non recherchées chez les adolescents. Les pairs-éducateurs ont proposé des activités de groupe et individuelles, offrant des informations et l’aiguillage vers les services voulus. Les jeunes qui y ont participé se sont montrés mieux informés de la santé en matière de reproduction et plus disposés à utiliser des contraceptifs(40). L’utilisation des contraceptifs a aussi augmenté en République dominicaine après un projet d’éducation par les pairs dont une association de planification familiale a assuré la gestion(41).

En Zambie, la distribution de préservatifs par les pairs a été comparée à la fourniture aux adolescents de prêts pour petites entreprises. L’une et l’autre activités ont conduit à l’adoption de comportements sexuels moins dangereux, mais l’éducation par les pairs a eu plus d’impact(42).

L’Éthiopie, qui a un taux national de prévalence du VIH de 7,3 % (13,4 % dans les zones urbaines), a formé son premier groupe de 60 conseillers des jeunes pour lutter contre le VIH/sida. Ils offriront des conseils dans les centres de VCT(43).

Les programmes d’éducation par les pairs peuvent s’attaquer à l’inégalité entre les sexes, qui perpétue la mauvaise santé en matière de reproduction et de sexualité. Une étude menée en Afrique du Sud a établi que les programmes qui ont la meilleure chance de succès sont ceux qui aident les jeunes à comprendre combien les normes sexuelles en vigueur nuisent à leur santé en matière de sexualité, et qui leur donnent assez d’assurance pour résister à ces normes(44). Un projet conduit par des filiales de la Croix-Rouge australienne et de la Croix-Rouge lao vise à affaiblir le sentiment de honte qui empêche les jeunes femmes d’acheter, porter sur elles et utiliser des préservatifs(45).

Certains programmes visent à réduire le risque de séropositivité parmi les adolescentes. L’un d’eux, mené sur un campus du Nigéria, cible les jeunes femmes qui entretiennent une relation avec des hommes plus âgés afin de pouvoir acquitter leurs redevances universitaires. Grâce aux activités des pairs, elles peuvent débattre des risques de VIH, de la nécessité d’utiliser des préservatifs et devenir aptes à négocier cette utilisation(46). Dans le sud du Nigéria, l’Initiative Pouvoir des filles (Girls Power) recourt à des méthodes participatives pour mettre les étudiantes mieux en mesure de résoudre les problèmes qui se posent à elles. Par exemple, quand elles rencontrent un professeur de sexe masculin, les filles sont encouragées à emmener une amie avec elles pour éviter le risque d’exploitation sexuelle(47).

Au Ghana, où la prévalence du VIH est encore relativement faible chez les adolescents (2,2 % pour le groupe d’âge 10-19 ans), les programmes d’éducation par les pairs ont atteint avec succès 75 000 jeunes scolarisés et non scolarisés, y compris des jeunes des rues et des travailleuses de l’industrie du sexe. Les participants ont retenu ce qu’ils ont appris au sujet de la prévention, de l’abstinence et de l’utilisation des préservatifs, et ils ont communiqué cette information à leurs amis. Les activités externes qui complètent l’éducation par les pairs ont permis d’immuniser et conseiller des milliers d’enfants des rues, ainsi que de leur donner une première aide et des informations sur leur santé; beaucoup ont utilisé les abris offerts en liaison avec le programme.

Une évaluation a montré que le programme évitait les problèmes de rotation rapide et de faible motivation parmi les pairs-éducateurs, qui avaient ruiné d’autres activités comparables. Les pairs-éducateurs ont rencontré une ignorance assez générale et beaucoup d’idées fausses concernant des sujets tels que la prévention de la grossesse, la menstruation et l’hygiène sexuelle, ce qui montre la nécessité de fournir des informations sur les problèmes relatifs à la procréation au sens large(48).

Les jeunes atteints du VIH/sida peuvent s’avérer particulièrement efficaces dans la tâche de pairs-éducateurs et motiver les jeunes à se protéger contre l’infection. En Haïti, l’Association pour la solidarité nationale, organisation de personnes atteintes du VIH/sida ou en subissant directement les effets, a organisé des réunions à l’intention des jeunes. Ceux-ci ont réagi positivement aux paroles du dirigeant séropositif du groupe, qui les a exhortés à ne pas avoir de rapports sexuels précoces et à rester fidèles à leur partenaire(49).

LA DÉLIVRANCE DE CONSEILS PAR LES PAIRS La délivrance de conseils par les pairs vise à répondre aux besoins d’ordre cognitif, affectif, social et relatifs au comportement qu’éprouvent des individus (et des groupes) semblables aux pairs-conseillers(50). La délivrance de conseils par les pairs est conçue pour prévenir et aborder les problèmes, faciliter un apprentissage et un comportement positif, et améliorer les chances de développement harmonieux des individus et des communautés.

Tandis que l’éducation par les pairs s’efforce d’offrir les connaissances et savoir-faire nécessaires aux membres du groupe cible pour qu’ils fassent des choix informés, la délivrance de conseils par les pairs obtient le même résultat en mettant de plus en cause les normes socioculturelles grâce au partage d’une expérience personnelle. Les pairs-conseillers ont donc besoin de savoir-faire et d’une formation complémentaires, et ils doivent assurer un suivi continuel de leurs clients afin de tirer parti des rapports établis lors de la délivrance de conseils.

16 UN PAIR-CONSEILLER DE SOWETO DISSIPE LA CRAINTE ET LES MYTHES

Mmagokgoshi Morema, 23 ans, est un pairéducateur bénévole dans un centre de jeunesse géré à Soweto par la Planification familiale d’Afrique du Sud. Ce centre dispose d’une « pièce de relaxation » où, après l’école, les jeunes peuvent écouter de la musique, lire des manuels ou parler à quelqu’un.

« Une adolescente peut venir pour obtenir des informations sur la sexualité ou ses relations personnelles. Elle se sent plus libre quand elle me parle plutôt qu’à une personne plus âgée », dit Morema. « Si elle va dans un dispensaire, on croit qu’elle couche à droite et à gauche ».

« Nous leur enseignons des styles de vie positifs, des choix informés, la nature des MST et nous leur apprenons que les drogues tuent. Mais nous ne choisissons pas pour eux. »

Une partie de son travail consiste à dissiper les idées erronées. « Beaucoup de filles croient que si elles utilisent la pilule, elles deviendront stériles ou auront de la cellulite. Quand elles réalisent qu’aucun dommage physique n’en résultera, elles l’utilisent.

« Certaines croient que si elles ont des rapports sexuels debout, elles ne seront pas enceintes. Ou bien si elles sautent, ou bien si elles gardent les doigts croisés. Elles ne comprennent pas ce qu’est le cycle menstruel, ne savent pas qu’à certains jours du mois il est impossible de concevoir. Nous leur apprenons les parties dont se compose leur appareil génital et nous leur montrons des tableaux des organes masculins et féminins ».

Les parents aussi viennent au centre. Une mère croyait que nous enseignions aux enfants à avoir des rapports sexuels. « Je lui ai donné nos brochures et lui ai montré ce que nous leur disions réellement. Nous assurons les mères et les pères que si une jeune fille vient au dispensaire, cela ne signifie pas qu’elle a des rapports sexuels.

« Nous apprenons aux parents comment parler à un adolescent : il n’y a pas besoin de l’effrayer », dit Morema. « Si vous leur dites la vérité, ils vous comprendront mieux.

« La plupart des jeunes connaissent l’existence des IST, mais ne savent pas tout le mal qu’elles font. Quand ils l’apprennent, la plupart en subissent une forte impression. Je suis heureuse parce que maintenant ils savent ».

« Nous leur parlons d’ABC. De nombreux jeunes croient que le point capital est de s’abstenir; ils s’abstiennent. Certains réduisent le nombre de leurs partenaires. De nombreux jeunes viennent au dispensaire pour obtenir des préservatifs ; ils ont peur de mourir. Nous leur montrons comment les utiliser ». D’autres répugnent à l’idée d’utiliser des préservatifs. « ‘On ne peut pas manger un bonbon tout enveloppé’, disent certains. Mais ils contractent une MST et alors ils comprennent ».

Morema fait partie de l’initiative « Un million de voix » lancée par la Planification familiale d’Afrique du Sud, dont le but est d’atteindre trois millions de jeunes en l’espace de trois ans. « Nous négocions avec les chefs d’établissement scolaire pour être invités à parler aux étudiants. Les jeunes non scolarisés, nous les rencontrons dans des endroits comme les supermarchés et les clubs ».

La tâche est très prenante et l’horaire de travail, long. Pourquoi fait-elle cela? « J’ai un fils », explique-t-elle. « Je n’avais pas assez d’informations concernant la grossesse. Ma mère a cherché à m’effrayer : ‘Les rapports sexuels, cela fait mal.’ Je ne connaissais pas les droits des clients. Elle mettait ma chambre sens dessus dessous pour y trouver des contraceptifs. Il faut garder une carte pour aller à un dispensaire; j’avais peur qu’elle la trouve, si bien que j’avais peur d’y aller. À la place j’ai utilisé le calendrier de mon cycle menstruel; peut-être me suis-je trompée. J’avais 20 ans ».

« J’aime travailler avec les jeunes; c’est une passion. J’ai cru à ces mythes. Mon but est d’enlever les nuages noirs de devant leurs yeux. Vous pouvez le voir ».Source

DES PAIRS-CONSEILLERS AUX PHILIPPINES Aux Philippines, les pairs-conseillers jouent un rôle essentiel dans le programme de l’UNFPA qui vise à soutenir des projets promouvant une meilleure santé des jeunes en matière de reproduction et de sexualité(51).

L’Université Sainte-Marie, en Nueva Vizcaya, montre comment une école catholique peut intégrer à son programme la santé des adolescents en matière de reproduction, malgré le caractère délicat des problèmes. Les pairs-conseillers sont faciles à atteindre dans leur coin habituel du campus, où leurs visiteurs trouvent de la documentation sur la santé en matière de reproduction.

Les pairs-conseillers de Manille ont organisé sur un campus le premier concours de poésie amoureuse. Les étudiants y ont participé avec enthousiasme, s’exprimant en toute franchise sur l’amour et la sexualité. À Davao City, plusieurs pairs-conseillers étaient euxmêmes d’anciens bénéficiaires du projet de délivrance de conseils par les pairs. L’un d’entre eux, Belay, a quitté une bande de jeunes mêlée à des affaires de drogues et à des vols pour venir rejoindre le camp de jeunesse du centre. Il met désormais ses talents d’artiste au service du groupe théâtral de Kaugmaon.

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