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Santé et pauvreté
Les problèmes de santé en matière de reproduction
sont radicalement différents de presque tous les autres problèmes
de santé. Les rapports sexuels et la procréation sont au centre
de la vie, source de joie, d'affection et d'intimité spirituelle.
DES DROITS REFUSÉS L'inquiétude liée à leur santé en matière
de reproduction est aussi, surtout pour les femmes, un autre aspect
des insécurités qui caractérisent leur expérience de la pauvreté. En
l'absence de planification familiale - à laquelle les femmes pauvres
ont un accès moindre que les femmes plus aisées -, le risque de
grossesse non désirée peut faire de tout rapport sexuel une source
d'inquiétude (11) l'éventualité d'une infection sexuellement transmissible,
en particulier du VIH, ajoute à l'insécurité. La grossesse peut
être une période de danger et d'inquiétude; l'accouchement peut
être une cause de maladies, de lésions débilitantes ou de décès.
La baisse de la fécondité, notamment le moindre nombre d'enfants
non désirés, a pour effet d'améliorer l'état de santé des mères
et des enfants. Les enfants non désirés sont plus exposés à des
infections respiratoires et diarrhéiques que les enfants désirés. Que
les enfants soient désirés ou non, chaque nouveau frère ou soeur
réduit de 2 à 8 % la chance qu'un enfant reçoive le traitement
nécessaire en cas de maladie. Partout où le niveau d'immunisation
est faible, les enfants désirés sont vaccinés entre une et demie et
deux fois plus souvent que les enfants non désirés (12).
LES CONTRAINTES SOCIALES Dans de nombreuses cultures,
on n'aborde que difficilement les problèmes sexuels et le thème de
la procréation. En de telles conditions, exercer des choix - par
exemple, planifier l'utilisation de contraceptifs - peut apparaître
comme une source de honte et d'humiliation. Parler de la violence
d'origine sexiste, en particulier des sévices sexuels, est particulièrement
difficile pour les femmes pauvres (13).
Il y a une autre différence cruciale concernant la santé en
matière de reproduction. Seules les femmes portent des enfants
Elles sont exposées à des risques que les hommes ne peuvent apprécier
pleinement. Les femmes sont aussi plus exposées à des risques
partagés tels que les maladies sexuellement transmissibles, tant
pour des raisons biologiques que parce qu'elles sont socialement
défavorisées.
Les contraintes sociales retentissent sur les soins de santé en
matière de reproduction dispensés aux femmes. Les hommes font
plus souvent usage des services de santé structurés, en partie parce
qu'ils ont le contrôle de l'argent nécessaire pour en acquitter le
prix. Les femmes recourent plus volontiers aux services de la médecine
traditionnelle ou d'autres sources possibles, parce qu'ils sont
moins chers, plus rapprochés et plus familiers (14).
L'expérience qu'ont les femmes des soins de santé retentit aussi
sur la manière dont elles les utilisent : un traitement attentif
ne leur est pas garanti au dispensaire ou à l'hôpital. Les agents
sanitaires tendent à mépriser les femmes pauvres. Les femmes analphabètes,
en particulier, peuvent se sentir incapables de décrire
leur condition ou de comprendre les conseils qui leur sont délivrés.
Les besoins des pauvres, et en particulier des femmes pauvres,
sur le plan de la santé en matière de reproduction ne retiennent
pas l'attention des décideurs, ni même des femmes elles-mêmes. Les
pauvres donnent priorité à leurs besoins immédiats et urgents, qui
sont nombreux. La grossesse et l'accouchement sont tenus pour des
événements incontournables - de même que les risques qui y sont
liés, même s'ils procèdent de causes faciles à éviter.
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AU BANGLADESH, SANTÉ EN MATIÈRE DE REPRODUCTION POUR LES PAUVRES DES ZONES URBAINES |
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La population
urbaine du Bangladesh augmente de 6 % par an, soit trois fois
plus vite que la population du pays entier. La croissance démographique
est la plus rapide dans les quartiers de taudis, où
s'entassent environ 225 000 personnes par kilomètre carré. La
moitié des habitants de ces taudis sont pauvres; 30 % peuvent
être classés comme des pauvres qui n'ont pratiquement aucune
chance d'échapper à leur condition.
L'urbanisation rapide a engendré des conditions écologiques
et sanitaires dégradantes. La diarrhée est presque deux
fois plus répandue dans les taudis surpeuplés de Dhaka et de
Chittagong que dans les zones rurales. La prévalence de la
malnutrition, de la tuberculose, des maladies évitables par vaccin
et des infections sexuellement transmissibles y est aussi
plus élevée; les taux d'immunisation y sont plus bas.
Les femmes des quartiers de taudis n'ont qu'un accès limité
à l'information et aux soins de santé en matière de reproduction,
parce que les centres de santé ne sont pas situés en des
points d'accès facile pour elles. Voici les résultats de cet état de
choses :
- 93 % des adolescentes mariées ont déjà des enfants;
- 22 % des filles mettent au jour avant d'atteindre 15 ans;
- 63 % des femmes n'ont jamais utilisé une méthode
moderne de planification familiale;
- 40 % deviennent enceintes malgré leur volonté parce
qu'elles ne savent pas où trouver des services.
Dans le cadre du Projet de soins de santé primaires en
milieu urbain, appuyé par l'UNFPA, la Banque asiatique de
développement et l'Agence norvégienne de coopération pour
le développement, 14 ONG expérimentées renforcent les services
de santé en matière de reproduction et en forment le
personnel et les administrateurs.
Neuf centres de maternité gérés par la municipalité, à
Dhaka, et 16 dispensaires gérés par des ONG ont été reclassés
et sont devenus des centres complets de santé en matière de
reproduction. Ils prennent en charge les patientes qui leur sont
envoyées de 190 centres de soins de santé primaires et fourniront
en fin de compte des soins prénatals et postnatals et les
services normaux d'accouchement; des soins obstétricaux
d'urgence; des moyens de contraception cliniques et non cliniques;
et le traitement des infections de l'appareil génital et
des infections sexuellement transmissibles.
Jusqu'à présent, environ 200 médecins, paramédicaux,
conseillers et techniciens de laboratoire ont été formés à prêter
des soins et délivrer des conseils. Aujourd'hui, 10 centres pratiquent
des césariennes.
Dans les communautés urbaines, le projet fournit des informations
sur la maternité sans danger, l'allaitement naturel, la
planification familiale, les infections sexuellement transmissibles
et le VIH/sida. Source
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