UNFPAÉtat de la population mondiale 2002
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HOME: ÈTAT DE LA POPULATION MONDIAL 2003: Aperçu général de la condition des adolescents
Ètat de la population mondiale 2003
Sections
Aperçu général de la condition des adolescents
L’inégalité entre les sexes et la santé en matière de reproduction
Le VIH/sida et les adolescents
Promouvoir un comportement plus sain
Répondre aux besoins sur le plan des services de santé en matière de reproduction
Programmes d’ensemble pour adolescents
Donner priorité aux adolescents
Notes
Sources des ancadrés
Indicateurs
Diagrammes et tableau

Aperçu général de la condition des adolescents

Introduction
Pourquoi la santé en matière de reproduction est-elle importante?
Santé des adolescents en matière de reproduction et pauvreté
Un monde qui change
L’éducation et l’emploi
Assurer un avenir meilleur : l’investissement dans la jeune génération

Assurer un avenir meilleur : l’investissement dans la jeune génération

La participation des adolescents au développement social est une tâche que la plupart des pays n’ont pas encore abordée. Les vastes changements intervenus dans la société allongent le temps écoulé entre la maturité physique et l’acceptation des jeunes dans les rôles d’adulte. Les institutions sociales doivent apprendre à offrir aux adolescents une entière participation parce qu’en de nombreux contextes ils se sont avérés des agents de changement dynamiques.

Il est impossible de nier le caractère spécifique de l’adolescence ou d’y voir seulement « un moment de transition ». Les choix que les jeunes font, les objectifs qu’ils se fixent et les perspectives qui leur sont offertes ne constituent pas seulement une préparation : ils sont une partie significative de leur vie. Les choix des jeunes peuvent les engager dans des voies qui s’avèreront bénéfiques pour eux-mêmes, leurs familles, amis et communautés. Et pourtant, on offre aux adolescents une information, des possibilités, des ressources et un appui inadéquats pour guider leurs choix.

6 RECONNAÎTRE LE « DÉVELOPPEMENT DES CAPACITÉS » DES ADOLESCENTS

La Convention relative aux droits de l’enfant énonce en détail la responsabilité des gouvernements s’agissant de garantir les droits de tous les enfants jusqu'à l’âge de 18 ans, à savoir notamment le droit à la vie privée (article 16) et à l’information “sans considération de frontières” (article 13). Tous les pays à l’exception de trois (États-Unis, Somalie et Timor-Leste) ont adopté la Convention.

La Convention reconnaît aussi que la capacité des enfants de prendre des décisions importantes, notamment au sujet de leur propre santé, augmente avec l’âge et l’expérience. À l’article 5, il est demandé que les États respectent la responsabilité, le droit et le devoir qu’ont les parents, les tuteurs, les familles étendues ou les communautés (si elles y sont habilitées par la coutume locale), de donner aux enfants l’orientation et les conseils appropriés pour exercer leurs droits “d’une manière qui corresponde au développement de ces capacités”.

La CIPD a noté de même le besoin d’établir un équilibre entre les responsabilités et les droits des parents ou tuteurs et, d’autre part, “le développement des capacités” des “adolescents” (ce terme ne figure pas dans la Convention, mais il est constamment utilisé dans le Programme d’action de la CIPD).

“Les enfants incapables de jugement [Note : Ceci est une expression juridique qui désigne l’incapacité ou l’absence de maturité] ont droit à la protection et aux conseils que les parents ou tuteurs peuvent leur fournir”, selon les professeurs de droit Rebecca Cook et Bernard Dickens. Mais le concept de “développement des capacités” implique aussi une autonomie croissante. Les politiques “qui traitent des adultes compétents comme s’ils étaient des enfants”, soutiennent-ils, “peuvent avoir pour effet de rabaisser et d’insulter.” Les lois prétendument conçues pour protéger les adolescents, par exemple en leur refusant l’accès aux contraceptifs sans l’assentiment des parents, peuvent mettre en danger leur santé et aussi violer la Convention et d’autres traités relatifs aux droits de la personne.Source

En de nombreux cas, cadres juridiques et dispositions administratives sont en place pour fournir aux jeunes les services essentiels, par exemple des conseils pour la recherche d’un emploi, une éducation et des soins de santé, y compris l’information et les services concernant la santé en matière de reproduction. Le problème se pose plus souvent au niveau de l’exécution que de la définition des politiques.

Les investissements dans l’adolescence doivent être stratégiques. Les rendements en seront très amples (voir chapitre 7). Un investissement insuffisant ferme les perspectives et expose les jeunes à des risques superflus. Les privations de divers types s’aggravent l’une l’autre.

Mais l’investissement dans la santé, l’éducation et l’emploi des jeunes; la promotion de leur inclusion sociale et politique; et la réduction des risques auxquels ils sont exposés se renforcent aussi mutuellement et promeuvent un large éventail de droits fondamentaux et d’objectifs du développement. Cette remarque est certainement vraie des investissements destinés à prévenir le mariage précoce et à aider les adolescents à éviter des grossesses précoces et non désirées, les rapports sexuels imposés par la contrainte, la maternité dans des conditions dangereuses et les infections sexuellement transmissibles, dont le VIH/sida.

Le présent rapport fournit des exemples de stratégies qui donnent des résultats et constituent un point de départ pour quiconque veut réfléchir et introduire des adaptations et des améliorations.

Tableau 3. Conséquences du sous-investissement dans les adolescents

Conséquences d’investissements limités dans la santé des adolescents en matière de reproduction et dans les droits des adolescents sur le plan de la procréation et du développement
Conséquences
pour la SR
Facteurs contribuants Conséquences sur le plan individuel Conséquences pour les familles,
la société
et le développement national
Grossesse
précoce
  • Mariage précoce
  • Pauvreté (en tant que cause de la grossesse précoce/du mariage précoce pour accéder à la sécurité économique et personnelle)
  • Discrimination entre les sexes/faible valeur attachée aux filles/sentiment de l’identité et du contrôle/statut conçu en fonction des rôles d’épouse et de mère; faible estime de soi
  • Manque d’information, d’éducation, de conseils et de services aux fins de la prévention; manque d’information sur les risques de la grossesse à un trop jeune âge
  • Incapacité de négocier l’utilisation de contraceptifs, les décisions sur le nombre d’enfants, ou le report du moment de commencer une grossesse ; attentes socioculturelles
  • Absence de droits en matière de reproduction
  • Risques de complications de la grossesse (accouchement prolongé, fistule obstétricale, anémie/hémorragie, décès)
  • Abandon scolaire
  • Diminution des possibilités d’exercer un emploi ou une activité productrice de revenu
  • Pauvreté
  • Responsabilités et tensions liées à l’éducation des enfants, venant trop nombreuses et trop tôt avant l’accession à l’autonomie socioéconomique et psychologique
  • Réduction des potentialités de développement individueI
  • Hausse des taux de morbidité et de mortalité infantiles et maternelles
  • Coûts plus élevés des soins de santé
  • Coûts plus élevés de protection sociale, surtout dans le cas des mères célibataires
  • Abandon de nouveau-nés
  • Perspectives amoindries d’élimination de la pauvreté (puisque le niveau éducatif de la mère est un facteur capital s’agissant de rompre la transmission de la pauvreté d’une génération à l’autre)
  • Réduction du capital humain qualifié au service du développement socioéconomique; main-d’oeuvre moins qualifiée; diminution des gains salariaux
  • Dépendance accrue des jeunes mères par rapport aux prestataires de sexe masculin (même s’ils usent de sévices), qui est en liaison avec l’inégalité persistante entre les sexes et le manque d’autonomie des femmes
  • Élan accru de la croissance démographique; réduction de la prime démographique
Grossesse
non désirée
  • Absence de droits en matière de reproduction
  • Faible accès à l’information, à l’éducation, aux conseils et aux services concernant les contraceptifs.
  • Mythes et conceptions erronées concernant la grossesse et la sécurité des contraceptifs
  • Relations entre les sexes – ‘la grossesse relève de la responsabilité des femmes’; manque de responsabilité masculine face à la prévention et aux conséquences de la grossesse; stéréotypes sexuels – les filles ne possèdent pas l’aptitude à négocier et à s’affirmer; soumission et ignorance attendues des filles
  • Violence sexuelle
  • Rapports sexuels forcés et grossesse forcée en tant qu’armes de guerre
  • Pauvreté (moins d’années de scolarité, ou absence de scolarité; moindre accès à l’information et aux services, ou à l’éducation à la sexualité; les filles ont une moindre connaissance de leur corps)
  • Recours à l’avortement, même s’il est pratiqué dans des conditions dangereuses (avec des risques élevés de morbidité maternelle ou de décès de la mère)
  • Condition de mère célibataire, cela dès un jeune âge
  • Nombre d’enfants supérieur à celui souhaité par les partenaires
  • Moindres chances de développement individuel et d’acquisition de savoir-faire pour échapper à la pauvreté
  • Investissements réduits dans les besoins et le développement des enfants
  • Renforcement de l’inégalité entre les sexes – perte des perspectives socioéconomiques et des potentialités de plein développement des femmes
  • Élan accru de la croissance démographique
Sévices,
violence et exploitation
sexuels
  • Les enfants et adolescents, surtout les filles, sont exposés aux sévices sexuels et à l’inceste – le silence est gardé sous l’effet de plusieurs facteurs : crainte, manque d’éducation, marginalisation, absence de protection, normes sociales et tabous sociaux
  • Pauvreté (promesses mensongères d’un revenu plus élevé pour l’intéressé(e) et sa famille)
  • Profit à tirer du trafic des êtres humains et de l’esclavage sexuel; effet limité de l’action coercitive, corruption, etc.; absence de protection pour les filles en danger ou déjà réduites en esclavage
  • Situations de conflit et d’après conflit (augmentation des sévices sexuels et des viols du fait de la dissolution du tissu social et familial)
  • Statut médiocre des filles et des jeunes femmes; faible estime de soi; pouvoir masculin et légitimation socioculturelle de la violence sexuelle
  • Traumatisme psychologique, physique et affectif
  • Grossesse non désirée, avortement pratiqué dans des conditions dangereuses, IST/VIH/sida
  • Capacité diminuée d’établir des relations fondées sur la confiance, des relations d’intimité et des rapports sexuels; risque accru d’une série de relations marquées par la violence
  • Moindre liberté, y compris la liberté de mouvement, existence dominée par la crainte et la violence
  • PPersistance de la violence sexiste et des sévices sexuels à l’égard des enfants et adolescents (en violation des valeurs universelles et des droits fondamentaux liés au respect de la dignité humaine, de l’intégrité personnelle et physique, de la liberté et de l’autodétermination de l’individu, enfin des droits en matière de reproduction)
  • Confirmation de l’acceptabilité de la violence
  • Baisse du niveau d’éducation; absentéisme plus fréquent du travail, productivité réduite et perte de revenu pour les employeurs
  • Diffusion de la criminalité, atteintes plus fréquentes à l’ordre public, aggravation de la corruption (du fait du trafic des êtres humains)
  • Dépression
  • Ralentissement des progrès de la lutte contre le VIH/sida
IST/VIH/sida
  • Manque d’information sur les pratiques sexuelles moins dangereuses
  • Discrimination sexuelle/manque du pouvoir de prendre des décisions
  • Manque d’accès aux méthodes de protection
  • Sévices, violence et exploitation sexuels
  • Pauvreté (conduit à la vente de faveurs sexuelles ou aux rapports sexuels entre personnes de générations différentes)
  • Partenaires sexuels multiples
  • Décès prématuré ou limitation du potentiel de développement individuel
  • Discrimination et opprobre
  • Aggravation de la pauvreté
  • Stérilité
  • Cancer du col de l’utérus et autres séquelles de certaines infections non mortelles
  • Perte des parents
  • Destruction de la famille
  • Perte de la productivité et des investissements
  • Absence d’espoir et dissolution de l’organisation communautaire
  • Graves perturbations dans les secteurs agricole, sanitaire, éducatif et autres.
  • Désorganisation des systèmes social et économique
  • Surcharge du réseau des soins de santé
Sous-emploi
  • Faible création d’emplois
  • Médiocrité des aptitudes au métier de chef d’entreprise
  • Exclusion socioéconomique
  • Discrimination sexuelle
  • Discrimination sexuelle dans l’emploi, la rémunération et le travail au noir
  • Manque de savoir-faire ou aptitudes
  • Exploitation dans des conditions dangereuses
  • Travail des enfants, et exploitation sexuelle
  • Vente de faveurs sexuelles
  • Pauvreté
  • Atteinte à la stabilité et à la sécurité nationales
  • Ralentissement de la croissance économique et du développement social
  • Marginalisation accrue
  • Faible mobilité sociale
  • Santé, nutrition et éducation de qualité médiocre
Faible
participation à
la vie civile et sociale
  • Pas de mise en place d’institutions propres à faire une place aux jeunes
  • Restrictions imposées à la mobilité des filles et ségrégation par sexe
  • Exclusion sociale et politique
  • Manque de possibilités de participer et de faire entendre ses préoccupations
  • Incapacité de tirer parti des institutions démocratiques
  • Jeunes privés de tout droit, ce qui fait voir en eux une source de troubles civils
  • Manque d’apports des jeunes dans l’élaboration des politiques et programmes
  • Absence de tolérance sur les plans social et politique

Note : Les entrées en caractères gras correspondent à des problèmes soulevés dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement

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