UNFPAÉtat de la population mondiale 2002
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HOME: ÈTAT DE LA POPULATION MONDIAL 2002: La population, la pauvreté et les obejctfs mondiaux de développement: la voie à suivre
State of World Population
Sections
Aperçu général
Comment caractériser la pauvreté
Macroéconomie, pauvreté, population et développement
Les femmes et l'inégalité entre les sexes
Santé et pauvreté
Le VIH/sida et la pauvreté
Pauvreté et éducation
La population, la pauvreté et les objectifs mondiaux de développement
Notes
Sources des encadrés
Indicateurs
Diagrammes et tableau

La population, la pauvreté et les obejctfs mondiaux de développement: la voie à suivre

Le Cadre
Les recommadations pratique
Des ressources pour la population et la santé en matière de reproduction
Investir pour la santé, combattre la pauvreté

Investir pour la santé, combattre la pauvreté

La fourniture des services de santé en matière de reproduction, y compris la planification familiale, offre des avantages évidents et directs pour l'affranchissement des femmes, l'amélioration de la vie et la réduction de la pauvreté :

  • De meilleurs soins prénatals et services d'accouchement aident les mères à endurer sans danger la grossesse et les enfants à dépasser les premières et dangereuses années de la vie;
  • Une réduction de l'incidence des maladies sexuellement transmissibles améliore les taux de survie des adultes et épargne des souffrances aux hommes et aux femmes;
  • Une réduction du nombre de grossesses non désirées a pour effet d'améliorer la santé des femmes;
  • L'espacement des naissances et la diminution du nombre de grossesses améliorent les chances de survie de l'enfant; pour les femmes, cela veut dire qu'elles ont plus de temps à consacrer à chaque enfant et de meilleures perspectives d'emploi, ainsi que d'autres options.

Le fait d'avoir moins de personnes à charge jeunes par comparaison au chiffre de la population active aide les familles à échapper à la pauvreté. Ainsi s'ouvre un créneau démographique, qui offre aux pays la possibilité d'accélérer leur croissance économique.

La poursuite du progrès est fonction de la poursuite de l'investissement, qu'il vienne du pays même ou de l'étranger (32).

Des décennies de recherche économique et sociale montrent que les programmes de santé en matière de reproduction, y compris la planification familiale, comptent parmi les programmes de développement sanitaire et social les plus rentables. Dans son Rapport sur le développement dans le monde, 1993 : Investir dans la santé , (33),la Banque mondiale a compris la planification familiale et les autres programmes de santé en matière de reproduction dans son ensemble d'interventions sanitaires de priorité absolue.

Il n'y a pas de méthodologies acceptées par tous pour évaluer le ratio coûts/avantages - les uns et les autres sont difficiles à calculer avec certitude -, mais la réalité des avantages ne fait aucun doute. Le présent rapport a montré la dimension et la diversité des gains à attendre. À ne considérer que les avantages dans le secteur sanitaire, ceux que représentent les économies faites en détournant la maladie sont à eux seuls sensiblement plus importants que le coût des services (34).

Des méthodologies rigoureuses d'évaluation des effets plus lointains peuvent aussi démontrer les bénéfices considérables à tirer des investissements dans la santé en matière de reproduction. Les bénéfices écologiques qui résultent d'éviter les naissances non dési- rées - par exemple, grâce à la diminution des ressources consommées et des émissions de gaz à effet de serre - dépassent de loin les coûts (35).

29 CE QUI EST ESSENTIEL POUR LA SANTÉ EN MATIÈRE DE REPRODUCTION

L'UNFPA coordonne actuellement une initiative destinée à garantir un approvisionnement fiable de ce qui est essentiel pour la santé en matière de reproduction. Ce programme vise à fournir des produits de haute qualité aux pays en développement au prix négocié le plus bas possible.

La demande de contraceptifs modernes augmentera de plus de 40 % au cours des 15 prochaines années du fait des besoins non satisfaits, de la demande croissante et de groupes de population d'âge procréateur toujours plus nombreux.

Seulement 53 % des naissances sont assistées par des praticiens qualifiés et l'accès aux soins obstétricaux d'urgence est extrêmement limité, surtout pour les femmes pauvres ou vivant dans les zones rurales. Afin de sauver la vie de femmes, il faut accroître considérablement la quantité des médicaments et de l'équipement essentiels pour un accouchement sans danger.

Selon les évaluations de l'UNFPA, les besoins de contraceptifs pour la planification familiale et la prévention des IST et du VIH/sida exigent que les donateurs versent au total 739 millions de dollars en 2015, soit 405 millions de plus qu'en 2000. Ce n'est là qu'une fraction des besoins globaux des programmes (le coût des produits ne représente qu'un cinquième environ du coût total des services).

UNE COMPARAISON ENTRE LES APPROCHES Entre les différentes interventions dans le domaine de la santé en matière de reproduction, on peut comparer le rapport coût-efficacité de différentes approches s'agissant de résoudre un problème donné.

Pour la prévention du VIH/sida, par exemple, l'axe majeur de l'action de l'UNFPA contre la pandémie est 28 fois préférable, sous le rapport coût-efficacité, à la thérapie antirétrovirale très active (HAART)(36). OBien sûr, une approche globale du VIH/sida reconnaît les synergies entre prévention et traitement : par exemple, HAART réduit la charge virale, ce qui rend la transmission à d'autres individus moins probable. Il sera aussi nécessaire d'établir un équilibre entre les activités visant les impacts sanitaires et celles qui portent sur les contextes sociaux et institutionnels porteurs de risque (37). Les pays ont besoin de stratégies et d'institutions nationales avec des avantages comparatifs et des points forts stratégiques déterminés.


La prestation intégrée des services est depuis longtemps reconnue, notamment dans le Programme d'action de la CIPD, comme à la fois très rentable et comme la modalité qui offre la meilleure chance de garantir une approche de la santé centrée sur la clientèle. La Commission sur la macroéconomie et la santé a reconnu ce consensus des spécialistes en promouvant le système de services " proche du client " (38).

Les coûts globaux de la violence sexiste et des sévices sexuels sont difficiles à évaluer. Ils recouvrent les coûts directs que comportent, par exemple, le traitement des effets de la violence sur la santé; la mauvaise santé; les jours de travail manqué; l'entretien des organes chargés d'assurer le respect des lois; les abris destinés aux victimes; la dissolution des mariages; les pensions alimentaires; et toutes les autres conséquences qu'implique le fait de s'adapter aux sévices ou d'y échapper. Il faut y ajouter les coûts indirects résultant de ce que les femmes sont de ce fait empêchées de travailler ou d'apporter d'autres contributions à la société, et que des chances de recevoir une éducation sont perdues, notamment quand des parents n'envoient pas leurs filles à l'école pour éviter qu'elles ne se trouvent en contact avec des garçons. Dans les communautés pauvres, les coûts se comptent en grande partie par les possibilités de développement ainsi manquées.

Ailleurs, les coûts directs sont non moins importants et souvent substantiels. Selon les évaluations de la Banque mondiale, les agressions et sévices sexuels enlèvent dans les pays industrialisés près d'une année de bonne santé sur cinq aux femmes âgées de 15 à 44 ans.

30 DIALOUGE SUR LES POLITIQUES DE RÉDUCTION DE LA PAUVRETÉ AU NICARAGUA

En 2001, le revenu par habitant du Nicaragua a été de 486 dollars, c'est-à-dire l'avant-dernier des pays d'Amérique latine. Sa dette extérieure est deux fois plus élevée que son PNB annuel. La pauvreté endémique, exacerbée par une rapide croissance démographique, l'inégalité entre les sexes et des disparités très marquées sur le plan du revenu et de l'éducation font obstacle à la consolidation de la démocratie et à un développement économique soutenu.

Les femmes instruites des groupes à revenu élevé ont en moyenne deux enfants; les femmes analphabètes et pauvres en ont généralement six à huit. La fécondité des adolescentes est la plus élevée de la région : près de la moitié des jeunes Nicaraguayennes sont enceintes à 19 ans ou plus tôt. La fécondité est particulièrement élevée parmi les filles pauvres et non scolarisées.

Reconnaissant que la rapidité de la croissance démographique compromet gravement sa capacité d'offrir une éducation de qualité et des services sociaux de base, le Gouvernement a demandé qu'il soit prêté d'urgence attention aux problèmes de population, faisant appel à la société civile et aux donateurs.

La Stratégie renforcée de croissance économique et de réduction de la pauvreté aborde les objectifs de développement pour le Millénaire qui portent sur la réduction de la pauvreté, l'enseignement primaire, l'eau et l'assainissement, l'analphabétisme, la malnutrition, enfin la mortalité maternelle et infantile.

S'inspirant des activités de plaidoyer de l'UNFPA, cette stratégie demande qu'une information et des services de santé en matière de reproduction soient offerts aux adolescents scolarisés et non scolarisés, et appelle l'attention sur la violence contre les femmes. Mais elle ne fait pas mention du VIH/sida.

Le bureau de l'UNFPA au Nicaragua a offert son assistance technique afin de mettre au point des outils qui permettront d'appliquer la stratégie, notamment le programme national de santé en matière de sexualité et de reproduction du Ministère de la santé, 2002, et le plan d'action pour la population.

La stratégie analyse certains liens entre population et développement, mais n'aborde pas encore d'autres problèmes clefs, tels que les courants de migration, la répartition de la population, la croissance rapide des zones urbaines et une utilisation écologiquement viable de l'espace, ni les liens de ces problèmes avec l'environnement et la pauvreté.

Cependant, la nouvelle vision du développement formulée par le Gouvernement envisage de produire de la richesse avec les pauvres et pour les pauvres; ceci implique que les activités de développement durable ne peuvent ignorer les facteurs démographiques.

Les investissements dans l'éducation comportent des bénéfices substantiels. L'éducation des femmes, outre le fait qu'elle les rend autonomes et élargit leurs choix fondamentaux, est particulièrement rentable parce que les avantages en sont transmis à leurs enfants (39). Mais l'investissement peut être gaspillé si le manque de choix quant au nombre des enfants, au moment et à l'espacement des naissances, et la rigidité des rôles spécifiques limitent la participation sociale et économique des femmes.

La santé en matière de reproduction ajoute une autre dimension à l'amélioration du " capital humain ". La réduction de la mortalité des mères, des nourrissons et des jeunes enfants constitue en ellemême une fin du développement, et elle ajoute ses effets propres sur divers plans (production économique, fécondité, assistance aux personnes âgées hors des institutions spécialisées, etc.).

L'interaction d'un niveau d'éducation plus élevé, de la réduction de la fécondité, de la participation des femmes à la vie sociale et économique, et d'investissements accrus dans la santé et l'éducation des enfants justifie amplement, dans une approche globale du développement,.les investissements faits tant dans l'éducation que dans la santé en matière de reproduction.

Les objectifs, qui sont ceux de la communauté internationale tout entière, de réduire la pauvreté et d'améliorer la qualité de vie offrent une vision ennoblissante. Pour atteindre ces objectifs et en assurer la réalisation durable, il faudra tout à la fois axer les efforts sur les objectifs eux-mêmes et faire preuve de sensibilité au contexte. L'accès universel aux soins de santé en matière de reproduction, l'éducation pour tous et l'affranchissement des femmes sont des objectifs en eux-mêmes, mais ce sont aussi des conditions nécessaires pour mettre fin à la pauvreté.

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