UNFPAÉtat de la population mondiale 2003
Back to Main Menu
HOME: ÈTAT DE LA POPULATION MONDIAL 2003: L’inégalité entre les sexes et la santé en matière de reproduction
Ètat de la population mondiale 2003
Sections
Aperçu général de la condition des adolescents
L’inégalité entre les sexes et la santé en matière de reproduction
Le VIH/sida et les adolescents
Promouvoir un comportement plus sain
Répondre aux besoins sur le plan des services de santé en matière de reproduction
Programmes d’ensemble pour adolescents
Donner priorité aux adolescents
Notes
Sources des ancadrés
Indicateurs
Diagrammes et tableau

L’inégalité entre les sexes et la santé en matière de reproduction

Le mariage précoce et le mariage dès l’enfance
Des normes changeantes, des défis redoutables
Le soutien des parents et de la famille
La violence sexuelle et la traite des humains
La coupure génitale féminine

La violence sexuelle et la traite des humains

Les adolescentes sont souvent exposées à la violence sexuelle. Cette violation patente de leurs droits porte aussi atteinte à leur santé en matière de reproduction et de sexualité. C’est seulement cours de la dernière décennie que l’étendue de la violence sexuelle dirigée contre les filles a été enfin comprise et qu’une documentation a commencé d’être réunie. Des études menées en Inde, en Jamaïque, au Mali, en République-Unie de Tanzanie et au Zimbabwe ont établi que de 20 à 30 % des adolescentes avaient subi des violences sexuelles(58).

LA COERCITION La première expérience sexuelle de nombreuses adolescentes leur est imposée sous la contrainte. En Afrique du Sud, 30 % des jeunes femmes indiquent que ce fut le cas. La violence sexuelle perturbe le développement des filles en leur rendant plus difficile de poursuivre leur scolarité, en détruisant la confiance qu’elles ont dans les adultes et leurs compagnons d’âge, et en les exposant aux IST, aux grossesses non désirées et à un dommage physique ou psychologique à court ou à long terme.

Les adolescents et les adultes de sexe masculin tolèrent souvent la coercition sexuelle, voire l’excusent. Les jeunes femmes, elles aussi, peuvent juger normale la violence sexuelle ou les rapports sexuels imposés par la force, la crainte ou l’intimidation, ce qui reflète les normes sexospécifiques perverties qui ont cours dans certaines communautés ou sociétés.

Une étude menée en Afrique du Sud a établi que la violence sexuelle et la coercition contre les filles jeunes étaient si répandues qu’on appelait ces pratiques “l’amour au quotidien”(59). Dans une autre étude portant sur 30 000 jeunes, un homme sur quatre a affirmé avoir eu des rapports sexuels sans le consentement de la fille(60). La plupart des jeunes hommes et des jeunes femmes ont exprimé l’opinion qu’imposer à une personne de connaissance des rapports sexuels n’est rien de plus qu’ “être brutal dans ses amours”, mais ne constitue pas une violence sexuelle; et la majorité des femmes ont déclaré que les femmes elles-mêmes portaient la responsabilité des sévices sexuels.

Presque partout, la violence sexuelle survient dans des circonstances similaires : les filles sont le plus souvent violées ou victimes d’autres sévices du fait de personnes qu’elles connaissent, y compris des membres de leur famille. Il s’agit même parfois de membres respectés de leur communauté : enseignants, employeurs, voire dirigeants religieux. Les éducateurs reconnaissent de plus en plus la nécessité de faire preuve d’initiative dans la résistance à la violence. L’École de santé publique de l’Université du Cap occidental (Western Cape), en Afrique du Sud, a élaboré une méthode de lutte contre la violence sexuelle et sexiste dès l’école primaire, mettant en cause les attitudes des enseignants et les encourageant à transmettre à leurs élèves des messages anti-violence.

LE TRAFIC DES JEUNES FEMMES ET DES FILLES Le nombre de femmes et d’enfants dont les trafiquants alimentent chaque année l’industrie du sexe (souvent par la contrainte ou l’enlèvement) et le travail forcé varie considérablement selon les évaluations, qui vont de 700 000 à 4 millions(61). La vente de jeunes femmes à des individus qui les réduisent à l’esclavage sexuel, ce qui constitue une grave violation de leurs droits et une menace à leur santé, a augmenté considérablement au cours de la décennie écoulée(62). L’extrême pauvreté, la médiocre condition sociale des femmes et des filles, l’absence de contrôle frontalier sérieux et la collusion des représentants de la loi sont autant de facteurs qui contribuent à l’extension de ce phénomène.

En Asie et en Europe de l’Est, des filles sont, dès l’âge de 13 ans, victimes d’organisations de « vente de fiancées par correspondance »(63). En Inde, environ deux travailleuses de l’industrie du sexe sur cinq ont moins de 18 ans(64). À Sri Lanka, la majorité des enfants employés par l’industrie du sexe sont des garçons(65). Selon une évaluation régionale, entre un et deux millions d’hommes et de femmes, dont la majorité en Asie, sont victimes de ce trafic chaque année. Plus de 225 000 viennent de l’Asie du Sud-Est et 150 000 autres d’Asie du Sud(66).

De nombreuses femmes originaires des États issus de l’ex-Union soviétique sont emmenées en Israël, dans le reste du Moyen-Orient ou en Europe occidentale; beaucoup d’entre elles ont moins de 16 ans. En de nombreux pays, le système judiciaire se préoccupe plus de mettre en détention ou d’expulser les jeunes femmes que de punir les trafiquants. Les jeunes travailleuses de l’industrie du sexe sont souvent dérobées à la vue des autorités. Au Cambodge, par exemple, lors d’une évaluation de la politique d’utilisation de préservatifs à 100 % par les travailleuses de l’industrie du sexe, il a été constaté que les plus jeunes étaient souvent dissimulées quand la police venait enregistrer leur identité(67).

Les jeunes travailleurs de l’industrie du sexe, hommes et femmes, courent un risque élevé d’infection par le VIH. Ils ne sont que peu ou pas en mesure de négocier l’utilisation de préservatifs et se voient imposer des rapports sexuels forcés, ce qui risque d’accroître les risques de transmission du VIH. La prévalence du VIH parmi les jeunes travailleurs de l’industrie du sexe est généralement élevée – allant de 25 % environ au Cambodge à 48 % dans certaines parties de l’Inde et à 70 % à Abidjan (Côte d’Ivoire)(68).

Certains pays ont commencé à s’attaquer au trafic des humains, souvent de concert avec les dirigeants de communauté. Le Gouvernement thaïlandais, par exemple, a considéré comme une priorité absolue au début des années 90 d’aider les jeunes qui risquaient d’être absorbés par l’industrie du sexe. Les zones ciblées sont huit provinces du nord de la Thaïlande où les taux de VIH/sida sont élevés et les abandons scolaires féminins très nombreux(69). Les enseignants sont formés à identifier les filles qui courent un grand risque d’être vendues et à intervenir auprès de leurs familles pour qu’elles restent à l’école et gagnent de l’argent sur place.

 Back to top PreviousNext 
      |      Main Menu      |      Press Kit      |      Charts & Graphs      |      Indicators   |