UNFPAÉtat de la population mondiale 2002
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HOME: ÈTAT DE LA POPULATION MONDIAL 2002: Macroéconomie, pauvreté, population et développement
State of World Population
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Aperçu général
Comment caractériser la pauvreté
Macroéconomie, pauvreté, population et developpement
Les femmes et l'inégalité entre les sexes
Santé et pauvreté
Le VIH/sida et la pauvreté
Pauvreté et éducation
La population, la pauvreté et les objectifs mondiaux de développement
Notes
Sources des ancadrés
Indicateurs
Diagrammes et tableau

Macroéconomie, pauvreté, population et développement

Le créneau démographique
La baisse de la fécondité et la croissance économique
Mondialisation et pauvreté

La baisse de la fécondité et la croissance économique

Les progrès de la croissance économique attribuables à la population sont dus pour une moitié aux bénéfices de la prime démographique, et pour l'autre moitié à l'accroissement de la part des pauvres dans la consommation. (12). De nombreux mécanismes contribuent à cet effet : par exemple, la baisse de la fécondité élargit la participation des femmes à la population active et aide à améliorer la santé et la nutrition des familles. La diminution du nombre d'enfants fait baisser la proportion des personnes à charge au sein de la famille et incite davantage à s'assurer un revenu suffisant pour ne pas devoir n'acheter que des articles de première nécessité.

Les données démographiques et économiques à long terme en provenance de 45 pays en développement montrent qu'une fécondité élevée aggrave la pauvreté en ralentissant la croissance économique et en contractant la part des pauvres dans la consommation. La baisse de la fécondité - qui résulte de la baisse de la mortalité, de la diffusion de l'éducation et d'un meilleur accès aux services, surtout à ceux de santé en matière de reproduction et de planification familiale - neutralise ces deux effets. Le succès obtenu à l'échelon national en matière de réduction de la pauvreté apparaît clairement d'après l'augmentation moyenne du PIB et les chiffres de consommation.

L'incidence moyenne de la pauvreté en 1980 était de 18,9 %, soit environ une personne sur cinq. Si tous les pays avaient réduit leur taux net de fécondité de cinq naissances pour 1 000 femmes d'âge procréateur durant les années 80 (comme l'ont fait de nombreux pays d'Asie), l'incidence de la pauvreté aurait été réduite d'un tiers, tombant à 12,6 %, soit une personne sur huit.

9 RÉPONDRE AUX BESOINS DES PERSONNES ÂGÉES PAUVRES

La pauvreté est le principal danger qui menace le bienêtre des personnes âgées. Beaucoup des 400 millions de plus de 65 ans dans les pays en développement vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Pour répondre à l'objectif de développement pour le Millénaire qui consiste à réduire de moitié la proportion des personnes vivant dans une extrême pauvreté d'ici à 2015, les stratégies de réduction de la pauvreté doivent être centrées sur les personnes âgées les plus pauvres et les plus vulnérables, surtout les femmes, et sur la nécessité de briser le cycle de la pauvreté qui passe d'une génération à la suivante.

L'expérience de la pauvreté faite durant l'enfance et l'âge adulte laisse une marque plus profonde avec les années. Les personnes qui pendant toute leur vie ont enduré un régime alimentaire médiocre, de multiples grossesses, des soins de santé en matière de reproduction inadéquats et un dur travail physique abordent en général la vieillesse en mauvaise santé. L'inévitable déclin physique dû au vieillissement limite la capacité de chaque individu de contribuer à la vie collective du ménage et de rester économiquement autosuffisant. Le vieillissement de la population est une conséquence inévitable du passage de taux élevés à de faibles taux de natalité et de mortalité, qui s'opère beaucoup plus vite dans les pays en développement que ce n'avait été le cas pour les pays développés.

Une réponse efficace aux besoins, attentes et droits des personnes âgées suppose des mesures visant à :

  • Fournir aux personnes âgées des services de santé adéquats;
  • Éliminer la violence contre les personnes âgées des deux sexes;
  • Venir en aide aux personnes âgées qui dispensent des soins, en particulier aux femmes qui ont la charge de petits-enfants rendus orphelins par le VIH/sida;
  • Consolider les régimes de protection sociale et veiller à ce que les personnes âgées bénéficient de services sociaux appropriés;
  • Soutenir la recherche sur le vieillissement de la population, en particulier dans ses aspects sexospécifiques et socioculturels et dans ses implications.

Guidé par le Programme d'action de la CIPD et les objectifs de développement pour le Millénaire, l'UNFPA recommande que les problèmes du vieillissement soient inscrits dans l'Agenda pour le développement, l'accent portant notamment sur les besoins des personnes âgées pauvres et des exclus, surtout des femmes.Source

Les études de pays renforcent cette conclusion. Au Brésil, 25 % des personnes nées en 1970 sont pauvres. Si les taux de fécondité étaient restés aussi élevés qu'ils l'étaient au début du siècle, les pauvres auraient représenté 37 % de la population. La réduction de la pauvreté résultant de la baisse de la fécondité est équivalente au progrès qui serait réalisé avec une augmentation annuelle du PIB par habitant de 0,7 %. (13).

MOINS DE DÉPENSES, DAVANTAGE DE POSSIBILITÉS L'effet positif de la redistribution vient d'abord de l'augmentation plus lente des dépenses destinées aux besoins élémentaires et à l'éducation des enfants, et ensuite des occasions nouvelles offertes aux ménages pauvres d'accroître leur volume de travail, leur revenu et leur épargne. La croissance générale de la consommation aide les ménages pauvres parce qu'elle accroît la demande de travail, ce qui a pour effet d'élever les taux salariaux - même pour les familles dont la fécondité ne baisse pas. Le ralentissement de la croissance de la main-d'oeuvre rurale fait baisser la demande de terres (réduisant les coûts et freinant la fragmentation, non viable à long terme, des exploitations agricoles).

Le recul estimatif de la pauvreté est dû pour moitié environ au progrès de la croissance économique et pour moitié à celui de la consommation. Les impacts peuvent être considérables. Une chute de quatre millièmes du taux net de natalité, par exemple, se traduirait dans la prochaine décennie par une baisse de 2,4 % du nombre de personnes vivant dans la pauvreté absolue.

LES DIFFÉRENTES PHASES DE LA TRANSITION Les effets ne sont pas les mêmes aux différentes phases de la transition de taux élevés à de faibles taux de fécondité et de mortalité. D'abord, quand la mortalité baisse et que davantage de nourrissons et d'enfants survivent, les dépenses consacrées à couvrir les besoins des enfants augmentent et la croissance économique se ralentit. Quand la fécondité baisse et que la croissance démographique se ralentit, la croissance économique s'accélère

Aux premières phases de la transition, l'écart entre les ménages pauvres et les autres peut en fait s'élargir, parce que la baisse de la fécondité commence parmi les plus aisés et ce sont eux qui en recueillent le plus grand avantage. À mesure que les familles pauvres accèdent à la transition (qui ne s'est produite que lentement en de nombreuses parties du monde), la pauvreté et l'inégalité commencent à diminuer.

L'aggravation de l'inégalité dans les premières phases de la transition démographique a un effet spécifique sur les individus qui dépassent légèrement le seuil de pauvreté. Il suffit d'une légère diminution des ressources ou d'une légère augmentation des besoins pour les faire passer au-dessous du seuil de pauvreté (14). Une fécondité élevée, d'autre part, semble bien avoir plus d'impact sur la profondeur de la pauvreté que sur le nombre des pauvres (15).

Plus pauvre est un pays et plus élevée est la fécondité quand elle commence à baisser, plus grande est la contribution de la baisse de la fécondité à la réduction de la pauvreté. Les effets positifs augmentent à mesure que progresse la transition démographique. Plus vite la fécondité baisse, plus grands sont les bénéfices potentiels de la prime démographique, mais plus court est le temps durant lequel en tirer profit.

LES FACTEURS FAVORABLES Les changements démographiques agissent en connexion avec les marchés, les institutions et la politique gouvernementale. L'impact de la baisse de la fécondité sur la pauvreté sera plus marquée là où les marchés du travail et les systèmes scolaires fonctionnent bien et où les parents sont disposés à investir dans l'éducation de leurs enfants.

Les politiques économiques et sociales importent. Conjuguées avec l'accès à l'information et aux services de santé en matière de reproduction, elles peuvent accélérer la réduction de la pauvreté. Les nouvelles perspectives ouvertes aux femmes renforcent les effets de la prime démographique à mesure que change la structure des âges. La participation des femmes à la population active contribue aussi à la croissance économique, surtout quand les salaires sont équitables et que le recul de la fécondité est lié à l'augmentation de l'emploi féminin.

L'amélioration du niveau d'instruction des femmes et la demande accrue de main-d'oeuvre par un secteur structuré en développement ont pour effet d'accroître le " coût d'opportunité " d'une fécondité élevée : en ayant davantage d'enfants, les femmes perdent du revenu et d'autres possibilités. L'amélioration du niveau d'éducation et la baisse de la fécondité peuvent se combiner pour produire une conjoncture favorable où la main-d'oeuvre augmente plus vite que la population d'âge actif.


EFFETS DE LA TRANSITION DÉMOGRAPHIQUE SUR LES PAUVRES Les effets de la transition démographique varient selon les groupes. Les couples pauvres, agissant en fonction de la manière dont ils perçoivent leur meilleure stratégie de survie et de succès, commencent à avoir des enfants plus tôt, en plus grand nombre et avec un moindre écart entre les naissances, et font ainsi plus que compenser les effets d'une mortalité infantile élevée.

LES NORMES RELATIVES AU NOMBRE D'ENFANTS Le nombre d'enfants et le niveau de bien-être familial ne sont pas seulement une question de choix et de comportement individuels. Les choix sont affectés par les normes sociales, les relations entre les sexes, les politiques et les institutions.

Dans le passé, les familles nombreuses étaient la norme. Dès qu'une femme se mariait, sa fécondité n'était pas une question de choix. Une femme qui avait de nombreux fils était honorée et à l'abri de tout danger : les fils (et à un moindre degré les filles) apparaissaient comme une bénédiction divine. Ils étaient nécessaires en raison de leur contribution à l'activité économique ou à la vie du ménage, pour prêter assistance dans la vieillesse, et pour accomplir des pratiques culturelles. Aujourd'hui, de telles justifications ont moins de force.

Les familles nombreuses épuisent la capacité des pauvres de subvenir aux besoins des enfants. Quelles que soient les économies d'échelle qu'elles autorisent - par exemple, le partage de l'espace habitable ou le port de vêtements par plusieurs frères ou soeurs successivement -, celles-ci sont plus que contrebalancées par l'augmentation des dépenses et la rareté des ressources pour couvrir des besoins qui sont tous essentiels. (Plus de 70 % de la part du revenu consacrée à la consommation dans les familles proches du seuil de pauvreté sont absorbés par l'achat de vivres.16) Comme les gouvernements cherchent à s'assurer des redevances pour une gamme de services, dont l'éducation, la santé et les transports, les familles nombreuses sont de plus en plus désavantagées.

Les pauvres manquent d'éducation en général et d'éducation sanitaire en particulier. Ils ne peuvent non plus obtenir de traitement en cas de maladie ni de fonds pour les soins nécessaires. Parmi les groupes de population pauvres, la mortalité commence à baisser plus tard que parmi les plus aisés. L'incitation à réduire la fécondité apparaît encore plus lentement en ce qui les concerne.

Ces retards imposent aux pauvres un plus lourd fardeau. Dans les ménages dont les avoirs sont maigres, le risque de malnutrition est plus élevé quand les naissances se succèdent à moins de deux ans d'intervalle. La santé et l'éducation y perdent énormément (17).

LES OCCASIONS MANQUÉES Avec de meilleurs soins de santé, des services de meilleure qualité et plus accessibles, un niveau d'éducation plus élevé et des choix plus larges offerts aux femmes, des millions de personnes ont opté dans de nombreux pays pour des familles moins nombreuses. Les plus pauvres ont manqué ces occasions. Ils n'ont pas l'information ni l'appui qui leur permettraient de reconnaître les changements recommandant d'avoir moins d'enfants et d'investir davantage dans la santé et l'éducation de ces enfants moins nombreux (18). Pour cette raison, ils attendent des avantages que les familles nombreuses ne fournissent plus : par exemple, les gains tirés du travail des enfants. Ils croient encore avoir besoin de l'" assurance " que les familles nombreuses fournissaient jadis, bien que les enfants aient aujourd'hui beaucoup plus de chance de survivre jusqu'à ce que leurs parents aient atteint la vieillesse.

Dans les familles pauvres, les femmes et les filles qui n'ont qu'une faible part à la prise de décisions et à l'affectation des ressources supportent les coûts plus lourds d'une fécondité élevée, mais elles ne tirent aucun profit des gains immédiats quand la fécondité baisse. Elles mettent en question moins souvent que les hommes l'état de choses qui limite leur accès à l'information et aux services de santé en matière de reproduction.

Les pauvres ont besoin d'investissements qui renforcent les services et institutions et qui ouvrent de nouvelles possibilités à tous, particulièrement aux femmes. Ces investissements conduiront à l'amélioration de la santé publique, permettront aux parents d'avoir le nombre d'enfants qu'ils désirent, encourageront une nouvelle baisse de la fécondité désirée et rendront possible de recevoir une meilleure éducation et de faire les choix essentiels de la vie. Le processus aura pour effet de hâter l'accumulation du " capital humain " nécessaire à un développement accéléré et viable à long terme. La grande difficulté est de garantir que les pauvres ne seront pas exclus de ces possibilités.

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