Il y a trois méthodes communément utilisées d'évaluer le degré de
pauvreté :
- tracé d'un seuil de la pauvreté et calcul de diverses mesures de
la pauvreté qui prennent en considération la manière dont les
dépenses réelles des ménages restent en deçà de ce seuil; (16)
- évaluation rapide et appréciation participative, dans le cadre
de laquelle les membres d'une communauté classent les ménages
en fonction de leur richesse; (17)
- établissement d'un indice de pauvreté basé sur un éventail
d'indicateurs qualitatifs et quantitatifs (18).
SEUIL DE PAUVRETÉ FONDÉ SUR LES DÉPENSES DES MÉNAGES
La pratique normale consiste à prendre le montant total des dépenses
pour mesure principale du niveau de vie d'un ménage (19).Des
enquêtes sur les ménages représentatives au niveau national,
comme l'Enquête sur la mesure des niveaux de vie de la Banque
mondiale, servent habituellement à tracer un seuil de pauvreté
et à mesurer l'incidence de la pauvreté.
Pour déterminer si le revenu d'un ménage est suffisant pour
couvrir les besoins de base, alimentaires et autres, de tous les
membres de ce ménage, un panier de biens et services est constitué
en fonction des profils de consommation locaux. La valeur de ce
panier, aux prix à la consommation locaux et compte tenu d'un
niveau préfixé des besoins de base pour une seule personne, est
appelé le " seuil de pauvreté ". Si le revenu par habitant des
membres du ménage est inférieur au seuil de pauvreté, le ménage
et ses membres sont considérés comme pauvres. Mais les résultats
sont difficiles à vérifier et peuvent donner lieu à une distorsion
(voir ci-après).
ÉVALUATION PARTICIPATIVE ET APPRÉCIATION RAPIDE Ces deux
approches recherchent l'apport des membres de la communauté à
l'aide de techniques similaires. La première exige une participation
étendue de la communauté et vise le long terme; son but ultime est
d'affranchir le groupe cible. Les évaluations rapides ont pour but de
fournir des données pour un agenda prédéterminé en un très court
laps de temps, généralement durant une visite d'un seul jour à une
communauté.
Les programmes de développement font un recours étendu à
l'une et l'autre méthodes pour cibler les services destinés aux
clients pauvres et en raison de la conception participative des projets (20),
mais chacune des deux présente des insuffisances (21).
Comme les résultats dépendent de l'appréciation subjective des membres
de la communauté, ils sont difficiles à vérifier et il est difficile de
comparer les résultats entre les différents sites ou programmes
dans un pays donné (22). Les comparaisons de pays à pays sont encore
plus difficiles. Ces approches peuvent permettre de découvrir le
tiers le plus pauvre des habitants d'un village, mais non nécessairement
d'identifier les communautés où réside le tiers le plus pauvre
d'une région entière. La réponse des sujets peut être dictée par leur
désir d'obtenir des avantages, par exemple l'accès à des services
financiers, à l'issue de l'évaluation de la pauvreté. Enfin, une évaluation
participative exige des agents experts à communiquer, qui
coûteront plus cher et seront plus difficiles à trouver que les agents
chargés d'un dénombrement, lesquels se bornent à faire remplir
un questionnaire préparé à l'avance.
INDICE DE PAUVRETÉ BASÉ SUR UN ÉVENTAIL D'INDICATEURS
Un éventail d'indicateurs, pour lesquels il est possible d'obtenir une
information crédible rapidement et à peu de frais, peut identifier
différentes dimensions de la pauvreté. Les indicateurs peuvent être
regroupés en un indice unique à l'aide d'un système de pondération.
En Asie du Sud et du Sud-Est, de nombreuses institutions de
microfinancement utilisent un indice du logement pour identifier
les clients pauvres qui bénéficieront de leurs services (23).
Des indicateurs tels que la qualité du toit ou des murs peuvent facilement être
obtenus en procédant à une inspection, et il est possible de réduire
au minimum les indications fausses données par l'occupant des lieux.
Les indicateurs peuvent être facilement ajustés en fonction de la
situation locale. Mais les coefficients de pondération attribués aux
différents indicateurs qui constituent l'indice peuvent être assez
arbitraires. Et l'indice du logement met l'accent sur une dimension
unique de la pauvreté. Pour offrir une image complète, les indicateurs
doivent être tirés de quatre domaines au moins : ressources
humaines, logement, sécurité alimentaire et avoirs du ménage. (24).
CONCLUSION Les mesures de la pauvreté fondées sur le revenu
sont objectives, se prêtent très bien à une analyse quantitative et
décrivent avec précision la pauvreté monétaire, pourvu que les
enquêtes sur les ménages soient gérées avec soin. Cependant, elles
omettent les facteurs autres que monétaires, comme les niveaux
sanitaire et éducatif. Elles sont en outre imposées de l'extérieur et
ne donnent pas aux pauvres une occasion de faire connaître leur
propre expérience de la pauvreté.
Les approches fondées sur les indicateurs et les approches participatives
offrent diverses solutions de rechange. L'indice de la
pauvreté du PNUD (25), fpar exemple, combine des informations sur les
défavorisés dans différents domaines : longévité (pourcentage des
personnes qui ne semblent pas devoir dépasser l'âge de 40 ans);
connaissances de base (pourcentage des adultes qui sont analphabètes);
et niveau de vie (indice composite des personnes sans accès à
l'eau salubre, des personnes sans accès aux services de santé, et des
enfants de moins de 5 ans accusant une insuffisance pondérale).
Cette mesure globale de la pauvreté décrit plusieurs dimensions de
la pauvreté, mais l'attribution de coefficients de pondération égaux
aux différentes composantes constitue une décision essentiellement
arbitraire.
Une autre approche consiste à solliciter l'information directement
des pauvres au moyen d'un débat de groupe et de
conversations individuelles, sans appliquer une définition de la
pauvreté imposée de l'extérieur. On peut demander aux interviewés
d'exposer leurs propres notions de la pauvreté, en fournissant une
information sur les processus sociaux et économiques que les données
d'une enquête type sur les ménages ne peuvent fournir,
notions qui serviront éventuellement à prendre des décisions en
matière de politiques, d'investissement ou de réglementation.
En fin de compte, une combinaison judicieuse de l'information
fondée sur le revenu, sur les indicateurs et sur la participation
devrait servir à évaluer le niveau de pauvreté et à en tirer des
implications pour la politique à suivre. Et les institutions doivent
être incitées à se servir de cette information aux fins de planification.
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INTÉRÊTS ET LIMITES DE LA MESURE DE LA PAUVRETÉ BASÉE SUR LE REVENU |
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Intérêts
Définition souple. The method allows for a relatively
tractable definition of poverty and the use of explicit poverty
lines to delineate the poor from the rest of the population.
Précision, représentativité, comparabilité. Des enquêtes sur
les ménages conduites avec soin fournissent un outil suffisamment
précis et généralement accepté pour mesurer la pauvreté
monétaire et évaluer les changements au cours du temps.
En basant les évaluations de la pauvreté monétaire sur des
enquêtes faisant intervenir un échantillon représentatif, on
peut en outre en déduire facilement des mesures globales de la
pauvreté, par exemple le pourcentage de pauvres dans la
population du pays.
Limites
Coût De vastes enquêtes sur les ménages sont coûteuses. De
bonnes enquêtes engagent de fortes dépenses pour garantir
l'exactitude de l'information, parce que des erreurs de mesure
peuvent facilement entraîner des évaluations fort inexactes.
Composition des ménages. Les enquêtes convertissent les
données sur les ménages en mesures applicables au niveau
individuel, de sorte que les résultats dépendent des hypothèses
faites sur la composition du ménage et ne jettent
aucune lumière sur les inégalités sexospécifiques et autres au
sein du ménage.
Biens et services fournis par le secteur public. Les mesures
du revenu des ménages négligent ordinairement de tenir
compte des biens et services publics, comme l'éducation de
base et les soins de santé primaires.
Difficultés inhérentes aux comparaisons. WQuand les instruments
de l'enquête, les définitions ou les techniques
d'échantillonnage changent avec le temps, les comparaisons
sont difficiles et peuvent s'avérer trompeuses. Source
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