UNFPAÉtat de la population mondiale 2002
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HOME: ÈTAT DE LA POPULATION MONDIAL 2003: Le VIH/sida et les adolescents
Ètat de la population mondiale 2003
Sections
Aperçu général de la condition des adolescents
L’inégalité entre les sexes et la santé en matière de reproduction
Le VIH/sida et les adolescents
Promouvoir un comportement plus sain
Répondre aux besoins sur le plan des services de santé en matière de reproduction
Programmes d’ensemble pour adolescents
Donner priorité aux adolescents
Notes
Sources des ancadrés
Indicateurs
Diagrammes et tableau

Le VIH/sida et les adolescents

Les facteurs causals
Les différences entre les régions
L’impact du sida sur les jeunes
Les ventes subventionnées de contraceptifs
Les services de prévention du VIH/sida et de soins aux séropositifs

Les ventes subventionnées de contraceptifs

L’approche « ABC » (Abstinence, Be faithful, and use Condoms – comme il est indiqué en détail au chapitre 4) s’est avérée efficace. Les ventes subventionnées combinent les études de marché et les techniques publicitaires avec une campagne de promotion dans les médias, l’appel aux pairs-éducateurs et des manifestations à base communautaire. Les préservatifs sont généralement l’article commercialisé, souvent avec un message de « protection double » pour aider les adolescents à se protéger aussi bien contre la grossesse que contre les IST, dont le VIH. Presque tout endroit où les jeunes passent du temps et se réunissent, de l’école aux lieux de travail et aux discothèques, offre une occasion possible de fournir des informations et d’assurer la disponibilité des préservatifs.

Les ventes subventionnées, comme les médias, peuvent viser des groupes spécifiques. En Indonésie, une campagne couronnée de succès pour accroître l’utilisation de préservatifs parmi les travailleuses de l’industrie du sexe a mis simultanément en jeu plusieurs moyens : articles de presse, manifestations dans les bars et les universités, conseils sur la manière de négocier l’utilisation de préservatifs, et éducation des tenanciers de maison close. De ce fait, le pourcentage des travailleuses de l’industrie du sexe utilisant des préservatifs est passé de 36 à 48 % (32).

Le programme de ventes subventionnées pour la santé sexuelle des adolescents (The Social Marketing for Adolescent Sexual Health – SMASH), exécuté par Population Services International, a évalué les activités menées dans les zones urbaines de plusieurs pays : Afrique du Sud, Botswana, Cameroun et Guinée. Les initiatives faisaient appel aux écoles, médias, clubs de jeunesse et à l’intervention des pairs pour inspirer une meilleure prise de conscience et promouvoir parmi les jeunes des pratiques sexuelles moins dangereuses, surtout l’utilisation de préservatifs.

Si ces activités ont réussi à mieux faire prendre conscience des avantages d’un comportement prudent, ce qui recouvre notamment l’abstinence et l’utilisation de préservatifs, et à aplanir les obstacles à l’utilisation de préservatifs, elles ont connu un moindre succès s’agissant de changer le comportement. La réussite a été plus grande parmi les jeunes femmes que parmi les jeunes hommes, ce qui donne à penser que les deux sexes doivent être atteints par des voies différentes(33).

12 ATTEINDRE LES JEUNES AU MOYEN DE VENTES SUBVENTIONNÉES

L’évaluation des ventes subventionnées de préservatifs visant les jeunes dans quatre pays africains (SMASH) a permis d’établir ce qui suit :

  • Pour changer le comportement des adolescents, il peut être nécessaire de déployer des efforts intensifs pendant deux à trois ans au moins.
  • Les programmes les plus efficaces sont ceux qui comportent une combinaison attentivement conçue de promotion par les médias et de communication directe.
  • Les jeunes hommes et les jeunes femmes ont des préoccupations différentes en matière de santé sexuelle, et il faut les aborder de manière différente.
  • De prudentes stratégies de communication sont nécessaires pour réduire le sentiment de honte lié à l’utilisation de préservatifs.
  • Les jeunes doivent participer à la conception des programmes.
Source

Prenant appui sur les enseignements tirés du programme SMASH au Cameroun, un autre programme de ventes subventionnées a été lancé dans ce pays en 2000. La première phase a mis en œuvre une campagne médiatique, des émissions de radio faisant appel à la participation des auditeurs, un journal, des pairs-éducateurs et un drame radiophonique afin de promouvoir l’utilisation constante de préservatifs, surtout avec un partenaire régulier. Les activités de la phase actuelle encouragent les parents à parler à leurs enfants de la prévention du VIH/sida, à mettre les filles en mesure de négocier l’abstinence ou l’utilisation de préservatifs, et à souligner l’importance d’une utilisation constante des préservatifs avec les partenaires réguliers(34).

De nombreuses attitudes négatives, et souvent erronées, font obstacle à l’utilisation de préservatifs. Certains jeunes ne croient pas que le préservatif offre une protection fiable contre les grossesses non désirées ni même le VIH. Dans une étude menée au Kenya, 35 % seulement des étudiants en milieu urbain et 56 % en milieu rural se sont déclarés certains de l’efficacité des préservatifs(35). Une étude menée au Botswana a établi que 76 % des garçons étaient convaincus que les préservatifs glissent souvent(36). Une autre étude, au Botswana également, a indiqué que dans l’esprit de certains jeunes les préservatifs répandent l’infection(37). Au Suriname, des vues négatives analogues se sont aussi avérées un obstacle majeur aux activités de prévention(38).

En Afrique du Sud, au cours d’un débat de groupe témoin, des jeunes hommes ont dit n’avoir pas le courage de demander des préservatifs dans les pharmacies et les dispensaires. Ils ont ajouté que, dans l’un et l’autre cadre, le personnel exprimait sa désapprobation que des jeunes soient sexuellement actifs. Ces jeunes hommes ont dit qu’ils aimeraient pouvoir obtenir des préservatifs dans les galeries de billards électriques, les toilettes publiques, les boîtes de nuit, les magasins de disques, les cafés Internet et les distributeurs automatiques – et les obtenir de leurs pairs plutôt que d’adultes. Certains se sont aussi déclarés mal à l’aise quand ils utilisent des préservatifs en raison de leur inexpérience, et ils ont paru plus soucieux de préserver leur image que de courir les risques liés à des rapports sexuels non protégés(39).

Malgré ces aspects négatifs, une évaluation s’est achevée sur ces mots : « L’approche des ventes subventionnées à l’intention des jeunes semble bien promettre d’encourager l’utilisation des préservatifs à assez grande échelle et d’en rendre l’utilisation régulière socialement acceptable. Les médias devraient conjuguer leurs efforts avec les pharmacies et autres points d’écoulement du secteur privé qui ont la préférence des jeunes pour des raisons de confidentialité et de commodité, et il faudrait en même temps rendre ces services plus accueillants aux jeunes »(40).

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